Publicité

L?Agence internationale de l?énergie atomique en Libye

28 décembre 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Mohamed El Baradeï, directeur général de l?Agence internationale de l?énergie atomique, est arrivé samedi en Libye pour engager un processus de vérification des arsenaux du pays, en affirmant toutefois qu?il ne semblait pas sur le point de fabriquer une arme atomique. ?A première vue, ils n?étaient pas sur le point d?avoir une arme, mais nous devons aller le vérifier et entrer dans les détails avec eux?, a-t-il déclaré dans un entretien accordé à Reuters.

?L?important pour moi, c?est d?obtenir une connaissance exhaustive du programme - son origine, son histoire, son importance, puis ensuite de parvenir à un accord avec les autorités libyennes sur un plan d?action visant à éliminer tout ce qui doit être éliminé et qui ne soit pas lié à des activités pacifiques?, a ajouté El Baradeï avant son départ pour Tripoli.

Après son arrivée, la Libye a annoncé son intention de ratifier le protocole additionnel du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) autorisant notamment des inspections inopinées de ses installations. ?La Libye va coopérer avec l?AIEA dans une totale transparence (...) et va signer le protocole additionnel?, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Abderrhmane Chalgam, lors d?une conférence de presse commune avec

El Baradeï. ?Il s?agit d?un message clair adressé à tous, en particulier aux Israéliens, qui doivent entamer le démantèlement de leurs armes de destruction massive?, a ajouté le chef de la diplomatie.

Lors de cette conférence de presse, El Baradeï a déclaré qu?une équipe d?experts de l?AIEA allait entamer, dimanche, des discussions avec le responsable du programme nucléaire libyen. Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, dont le pays a reconnu s?être doté secrètement d?un programme visant à mettre au point une bombe atomique, s?est engagé à autoriser des experts de l?Onu à inspecter et à démanteler des sites susceptibles de servir à la mise au point d?armes de destruction massive (ADM).

Des diplomates suivant les activités de l?AIEA à Vienne ont dit s?attendre qu?ElBaradeï rencontre Kadhafi. ?Il y a une forte chance pour qu?ils se rencontrent?, a déclaré un diplomate à Reuters. El Baradeï est accompagné d?un groupe d?experts nucléaires qui ont déjà travaillé en Irak ? dont le programme nucléaire militaire a été démantelé par l?AIEA dans les années 1990 ? et en Iran, que Washington accuse de mener dans ce domaine des activités analogues.

Pays d?origine pas au courant

L?Iran rejette cette accusation mais a reconnu avoir disposé d?un programme d?enrichissement d?uranium secret pendant près de vingt ans. Certaines informations laissent penser que des scientifiques pakistanais ont aidé Téhéran à mener ce programme d?enrichissement.

El Baradeï a déclaré, samedi, que la Libye s?était apparemment procurée ses équipements nucléaires par le biais d?intermédiaires. ?Les pays d?origine (de la technologie) n?étaient donc pas nécessairement au courant?, a-t-il dit. Un haut responsable libyen a déclaré à El Baradeï ce mois-ci, à Vienne, que Tripoli avait aussi amorcé un programme d?enrichissement d?uranium, mais qu?il n?en était qu?à un stade préparatoire et loin d?être aussi avancé que celui de l?Iran.

Plusieurs diplomates occidentaux ont confirmé que l?on soupçonnait la Libye d?avoir préparé un programme d?armements nucléaires. Mais ils ont déclaré à Reuters que les affirmations américaines et britanniques voulant que Tripoli ait été tout près de mettre au point une arme atomique risquaient de se révéler exagérées. Kadhafi a déclaré cette semaine à CNN que son pays ne possédait aucune arme de destruction massive.

ElBaradeï aura pour priorité de déterminer l?état réel du programme nucléaire libyen.

La Libye a opéré un revirement spectaculaire en décidant de renoncer aux ADM et en se disant prête à signer le protocole additionnel du TNP. Durant une bonne partie du régime de Kadhafi, le pays a dû vivre avec des sanctions imposées par les Etats-Unis et l?Onu, accusé qu?il était de soutenir le terrorisme international, voire de commettre lui-même des attentats ou d?entraîner des activistes.

Les Nations unies ont levé leurs sanctions cette année, Tripoli ayant accepté de verser des dédommagements aux familles des victimes de l?attentat de Lockerbie, commis voici exactement 15 ans, mais Washington a maintenu ses propres sanctions, en accusant le régime libyen de continuer à vouloir se doter d?armes chimiques et biologiques. Les décisions annoncées par Tripoli pourraient avoir pour effet la levée de ces sanctions américaines et le retour en Libye des compagnies pétrolières américaines.

Louis Charbonneau

Publicité