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L?art de faire du cinéma
Faire des choix techniques, artistiques et logistiques en une semaine quand on est vidéo amateur rélève de la gageure. Pourtant, la vingtaine d?étudiants du MGI s?y sont attelés avec passion et ardeur. Avec un module de Art and video inscrit à leur programme d?études, ces étudiants ont profité de l?expertise d?un groupe de six Réunionnais, des «kinoïtes», pour prendre leur envol. Explications.
Né au Canada, le Kino Kabaret réuni un collectif de cinéastes et de vidéastes. Objectif : permettre à ces artisans du cinéma de participer au plus gros laboratoire de création spontanée au monde. Les participants sont invités à réaliser en équipe des courts-métrages vidéo en un peu plus de 48 heures. C'est un lieu de liberté et d'échange, de partage du savoir et de la technique, un endroit où chacun peut ?uvrer à son art ou enrichir celui des autres, sans censure ou contraintes autres que matérielles.
En décembre dernier, Krishna Luchoomun, artiste-peintre, chargé de cours au MGI et réalisateur, a goûté aux joies du Kino Kabaret à la Réunion. De retour au MGI, il parle du concept et de son expérience à Mala Ramyead-Chummun, la directrice. Celle-ci emballée par le concept suggère que les étudiants en Art and Video bénéficient de ce programme d?échange.
« L?expertise réunionnaise est un plus pour nos étudiants. Depuis une semaine, ils sont emballés par le projet, » explique la directrice.
Le plus heureux reste Krishna Luchoomun. Ce dernier qui a profité du Kino Kabaret pour réaliser In the dark, son dernier court-métrage qu?il a présenté au public lors de sa dernière exposition, est comme un poisson dans l?eau. « La caméra c?est l?extension du pinceau. L?art et le cinéma jouent sur le même tableau, celui de la créativité. »
Après les premiers balbutiements, la quinzaine d?étudiants s?est rapidement prise au jeu. « J?avais une idée pour un projet, mais grâce au Kino Kabaret, j?ai trouvé quelqu?un pour filmer, des actrices pour être face à la caméra au sein d?une équipe formidable. Aujourd?hui notre projet a abouti, » se réjouit Christel Maurymoothoo. « Nous découvrons une nouvelle manière de faire de l?art, » ajoute Deepa Dhoomon enthousiaste.
Les kinoïtes sont également emballés.
« En tant que créateur, travailler avec ces étudiants c?est avoir un autre regard sur les choses. Avec eux on apprend à transformer nos idées et à donner un sens à image, » fait ressortir « Cimendef », vidéaste réunionnais, qui a tenté l?aventure de la vidéo après avoir passé dix ans dans le multimédia. « La vidéo c?est le médium le plus utilisé de nos jours. Le but c?est de toucher un maximum de personnes.»
Pour réussir leurs projets, il n?y a aucune restriction. La seule règle c?est de réaliser un court-métrage ne dépassant pas dix minutes. Pour mettre toutes les chances de leur côté, les étudiants sont encadrés par d?autres chargés de cours : Manjula Appadoo, Anjali Pyndiah, notamment et de trois professionnels de l?image : Utam Ramchurn, réalisateur à la MBC, Jimmy Yan, ancien cadre de la Mauritius Film Development Corporation (MFDC) et David Constantin, dont les nombreux courts-métrages ont été récompensés. « Il faut se concentrer sur l?essentiel pour toucher le plus sans déformer l?idée de base, » ajoute Ozy, kinoïste réunionnais.
Pendant toute une semaine, les projets ont été confectionnés avec une énergie communicative. Chacun y est allé de son coup de pinceau, de son imagination, de son talent. L?idée c?est de s?octroyer une totale liberté. Au bout de cette semaine de travail, des courts-métrages ont émergé. Ils ont été projetés hier, samedi 2 juin, à l?auditorium du MGI à Moka. Le public a compris que chacune de ses ?uvres est portée par un sens de l?esthétisme qui va au-delà de la simple réalisation.
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