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L?appel à l?expertise étrangère pour un EIA retarde le projet CTPower

29 février 2008, 00:00

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Plus de contentieux entre le Central Electricity Board (CEB) et la compagnie malaisienne CTPower. Si les deux sont désormais «sortis de l?impasse», ce projet d?installation d?une centrale thermique à Pointe-aux-Caves n?est pas près d?être réalisé : du retard en perspective, voire même une réalisation compromise.

L?avenir du projet est entre les mains du ministère de l?Environnement. Non seulement CTPower attend encore son Environmental Impact Assessment (EIA), mais le ministère a décidé de faire appel à l?expertise étrangère pour en évaluer l?impact environnemental.

Une situation qui déplaît à la direction du CEB qui soutient qu?après 2010, date prévue pour l?entrée en opération de la centrale, ces 110 mégawatts supplémentaires seront nécessaires pour répondre à la demande d?énergie qui ne cesse de croître.

«Nous sommes pressés. Pourquoi maintenant ? Pourquoi pas avant ?», s?est demandé Patrick Assirvaden, président du conseil d?administration du CEB lors d?un point de presse hier au siège de Port-Louis. Par «avant», il entend en 2006, au début des négociations.

<B>«Pas de bâton dans les roues»</B>

Pour le Premier ministre, les procédures sont tout simplement suivies. «Ce n?est pas vrai de dire qu?Anil Bachoo (NdlR : le ministre de l?Environnement) est en train de mettre des bâtons dans les roues. Je peux vous l?affirmer. Les procédures sont simplement en train d?être suivies. Je l?ai toujours dit : toutes les normes doivent être respectées. Mais tout cela prend du temps. J?ai d?ailleurs dit au parlement que si les normes ne sont pas respectées, il y aura des problèmes», a soutenu Navin Ramgoolam qui, lui, s?exprimait à Surinam.

Patrick Assirvaden a rappelé que ce n?est pas la première fois que l?on va brûler du charbon à Maurice. «On le fait depuis des années. La centrale thermique du Sud (CTDS) est une centrale 100 % charbon, et pourtant, personne ne s?est jamais interrogé sur ce qu?elle fait de ses cendres. Des années que l?on transporte du charbon du port vers le sud et personne n?a trouvé à redire quelque chose. Dans ce cas-là, personne n?a dit que c?est un crime contre l?environnement.» Si aujourd?hui le CEB tient particulièrement à ce projet, c?est peut-être parce «le contrat signé avec CTPower se différencie des contrats signés dans le temps».

Si le retour sur investissement a été fixé à 21,5 %, alors que par le passé il variait entre 27 à 35 %, il y a une chose, par contre, qui ne change pas. En cinq ans, comme dénoncé dans un passé pas si lointain, CTPower aura récupéré, comme les autres producteurs indépendants, l?intégralité de son investissement. Seule différence qui semble réjouir le CEB, c?est que cette fois, il aura sa part du gâteau.

«Il n?y a aucun benchmark pour le retour sur investissement. Même le consultant de la Banque mondiale, auquel nous avons posé la question de savoir quel était un retour sur investissement raisonnable, n?a pu nous répondre. Notre seul réconfort, c?est qu?avec notre investissement, 26 % de ce retour reviendra au CEB.» Un rapport de la Banque mondiale évalue le retour sur investissement entre 20 et 30 %, dépendant des risques pris.

L?investissement du CEB sera d?environ Rs 250 millions. Un investissement qu?il fera à travers la CEB Investment Company Limited, l?active arm du CEB déjà enregistré auprès du Registrar of Companies.

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