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Laissez passer, c?est la zone franche
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Laissez passer, c?est la zone franche
Un conteneur de la zone franche qui se ballade entreTranquebar et Vallée-des-Prêtres, un autre qui prend un sentier discret... Tous les jours une moyenne de 125 conteneurs destinés, sur papier, à la zone franche quittent le bord pour des destinations diverses, pas toujours vers des usines.
« Containers zone franche, sa nou na pas touché sa », s?exclame un douanier de carrière. Au Container Park, les conteneurs de la zone franche ont toujours bénéficié d?un traitement de faveur, d?une discrimination positive. « La zone franche est toujours pressée, il ne faut pas retarder ses conteneurs. Comme de plus ils ne sont pas taxés, plus de 95 % quittent le port en toute vitesse, sans vérification aucune », explique le douanier.
Nombre d?incidents sont racontés : lorsqu?on retarde les conteneurs d?une unité de textile, il arrive que les patrons de l?usine se plaignent aux dirigeants politiques, qui en retour mettent la pression sur nous pour qu?on « libère » les conteneurs au plus vite. « Des fois, on nous taxe de mettre en péril l?économie du pays. »
Cette vitesse d?exécution a ses désavantages. Le laissez-aller devient laisser-faire. Techniquement, ce n?est pas possible de vérifier chaque conteneur de la zone franche, il y en a trop. Selon les derniers chiffres, le nombre de conteneurs a triplé durant ces cinq dernières années, alors que les ressources humaines n?ont pas suivi.
Faille dans le système d?audit
Ce trafic (trafic ici dans le sens de flux) de conteneurs sera bientôt au centre des discussion entre la Mepza et la douane.
« Nous n?avons pas attendu ce regrettable incident pour entamer des pourpalers avec la douane depuis longtemps, sur le mouvement de plus en plus dense des conteneurs », souligne Danielle Wong. La directrice de la Mepza se dit consciente que « certaines brebis galeuses peuvent profiter de la souplesse relative à la zone franche pour faire des magouilles. Définitivement il y a des loopholes dans le système. Et nous nous efforçons de corriger cela, pour mettre au pas ces brebis galeuses. »
Dans l?affaire des chaussures, il y a eu manifestement une faille dans le système d?audit, observe un industriel. Selon lui, il faut que chaque bill soit vérifié de manière systématique. Le contrôle doit se faire à la douane et à l?usine. A Carton and Boxes, la direction attribue la faute au suicidé, «seul» responsable du dédouanement des conteneurs.
Cette affaire pose une question qui fait peur : combien d?autres conteneurs, supposément destinés à la zone franche, sont dans la nature ? Contiennent-ils que des chaussures ?
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