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L?Afrique australe prête à relever ses défis
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L?Afrique australe prête à relever ses défis
Pendant que les hauts fonctionnaires des pays membres de la Southern Africa Development Community (SADC) planchent dur sur les défis de la région, la voiture d?une délégation circule dans Grand-Baie. Sur le siège avant, une participante arborant un macaron officiel mange un kebab acheté en route. Pourtant, l?image de l?Afrique change. Quelques années plus tôt, il y aurait plus de délégués à l?extérieur du centre de conférences qu?à l?intérieur.
L?Afrique australe est désormais consciente de ses problèmes. Tout comme les autres parties du continent, elle veut renaître. Pour cela, il lui faut analyser en profondeur les racines de ses maux, se préparer à relever les défis qui s?accumulent à l?horizon et avoir une vision d?une renaissance longtemps annoncée.
Le sommet de la SADC, qui se tiendra à Grand-Baie lundi et mardi, sera une belle occasion de prendre les bonnes décisions. Entre-temps, les hauts fonctionnaires et ministres se penchent sur les problèmes qui minent la région et rédigent l?agenda des chefs d?Etats.
Les problèmes fusent de toute part. Le redressement économique est une priorité car il permettra de mieux s?attaquer aux autres maux. Le bloc SADC a réalisé une croissance moyenne de 3.2 % en 2003. Plusieurs pays ont affiché des taux positifs mais la cruelle vérité est que la SADC a besoin d?une croissance moyenne de 7 % pour éradiquer la pauvreté. Cet objectif ne sera pas atteint avant une quinzaine d?années, et uniquement si les pays membres suivent scrupuleusement le plan d?action établi.
L?inflation aura également à être contrôlée. L?an dernier, neuf des 13 pays membres ont réalisé un taux inférieur à 10%. Le Zimbabwe, le mauvais élève de la classe SADC, devrait quant à lui connaître une inflation de ?seulement 200 %? cette année. En 2003, elle était de 620%.
?Pour éradiquer la pauvreté, il nous faudra une croissance annuelle de 7% et réduire la proportion de la population vivant avec moins de Rs 30 par jour? explique le Dr Prega Ramsamy, secrétaire exécutif de la SADC. A ce jour, 40 % de la population de la SADC vit avec moins de Rs 30 par jour. L?organisation veut réduire ce chiffre de moitié d?ici 2015, mais elle est consciente qu?elle aura besoin d?investissements dépassant les 25 % du produit intérieur brut pour atteindre cet objectif.
Pour corser les choses, l?Afrique australe est l?endroit le plus affecté par le sida. Plus de 14 millions de personnes sont touchées. Dans certains pays, le pourcentage de la population contaminée dépasse les 20%.
?Le sida n?est plus seulement une affaire de santé mais une préoccupation économique. Si la maladie décime les professionnels, les fermiers et la population, comment atteindrons-nous un taux de croissance de 7%. C?est un cercle vicieux?, dit Prega Ramsamy.
L?organisation compte tirer avantage d?une aide de $1,5 milliard offerte par le gouvernement indien pour l?achat de médicaments. Elle veut également acheter des médicaments en gros et même se lancer dans la production de rétroviraux génériques. La SADC a compris qu?elle ne pourra rien faire quand 40% de sa population touchent quotidiennement la somme minimale requise pour l?achat de médicaments anti-VIH-sida.
Sur le plan politique, l?instabilité s?amenuise mais perdure dans certaines régions chaudes. La République démocratique du Congo (DRC) vacille à nouveau avec les affrontements entre rebelles et forces de l?ordre. Le coup d?Etat manqué de juin 2004 n?a fait que flamber une situation déjà délicate. La reconstruction de l?Angola prend du temps. Il faut déminer de larges superficies, réintégrer les ex-combattants et reloger les réfugiés.
Visa unique
Le Zimbabwe reste aussi un point sensible avec une crise politique qui semble interminable. Les directives de la SADC sur la tenue des élections démocratiques sont ainsi très attendues. Le document sera soumis aux chefs d?Etats pour ratification. La communauté n?a d?yeux que pour ces directives mais reste pessimiste vu que Robert Mugabe sera également appelé à y donner son accord lors du sommet de Maurice. Les prochaines élections au Zimbabwe sont prévues pour mars 2005 mais l?opposition allègue déjà qu?elles seront truquées si elles ne subissent aucune réforme.
Alors que les problèmes s?accumulent, la SADC brandit une arme de choix : un plan stratégique de 15 ans. Le Regional Indicative Strategic Plan (RISP) devrait être introduit en janvier 2005.
?Nous sommes à l?an zéro. Tout débutera en janvier. Ce plan sera divisé en business plans de cinq ans, et chaque pays aura un plan d?un an afin que tout le programme soit exécuté et les objectifs réalisés à temps?, soutient le Dr Angelo Mondlane, Principal Economist au secrétariat de la SADC.
Entre-temps, la SADC se penche sur des secteurs clés. Elle compte encourager la construction de nouvelles routes afin d?ouvrir l?Afrique et permettre un meilleur déploiement du commerce. Par exemple, certains pays seront encouragés à utiliser le port namibien de Walvis Bay car celui de Durban (Afrique du Sud) est débordé. Il faudra avant tout harmoniser les législations sur le transport de marchandises.
Le protocole d?accord commercial de la SADC est en plein vol. D?ici 2008, le Free Trade Area du bloc devrait être opérationnel car 85 % des échanges commerciaux ne seront pas frappés de tarifs douaniers. Le marché commun de la SADC devrait voir le jour en 2012.
Les dirigeants de la SADC ont également de gros projets en tête. La construction d?un barrage sur la rivière Congo permettra de construire une station hydroélectrique de 4000 mégawatts capable de fournir de l?énergie à plusieurs pays de la SADC et ce pendant de nombreuses années.
Le visa unique devrait également voir le jour sous peu. Ce projet aurait été concrétisé plus tôt sans les attaques du 11 septembre 2001 à New York. La SADC compte maintenant introduire un contrôle informatisé des passeports à tous les points d?entrée et former le personnel requis avant d?introduire l?Univisa.
Autant de projets mais les dirigeants de la SADC seront contraints à revoir les bases. La sécurité alimentaire reste précaire. La production de céréales est déficitaire et plus de 5,4 millions de personnes pourraient avoir besoin d?aide humanitaire.
Les projets grandioses sont nécessaires pour que l?Afrique australe ne reste plus sur ses genoux, mais encore faut-il que la population puisse suivre le pas.
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