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Lance Armstrong : ?Je n?ai pas de secret?
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Lance Armstrong : ?Je n?ai pas de secret?
<B>Lance Armstrong, nous sommes à une semaine de votre victoire à Paris?</B>
? Dans une semaine, si c?est le cas, je ressentirai un très grand plaisir mais nous ne sommes qu?aux deux tiers du Tour de France, le chemin est encore long.
<B>Dans ce Tour de France, arrive une nouvelle génération de coureurs. Que pensez-vous précisément d?elle ? </B>
? Thomas Voeckler, c?est indéniable, est la grande révélation de cette année. Je le dis depuis deux ou trois ans, l?équipe de Jean-René Bernaudeau m?impressionne beaucoup. Ses coureurs sont jeunes, très motivés et lui gère son équipe de façon très professionnelle. Lui attend beaucoup de ses jeunes coureurs et eux travaillent dur pour lui.
<B> Vous avez eu de bons mots pour Thomas Voeckler. Vous prenez plaisir à le voir ? </B>
? C?est un guerrier. On le voit à sa manière de rouler. Il n?a pas le style le plus sexy mais il ne lâche jamais. Il s?accroche et quand il ne peut pas s?accrocher, il se bat et il revient. Des fois, je me dis qu?il n?est pas possible !
<B>Vous avez la réputation de tout maîtriser. En fait, y a-t-il quelque chose qui vous résiste ? </B>
? Nous avons tous nos limites, dans le sport, dans la vie. Mes limites sportives, je peux les prévoir et les contrôler, cela fait partie de mon job.
<B>Souvent, des témoins affirment que vous travaillez dur l?hiver, en montagne, à l?endroit où est prévu de se dérouler le Tour de France. Qu?est-ce qui vous inspire de tels sacrifices ? </B>
?Seulement le fait de vouloir gagner la plus grande course du monde, qui est elle-même cent fois plus grande que la deuxième course. Quand je vais à Pékin et qu?on me parle de cyclisme, on me dit Tour de France. C?est la même chose à New York. C?est la même chose en Sibérie. J?adore cet événement, j?adore ce sport. J?ai découvert il y a cinq ou six ans que je pouvais bien faire dans cette course et tout le monde est heureux de trouver ce qui lui convient le mieux.
<B> Êtes-vous plus fort parce que vous avez combattu la maladie ou parce que vous savez souffrir sur un vélo ? </B>
? C?est la combinaison des deux qui me rend fort. Je dois dire que dans le Tour de France l?expérience est primordiale. Je sais que certains pensent que je ne souffre pas mais bien sûr que je souffre. Cette année moins qu?en 2003 mais plus qu?en 2001.
<B>Aurez-vous encore envie de souffrir l?année prochaine ? </B>
? Si je suis là, pas de problème... Je veux d?abord finir celui-ci avant de bien réfléchir. Il n?y a pas longtemps je pensais que j?arrêterai ma carrière après une sixième victoire mais, maintenant, il m?est difficile d?imaginer que je serai bientôt un retraité. Cela m?est difficile de penser que je ne puisse être avec cette équipe qui vivra encore trois ans, avec un autre sponsor.
<B>Qu?est-ce qui vous rend si fort ? </B>
? Quand on naît, le physique est le même pour tous. Et puis autour de ce physique, de ce corps, se mettent en place une organisation, une incroyable détermination, une motivation. Cela ne concerne pas seulement la course mais la vie d?un cycliste. J?ai eu l?exemple de ma mère qui a toujours travaillé dur et puis il y a ma propre histoire, celle d?un homme devenu sportif professionnel à 15 ans. Cela fait maintenant 17 ans. Si j?avais eu une enfance heureuse je ne serais probablement pas cet Armstrong-là. J?aurais eu un parcours différent.
<B>Vous donnez un espoir à tous les cancéreux. Quel traitement particulier avez-vous reçu ? </B>
? J?ai eu beaucoup de chance parce que mon cancer est l?un de ceux les plus faciles à guérir, c?est l?aspect du cancer qui a fait le plus de progrès. Le protocole médical était celui de tous ceux souffrant du cancer des testicules.
<B>Le sport cycliste est très attaqué. Est-ce un bien ou un mal ? </B>
? Notre sport a beaucoup changé depuis 1998 et l?affaire Festina. C?est bien que la pression faite autour du cyclisme ait abouti à de nouvelles règles, à davantage de contrôles. Mais c?est un mal parce qu?il attire des journalistes qui n?aiment que le sensationnel. Il y a eu, il y a un mois, cette révélation faite par Le Monde que j?avais envoyé un e-mail à Daniel Baal et Jean-Marie Leblanc pour demander plus de contrôles. Très bien. Mais cela a donné l?occasion de dire que j?étais en guerre contre les coureurs espagnols. Et puis ils disent que je suis le plus grand tricheur et personne n?aime être traité de la sorte. Je suis assez intelligent pour me dire que dans 10 ou 15 ans, personne ne se souviendra de ce qui a été écrit dans ce journal ou dans un livre qui vient de sortir (L.A. Confidential). En revanche, tout le monde se souviendra que j?ai gagné cinq ou six Tours de France. J?ai la certitude que tout le monde saura alors que j?étais clean. En 2000, il y a eu une investigation autour de mon équipe, tout a été fouillé et rien n?a été trouvé.
<B>Pourtant, votre histoire provoque des suspicions ? </B>
? Je comprends cet argument. Le mec est presque mort d?un cancer et c?est impossible qu?il puisse gagner la course la plus dure. Pourtant, je le dis, il n?y a aucun secret.
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