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L?artisanat mis à mal par le «Made in China»
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L?artisanat mis à mal par le «Made in China»
L?artisanat demeure le parent pauvre de l?économie à Madagascar. Le ministre malgache de l?Economie, du commerce et de l?industrie, Ivohasina Razafimahefa, a annoncé que le secteur ne détient qu?une faible part, soit de 4,5 %, du Produit intérieur brut.
C?était lors de la célébration de la Journée mondiale de l?artisanat, le 10 juin. Selon Jean Pierre Rakoto, un professionnel de la filière soie, la concurrence des produits chinois et de la friperie, qui se vendent à faible coût, en constitue le principal facteur.
«La qualité n?est plus une priorité»
«Le marasme économique ne permet pas du tout le développement de l?artisanat. La majorité des Malgaches ne regardent plus les produits artisanaux, parce qu?ils coûtent cher. Pour les consommateurs, la qualité n?est plus une priorité», souligne-t-il. Et d?ajouter : «Plus de 50 % de nos produits sont achetés par les touristes».
L?accès aux matières premières constitue aussi un obstacle pour les artisans, notamment pour ceux qui travaillent le bois.«Nous n?arrivons pas à trouver du bois de qualité pour fabriquer des objets d?art, alors que les vrais auteurs des exploitations illicites ne se font pas appréhender, déplore Jean Pierre Rakoto, Je doute fort que les produits chinois payent régulièrement des taxes, alors que les artisans nationaux sont assujettis à de multiples impôts ».
L?insuffisance de la compétence, voire l?analphabétisme, aggrave les choses, affirme Tanjona Rivonirina, directeur du Centre d?information technique et économique à Analakely. «La qualité suivant les normes devient un vain mot», accuse-t-il.
C?est pourquoi des appuis techniques et des suivis-accompagnements sont dispensés aux membres du centre pour qu?ils obtiennent une meilleure rentabilité.
Par le biais du programme «Madacraft», les artisans sont orientés vers des débouchés. Ils sont informés sur les concepts et les normes requises par différents marchés. Des formations en gestion et marketing leur sont aussi dispensées. «Il faut qu?ils sachent gérér les recettes et les dépenses pour que leurs activités soient durables», précise Tanjona Rivonirina.
Pour une meilleure compréhension, les formations sont adaptées au niveau d?études de l?artisan et à la filière dans laquelle il intervient. Des cours intensifs seront également donnés dans l?ensemble du territoire en vue de renforcer les capacités des artisans dans différentes régions.
© L?Express de Madagascar
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