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L?asphyxie par la politique
Le problème est récurrent et, cela, quel que soit le gouvernement en place. Ils sont nombreux les présidents des conseils d?administration et les directeurs des organismes parapublics à ne pas être souvent sur la même longueur d?onde. Pis, depuis quelque temps, devant les accrocs persistants, le gouvernement donne l?impression de vouloir geler certains conseils d?administration, pénalisant du coup le fonctionnement de tout un organisme.
Les choses empirent. Et les solutions tardent à venir. En outre, le Public Procurement Bill, voté le 12 décembre 2006, n?est toujours pas mis en pratique. Cette loi prévoyait la création du Central Procurement Board, du Procurement Policy Office (PPO) et de l?Independent Review Panel qui devaient mieux combattre la corruption et promouvoir les principes de transparence et de bonne gouvernance.
Si certains font le rapprochement entre le fait que des conseils d?administration soient gelés parce que ces organismes ne sont pas encore pleinement fonctionnels, d?autres par contre assurent qu?il n?y a aucun lien entre les deux.
?Il est conseillé qu?on n?ait pas deux nominés politiques à la tête des organismes parapublics. L?un des deux doit être recruté pour ses mérites professionnels. Généralement, c?est le directeur général qui ne répond qu?au conseil d?administration. La force de ce dernier, c?est sa capacité à gérer les problèmes. Quand on a des conseils d?administration forts, ils sont capables de régler les problèmes.?
A ce jour, les choses évoluent au ralenti. Et les principaux protagonistes continuent à perpétuer les mauvaises habitudes. Sous le couvert de l?anonymat, des personnalités toujours en fonction n?hésitent pas à se montrer critiques. Que ce soit vis-à-vis des politiques ou des institutions elles-mêmes. Le directeur général d?un organisme parapublic enfonce le clou : ?Après sa prise de pouvoir, à l?un de ses premiers Conseils des ministres, le gouvernement avait déjà émis une circulaire pour qu?il soit clair que les fonctions de président de conseil d?administration et de directeur général sont nettement distinctes. Dans les faits, par la suite, des ministres ont joué des rivalités entre les deux pour ne pas trancher. Le Premier ministre également s?est souvent signalé par son refus de départager. C?est ce qui contribue à pourrir la situation.?
C?est un fait, les deux nominés des organismes parapublics attendent beaucoup des politiques. Certains finissent par devenir prisonniers et complices d?un système vicieux. Le même directeur général cité plus haut soutient que tout est une question de personnalité. ?Lorsqu?on a un directeur faible, le président lui marche sur les pieds. Il en est de même des étrangers qui refusent de se compliquer la vie. C?est lorsque les deux ont des fortes personnalités que les problèmes surgissent.?
Il ajoute que le problème vient aussi des ministres qui sont ?incapables de mettre de l?ordre?. ?Ou alors le ministre fait croire à l?un et l?autre qu?il les soutient. C?est un jeu d?hypocrite qui ne profite certainement pas aux institutions. Des hauts fonctionnaires non plus ne se privent pas de participer à ce jeu. Pour moi, le problème ce sont ces ministres. Or, il faut un leadership politique fort pour éviter les dysfonctionnements?, poursuit cet interlocuteur.
Ce dernier s?empresse également de dénoncer la politisation des organismes parapublics. Il rappelle que c?est toujours des personnalités qui n?ont pas eu de tickets électoraux qui finissent par être nommées à la tête des conseils d?administration. ?Et chaque gouvernement affirme qu?il effectue son choix selon la compétence des gens. C?est toujours la même antienne?, fait-il ressortir. Selon lui, afin de garantir l?autonomie des directeurs généraux, il faudrait mettre en place une Parastatal Service Commission. ?Aujourd?hui, il suffit qu?il y ait quelques personnes qui complotent pour qu?elles obtiennent la tête de ceux qu?ils n?aiment pas.?
Il faudrait pourtant relativiser les choses. C?est ce que soutiennent d?autres personnages engagés à la tête des organismes parapublics. Les conflits de personnalités, admet-on, existent bel et bien. Mais il n?y a rien de nouveau en cela. Un président de conseil d?administration le reconnaît, il est souvent sollicité. ?Le plus important, c?est la communication. Même lorsqu?on vient vers moi, je dois avoir le réflexe de revenir vers le directeur général pour tout ce qui relève de la gestion au quotidien. Ma fonction m?impose de respecter la ligne de démarcation entre les deux fonctions?, précise-t-il. En théorie, cela fonctionne pour les personnes qui n?ont pas la grosse tête. Mais ce n?est pas tout le temps le cas.
Pour ce président de conseil d?administration, il est facile de repérer une personne aux ambitions tentaculaires. ?Il y a des règles de bonne gouvernance. Si une personne va au-delà de ses limites, on peut identifier là où elle a commis une faute. Un président de conseil d?administration doit toujours faire intervenir une personne de la compagnie pour imposer ses desiderata. Une fois que cela se sait, on peut l?amener devant le conseil pour le sanctionner ou lui donner l?occasion de s?expliquer. (?) Il faut casser le mythe d?un antagonisme généralisé entre directeur général et président de conseil d?administration. On a tendance à grossir les faits.?
Un point de vue plus ou moins partagé par un autre président de conseil d?administation. ?Dans toutes les entreprises, qu?elles soient privées, publiques ou parapubliques, à travers le monde, la question des différends entre le président et le directeur général existe. Ce n?est pas particulier à Maurice.?
Selon lui, la solution peut venir du fait qu?il faut éviter qu?il y ait deux nominés politiques à la tête des organismes parapublics. ?Il est conseillé qu?on n?ait pas deux nominés politiques à la tête des organismes parapublics. L?un des deux doit être recruté pour ses mérites professionnels. Généralement, c?est le directeur général qui ne répond qu?au conseil d?administration. La force de ce dernier, c?est sa capacité à gérer les problèmes. Quand on a des conseils d?administration forts, ils sont capables de régler les problèmes.?
Il demeure, selon un autre président de conseil d?administration, que le dysfonctionnement structurel ne disparaîtra pas si on élimine la direction bicéphale. ?Il y a des cas où, si le conseil d?administration n?était pas intervenu, on se serait retrouvé dans des situations très compromettantes. Comment régler les doutes de conflit d?intérêt s?il n?y a pas un conseil indépendant avec un président soumis au regard critique de différents professionnels ??
Les positions sont définies. Et le pouvoir politique semble être pris au piège. L?actionnariat public au sein des différentes compagnies pose problème. Au plan de l?administration s?entend. Car les politiques ont la mauvaise manie de croire qu?ils peuvent tout faire. Autant que des hommes qui prennent des positions décisionnelles ne parviennent plus à assumer leurs reponsabilités. En termes d?emplois et de contribution à l?activité économique, ces organismes parapublics ont un rôle important.
Serait-ce pour cette raison que les gouvernants du jour tentent de trouver une solution qui dépasse les poncifs qui ont régné jusqu?ici ? Du moins, il s?est avéré que de nombreuses personnes hésitent désormais à prendre la parole tant elles ne veulent pas compromettre les directives venues d?en haut. Le Premier ministre retarderait-il des décisions avant de procéder à un remaniement ministériel ? Ou alors n?engagerait-il qu?un autre exercice de chaise musicale pour s?épargner des critiques ? Dans tous les cas de figure, il détient la solution pour les corps parapublics. S?il a gelé des conseils, c?est qu?il prévoit certains développements?
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