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L?affaire Singhania éclate en scandale
M.Chedumbarum (Kadress) Pillay, directeur de l?Audit, soumet au Parlement son rapport sur l?affaire des bijoux Singhania. Le rapport est daté au 18 avril 1980 et il est rendu public quatre jours plus tard. Le calendrier des différentes étapes de l?affaire Singhania est à lui seul un poème, comme le fait ressortir l?express. La saisie d?une valise de bijoux à la douane a lieu le 8 octobre 1976. Elle intervient le jour même de l?arrivée d?Indira Gandhi en visite officielle à Maurice. Suit un premier inventaire, puis un deuxième le 18 octobre 1976, puis un troisième le 24 février 1977. Ils estiment la valeur des bijoux à plus d?un million de roupies. Diverses pièces sont ensuite portées manquantes. Les bijoux passent de la douane à la Banque de Maurice. Le 2 mars 1978, le secrétaire financier prend possession des clés de la malle (intacte) de bijoux. Le 3 mars 1978, le Security Adviser, M. Rewcastle, reçoit les bijoux conformes à l?inventaire du 24 février 1977. Le 9 mars 1978, les bijoux sont vendus, à Londres, à MM. Garrard. Les 27 juin et 29 septembre 1978, une somme de seulement Rs 554 041 est remise au gouvernement. Le 18 juillet 1979, une liste des bijoux achetés par MM. Garrand est reçue à Maurice. (N.B. : Ce demi-million manquant peut valoir aujourd?hui Rs 10 millions, si l?on tient compte qu?il représente 0,05% d?un budget de fonctionnement de Rs 1,8 milliard de 1979/80, Rs 43 milliards aujourd?hui).
En gros, l?express titre sur l?absence d?enquête sur la disparition de 14 pierres précieuses et celle de toute corrélation entre les bijoux saisis et les bijoux vendus ainsi que sur l?établissement d?une infraction à la loi, commise avec l?autorisation du Premier ministre, Sir Seewoosagur Ramgoolam. Cette infraction concerne une vente à l?amiable effectuée à Londres d?objets saisis par la douane (au lieu d?être une vente à l?encan ouverte au public) et ayant rapporté seulement Rs 554 041 contre deux évaluations antérieures de Rs 1,1 million.
Entre le 18 octobre 1976 et le 24 février 1977, sept diamants, sept émeraudes et un rang de perles sont subtilisés alors que la valise de bijoux est sous la garde du contrôleur des Douanes. Cette disparition n?est pas rapportée au ministre de tutelle et ne fait l?objet d?aucune enquête.
Les conclusions du directeur de l?Audit, Kadress Pillay, sont révélatrices des scandaleux cafouillages ayant prévalu aux différentes étapes de l?affaire Singhania. Il y est question de l?impossibilité d?identifier les bijoux inventoriés le 24 février1977 et ceux vendus à MM. Garrard le 9 mars 1978, absence de toute enquête après la disparition d?une quinzaine de pierres précieuses et de perles, disparition découverte lors du 3e inventaire, aucune explication n?est donnée au refus de considérer une offre d?achat kenyane, à moins de prêter foi à une simple rumeur que ces bijoutiers africains pouvaient agir pour le compte de Singhania, toute marchandise saisie par la douane est sous la surveillance du contrôleur des douanes et ne peut être vendue qu?à des enchères publiques, la vente à l?amiable de toute marchandise saisie est strictement interdite, le contrôleur des douanes est tenu à l?écart des procédures subséquentes à la saisie, ce qui constitue une autre infraction à la loi, le Security Adviser, à qui les bijoux sont remis le 3 mars 1978, se prévaut de l?autorisation de Seewoosagur Ramgoolam pour vendre les bijoux de la manière qu?il jugera bonne, à Londres les bijoux ne font l?objet d?aucune expertise internationale et la vente à l?amiable a lieu bien que les revenus de l?opération représentent la moitié des deux évaluations des bijoux faites localement.
La firme Christie offre mais en vain ses bons offices pour organiser la vente à l?encan des bijoux Singhania. En revanche des poteries, ayant une valeur moindre que les bijoux, lui sont confiées pour être vendues aux enchères.
Le rapport de Kadress Pillay fait l?objet d?une lettre directement adressée au Speaker, Sir Ramesh Jeewoolall, lui demandant de soumettre son rapport aux parlementaires.
Les deux évaluations des bijoux, faites localement, sont l??uvre des firmes Bijouchic et Poncini. Les bijoux, au nombre de 42 pièces, sont contenus dans huit colis.
La publication du rapport de Kadress Pillay sur la suite donnée à la saisie des bijoux de M. Singhania, donne lieu, bien sûr, à une série de réactions devant faire l?objet d?une prochaine réminiscence.
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