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L?Adsu enquête sur un réseau de Subutex
De la simple interpellation à l?enquête d?envergure. Les choses se sont précipitées depuis l?arrestation de Mohamad Oozeer, à la route des Pamplemousses, Plaine-Verte, vendredi. Cent vingt-huit plaquettes de Subutex ont été découvertes sur ce jeune homme de 18 ans. Du coup, le quartier général de l?Anti-Drug & Smuggling Unit (Adsu) est sur le pied de guerre. Pareille quantité de Subutex (buprénorphine) suppose qu?il y a un réseau dans le pays. Et cette unité compte bien le démanteler.
C?est vers 20 h 30 vendredi que les hommes de l?inspecteur Kailash Dussoye de l?Adsu interceptent, au cours d?une patrouille, Mohamad Oozeer, un jeune habitant de Baie-du-Tombeau. Cela, parce que son attitude et son allure louches éveillent leurs soupçons. Le suspect est soumis à une fouille. Les policiers découvrent en sa possession 128 plaquettes de Subutex, soit 896 de ces comprimés classifiés comme drogue dangereuse. La valeur de ces comprimés est estimée à Rs 1 million.
Le suspect est conduit au quartier général de l?Adsu, aux Casernes centrales, pour y être interrogé. L?adjoint au commissaire de police, Rampersad Sooroojbally, qui dirige cette unité, ordonne alors l?ouverture immédiate d?une enquête sur le terrain. Les enquêteurs estiment, en effet, que cette quantité de comprimés saisis indique de grandes ramifications.
Libérer les toxicomanes de l?héroïne
Une perquisition est faite au domicile de Mohamad Oozeer, à Baie-du-Tombeau, le même jour. Mais rien de compromettant n?est trouvé. Dans le sillage de cette affaire, des policiers de l?Adsu ont fait plusieurs raids chez des gens qu?ils soupçonnent de se livrer à la vente de Subutex.
Le suspect Oozeer sera présenté devant le tribunal de Port-Louis ce matin sous une accusation provisoire de possession de drogue dangereuse.
Le Subutex fait l?objet d?une polémique depuis un mois déjà. Cela, suite à la saisie de 5 413 comprimés à l?aéroport de Plaisance le mois dernier. Des organisations non gouvernementales se disent favorables à son introduction à Maurice et ont même approché le ministère de la Santé à cet effet. Mais la police estime, elle, que l?arsenal légal doit être renforcé pour que cette drogue dite dangereuse reste bannie. Elle a, à son tour, fait des démarches auprès des autorités compétentes à ce sujet.
Des travailleurs sociaux insistent, en effet, sur le fait que le Subutex peut être utilisé, sous contrôle, pour libérer les toxicomanes de la dépendance de l?héroïne. En revanche, des officiers de l?Adsu sont, eux, catégoriques. Ce médicament sera alors utilisé comme un substitut à l?héroïne. Au marché noir, le fameux comprimé se vend à Rs 2 000 l?unité. Cela, alors qu?il est importé illégalement de la Réunion ou de la France, où il se vend à moins de cinquante centimes d?euro, soit environ Rs 18.
A ce jour, plus de 8 000 comprimés de Subutex ont été saisis à Maurice.
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