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L?ancien hôpital militaire, site incontournable de notre histoire

13 août 2005, 00:00

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En certaines circonstances, les murs ont des oreilles, dit-on. En d?autres, ils donnent l?impression de pouvoir raconter leurs secrets.

Deux jeunes chercheuses de l?Aapravasi Ghat Trust Fund (AGTF), Brindah Annasawmy et Jayshree Mungur, ont compilé un livret pour nous donner une idée de l?histoire d?un des tous premiers bâtiments construits non seulement à Maurice, mais dans les Mascareignes. Il s?agit de l?ancien hôpital militaire, à Port-Louis.

Elles y expliquent les motifs de la construction de cet édifice qui a fêté son 265e anniversaire cette année. En pierre et en bois, l?hôpital est le premier bâtiment important construit sous Mahé de Labourdonnais. Ce gouverneur, dès son arrivée en 1735, constate l?absence d?un hôpital digne de ce nom et s?engage à en construire un à Trou-Fanfaron. Les premiers plans sont dessinés en 1736 et l?inauguration a lieu en juin 1740.

L?hôpital pouvait accommoder 300 lits. Il était considéré comme le plus bel édifice de Port-Louis, avec ses trois bâtiments principaux. Deux abritaient les patients et le troisième faisait office d?entrepôt.

Mahé de Labourdonnais, alors chargé de faire de Port-Louis un port d?escale, a su surmonter quantité d?obstacles pour réussir son projet : le manque d?infrastructures dans une végétation très dense, et le manque de main-d??uvre qualifiée. Il fit donc ouvrir des routes dans le pays, et importa des artisans africains et indiens.

<B>Une utilisation efficace</B>

Actuellement, deux des bâtiments principaux abritent les locaux de la Development Works Corporation. Le troisième est dans un état de vétusté avancé, même si les vieilles portes et poutres en bois survivent encore à ce jour. Le mortier est toujours visible sur les murs épais. Combien d?habitants de la jeune colonie d?alors ont trouvé la guérison sous ces toits en argamasse ?

L?AGTF espère que tant l?ensemble des bâtiments que le quartier environnant seront réhabilités. Le coordonnateur du projet, Premlall Mahadeo, affirme que des décisions du nouveau gouvernement (restaurer la poste centrale et protéger la forêt de Ferney) sont «des signaux forts». L?archéologue Jayshree Mungur confie, elle, que les recherches qu?elle a effectuées sur l?hôpital lui ont appris à «mieux connaître et apprécier l?histoire de Maurice».

Cette restauration implique que les bâtiments soient remis en état pour assurer une utilisation contemporaine efficace. Mais il convient d?en préserver toutes les parties, et les caractéristiques, avec des valeurs historiques, architecturales et culturelles. De plus, les nombreuses additions modernes devront être enlevées.

L?AGTF travaille actuellement sur un plan d?aménagement de tout le quartier autour de l?Aapravasi Ghat. Ce projet relève de la responsabilité de la municipalité de Port-Louis et de celle du ministère des Administrations régionales. Brindah Annasawmy explique que la réhabilitation du site sera un moyen de «rendre hommage à l?un des gouverneurs les plus dynamiques de l?Isle de France et à la dextérité des tailleurs de pierres. Elle permettra aussi de préserver un exemple vivant de l?architecture française du 18e siècle». Elle rappelle que l?hôpital fut utilisé aussi bien par les commerçants européens que par les marins et les esclaves.

«Ce bâtiment résume les réalités du 18e siècle, et même celles du 19e. C?est une des raisons pour lesquelles on ne veut absolument pas perdre ce bijou», conclut Premlall Mahadeo.

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