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L?art de la prévision
<B>Par Raj MEETARBHAN </B>
L?émotion est vive dans le pays après le mort de Laura Paul et de Jaymanee Rughoo, emportées par les flots à Mon Goût. Face au chagrin de la famille des disparus et à la colère des citoyens, le ministre Gokhool a eu tort de vouloir dédramatiser la situation en insistant sur le fait que sur les 350 000 enfants du pays, il y a eu un mort. C?est une bévue énorme de sa part. Quand il y a mort d?homme, on n?a pas le droit d?invoquer une excuse statistique pour se dédouaner.
En revanche, on peut, à ce stade, tirer les enseignements des événements de mercredi dernier. Il est utile de dresser, à froid, le bilan de la journée de mercredi et de comprendre ce qui a mal fonctionné. Une remise en question des procédures suivies en cas d?événements météorologiques dangereux est nécessaire même si nos premières pensées vont aux familles endeuillées.
D?abord, il y a un fait ahurissant. Alors que des pluies torrentielles s?abattaient sur le pays et que nos enfants étaient exposés à de nombreux dangers, le ministre de l?Education n?était pas à son bureau. Au plus fort des intempéries, on se serait attendu à le voir dans son bureau réunissant ses techniciens en vue de recueillir des renseignements utiles avant de formuler un jugement informé. En fait, il se trouvait entre 10 h et 11 h 30 le mercredi 26 mars au siège de la «Mauritius Employers? Federation» à Ebène. Pendant cette période cruciale où le pays était tenu en haleine, la priorité du ministre de l?Education était d?assister à l?assemblée générale de l?organisation patronale.
Ensuite, il y a le rôle joué par les services de la météo avant et pendant le sinistre. Il faudra aborder cette question de front car l?enjeu est de taille. Parlant de l?incapacité de la station de Vacoas à prévoir l?ampleur du phénomène, un prévisionniste avance une explication saugrenue : «En tant que scientifique, tout ce nous devons dire est objectif.» Il est bien entendu que personne ne demande aux prévisionnistes d?étudier le comportement des animaux pour prévoir le temps qu?il fera. A l?heure de la modélisation informatique et des images satellites, on ne souhaite pas que le directeur de la météo se mette à observer des cancrelats pour savoir s?il fera beau ou pas. Néanmoins, il est inconcevable qu?en dépit de tous les outils modernes mis à la disposition des scientifiques de Vacoas, il leur a été impossible d?anticiper la dégradation des conditions climatiques dans la matinée de mercredi.
Pourtant, la station de Vacoas se livre parfois à des pratiques divinatoires impressionnantes. Par exemple, le 18 octobre dernier, elle annonçait que «it is likely that the 2007-08 cyclone activity will be slightly below normal with about 7 to 9 named storms». Visiblement, mercredi dernier, la station n?était pas au summum de son art.
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