Publicité

L?Alliance sociale revient sur terre

10 décembre 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?exercice du pouvoir au cours de ces cinq derniers mois lui a sans doute été salutaire. Conscient des difficultés qui l?attendent, Navin Ramgoolam a, vendredi, affiché de la mesure et adopté un langage de vérité tout en faisant preuve d?humilité. C?était lors de son résumé des débats sur le programme gouvernemental 2005-2010, présenté le 29 juillet dernier.

« Tout Premier ministre est appelé à commettre des erreurs. J?ai pour ma part appris des miennes. » Un ton qui mérite d?être salué, tant il tranche avec l?atmosphère dans laquelle s?étaient déroulées la campagne électorale et celle qui avait marqué l?ouverture de la présente législature.

Il convient de le dire : l?ambiance, tout au long de cette dernière séance de l?année s?y prêtait à merveille. La Private Notice Question du leader de l?opposition avait d?ailleurs donné lieu à des échanges fort courtois entre le Premier ministre et le leader de l?opposition. Les deux chefs agrémentaient souvent leurs réparties de civilités : « I quite agree with the friendly démarche of the Hon Prime minister », quand ce n?était pas « I do agree with the Hon Leader of the Opposition. » Alors même que certains backbenchers de la majorité paraissaient agacés par certains enchaînements du leader de l?opposition.

L?interpellation du leader de l?opposition ne prêtait d?ailleurs pas à controverse. Elle était axée sur les récentes consultations du Premier ministre avec son homologue britannique et le président français Jacques Chirac à propos de la réforme du régime sucrier européen, de la prochaine réunion de l?Organisation mondiale du commerce et de la revendication de souveraineté mauricienne sur l?archipel de Diego Garcia.

Ce qui ressort particulièrement de l?intervention de Navin Ramgoolam, c?est que le temps n?est plus aux largesses, mais à l?effort. Il est également à la politique de la main tendue en direction de l?opposition et du secteur privé.

Débrouillardise mauricienne

Navin Ramgoolam table aussi sur le langage de vérité. La situation, dit-il, s?annonce difficile, mais pas désespérée. Il souligne à ce propos les propositions de réforme du régime sucrier de l?Union européenne. Il se fait cependant fort de rappeler qu?il s?était fait taper sur les doigts par certains journalistes lorsqu?il avait fait allusion aux menaces contre le Protocole sucre.

Tout comme son ministre des Finances l?avait souligné trois jours plus tôt, le Premier ministre prévient que la pilule sera amère. « Il nous faut nous guérir du mal mauricien, nous défaire de certaines mentalités. Je n?ai pas de baguette magique. Je ne veux pas d?une nation d?assistés, mais de bosseurs et où l?effort est récompensé. Ensemble nous pouvoir bâtir un avenir meilleur. »

Il sait que, pour atteindre un tel objectif, il a besoin du soutien de tous. D?où son appel à l?opposition et au secteur privé. « Elections come and go. We must work in the national interest. Il y a de la place pour tout le monde. Les rôles du gouvernement et celui du secteur privé ne sont pas incompatibles. »

Le chef du gouvernement dit sa foi en la débrouillardise mauricienne. « Nous sommes condamnés à réussir, parce que nous n?avons pas le choix.»

Est-ce parce que l?on s?approche de la période des festivités et des v?ux? Toujours est-il que Nando Bodha, chef de file du Mouvement socialiste militant à l?Assemblée nationale, a préalablement tenu un langage similaire.

Dernier orateur de l?opposition à intervenir sur la motion du Premier ministre, le député de Vacoas-Floréal a invité le gouvernement à jouer carte sur table. L?heure, dit-il, est venue de parler vrai. Il souligne l?urgence d?arriver à un consensus avec tous les acteurs du secteur sucrier. «Time has come to tell the small planter what is the new sugar map. Mettons-nous ensemble autour d?une table. »

Tout comme le Premier ministre, le député de l?opposition a lui aussi invité à un changement d?attitude face au travail. « We have always believed in hard work. Il nous faut une nouvelle culture de l?effort. »

Qui dit effort dit également discipline. Aussi, Navin Ramgoolam a-t-il tenu à mettre en garde ceux qui seraient tentés de lui « mettre dans bâtons dans les roues ». Il indique également son intention d?être vigilant à l?égard de la presse. « The press can?t print anything. It must act responsibly. »

Dans l?ensemble, cette dernière séance s?est déroulée dans la sérénité. Est-ce le présage d?un consensus politique. On le saura sans doute à la rentrée parlementaire de l?an prochain.

Les travaux ont pris fin avec la traditionnelle présentation de v?ux de la part du Premier ministre et du leader de l?opposition. Ils ont été ajournés au mardi 21 mars 2006.

Publicité