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L?armée des « Bangles Girls »part en campagne

6 décembre 2003, 20:00

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Bangle Power. C?est la déclinaison indienne du fameux Girl Power. À Bombay, les femmes brandissent le bracelet comme d?autres lèvent le poing. La rébellion a commencé en 1997, lors de la conférence de New Delhi sur les femmes en politique. Elle s?est achevée sur une promesse historique : un quota de 30 % des sièges du Parlement leur sera réservé. Deux ans après, elles ne sont encore que 9 %.

Plan de bataille

Puisque les politiques les toisent, elles se décident à prendre leur destin en main en créant, début novembre, le Womanist Party of India, le premier parti à 100 % féminin. Basé à Bombay, la rivale de New Delhi, siège du Parlement? Son logo : une main ornée de bracelets. Pas ces bimbeloteries en plastique fluo, mais de l?acier gris et froid. Le nouveau regard des femmes aux sourires safran. « Nous sommes une force avec laquelle il va falloir compter », prévient fermement Varsha Kale, la présidente du parti.

À New Delhi, la nouvelle a provoqué quelques sourires amusés, la présidente s?y attendait : « Il ne s?agit pas d?une folie passagère ou d?une réaction aux hommes, nous sommes là pour nous battre, gagner des élections et avoir des représentantes au Parlement. » Le plan de bataille est fixé : obtenir des sièges lors des prochaines élections régionales de la région du Maharastra, avant de s?attaquer aux deux Chambres du Parlement, le Rajya Sabha, le Conseil des États indiens, et le Lok Sabha, la Chambre du peuple.

En attendant le congrès fondateur prévu en avril, le mouvement s?organise : deux sections ont été créées, l?une pour les seniors, l?autre étudiante. Le programme est fignolé et il traitera des questions aussi variées que l?emploi, l?environnement, la santé et les droits de la femme en général.

Le combat pour les droits civiques, Varsha Kale, 40 ans, ne l?a jamais quitté. Attirée par le marxisme et les mouvements féministes, elle quitte ses parents à 18 ans pour rejoindre les mouvements indépendantistes de l?État de Jhar-khand, à l?est de l?Inde. Mais la jeune militante se lasse de ces idéologies et rejoint les organisations humanitaires. Jusqu?à l?année dernière, date à laquelle germe l?idée d?un parti exclusivement réservé aux femmes.

Une armée assourdissante

Attention ! Les Bangles Girls n?ont rien à voir avec les militantes du MLF : « Nous ne sommes pas féministes, nous sommes womanistes ! » (jeu de mot anglais entre feminist et woman, femme). La guerre des sexes n?aura pas lieu. D?ailleurs, elles ont retouché leurs banderoles et proclament aujourd?hui : « Les casseroles sur le feu, les politiques au milieu ! » Finie la petite tambouille politicienne !

Le message semble passer puisque les Bangles Girls seraient déjà plus de 10 000, selon la présidente, qui espère en encarter 500 000 l?année prochaine. Une armée assourdissante, marchant aux tintements des bracelets vers le Parlement des hommes. Des élus à qui le nouveau parti a d?ailleurs demandé « de ne pas forcer leur femme à voter pour d?autres partis ».

2003 Le Monde ? Benoît MERLIN Distribué par The New York Times Syndicate

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