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L?adieu du stade

23 novembre 2007, 00:00

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● <B>Pourquoi met-on fin à une passion ?</B>

Il y a ceux qui ont arrêté alors qu?ils en avaient encore envie. Cela les mine. Ils regardent un match et se disent : j?aimerais bien encore y être, vivre encore ces émotions. Moi je n?ai pas ce problème. Les anciens m?ont toujours dit : il faut aller au bout de ce que tu dois faire. Je l?ai fait. Et c?est ainsi qu?un matin, vous vous levez et vous vous apercevez que vous n?en avez plus envie. Et c?est ce qui s?est passé pour moi au Qatar. J?ai fait une superbe première année, puis j?ai voulu partir? J?avais pensé arrêter ma carrière à Chelsea en 2004 puis il y a eu cette opportunité au Qatar. Un contrat de six mois, ça m?a plu, j?ai prolongé puis, ben, je me suis brûlé? Plus envie d?aller à l?entraînement. J?ai commencé à penser à mon contrat.

● <B>Mauvais signe? ?</B>

Là, cela veut dire que c?est la fin. Je ne suis pas conditionné par l?argent, dans la mesure où j?ai fait une longue carrière où j?en ai gagné. Mais quand j?ai commencé à me dire qu?il fallait que je joue parce que j?avais un contrat, c?est terrible, cela veut dire que c?est la fin. Cela ne m?était jamais arrivé. Quand l?argent arrive en premier dans votre réflexion, il vaut mieux partir.

● <B>L?argent, il sont nombreux à le dire, a, en quelque sorte, perturbé le monde du football ?</B>

Et cela va continuer en augmentant. C?est un métier comme un autre. Ce sont les autres en dehors qui croient que l?argent a gâché les choses. Il y a juste quelques règles à respecter. Mais je pense que ce sont les agents, les clubs, qui devraient se poser des questions. Pour faire un peu moins de spéculations sur les joueurs. On a un grand problème dans la mesure où on a affaire avec le talent. Comment qualifier le talent ? C?est pour cela que vous entendez parler de chiffres incroyables. C?est en fonction de l?offre et de la demande. Si tous les clubs sont à la recherche d?un défenseur central au top et que vous êtes le seul sur le marché, les enchères vont augmenter. Et puis surtout , il faut se rappeler que même si c?est un sport collectif, le football est un sport de proximité. Les gens se sentent proches de ce sport, parce qu?il est très médiatisé et puis parce que c?est un sport que tout le monde peut faire. On a tous joué au football. On s?est tous pris pour Zidane en faisant un dribble dans son jardin. Mais en même temps les gens ne se rendent pas toujours compte que c?est un métier à plein temps avec ses contraintes. Pour en revenir à l?argent, les champions de Formule Un et les golfeurs sont sans doute ceux qui gagnent le plus. Zidane ne gagne pas 20 % de ce qu?ont gagné Schumarer et Tiger Woods.

● <B>L?observateur non averti peut se demander pourquoi le foot règne ainsi sur la planète alors qu?il ne s?agit que d?un sport finalement comme tous les autres sports?Cela vous vexe cette réflexion ?</B>

Pas du tout. Il y a beaucoup de paramètres qui entrent en jeu. C?est l?accessibilité. Tous les hommes de la terre ont, un jour ou l?autre, tapé dans un ballon. Sauf aux Etats-Unis. Il y a une accessibilité totale de ce sport dans le monde entier.

● <B>Il y a ceux qui voient dans ce lieu clos qu?est un terrain de football et dans un match toute la bataille de la vie : les joies, les coups bas, le culte de l?ego, la force de l?argent, la célébration du talent?</B>

Il y a un peu de ça. On est dans un collectif où on essaie de sortir quelque chose de personnel. Oui, c?est aussi cela la vie. Et puis, c?est un adversaire qui utilise talent et tactique pour essayer de vous mettre en difficulté. C?est tout cela à la fois. C?est vrai que c?est un peu la vie.

● <B>Vous avez été une vedette du football. Depuis </B>

Je suis content que vous ne disiez pas star. C?est un mot totalement inapproprié. Ce qui m?intéressait, c?était ces 90 minutes pendant lesquelles vous êtes sur le terrain. Pour arriver à ces 90 minutes, vous ne pouvez pas vous imaginer le travail immense que cela représente pour jouer à ce niveau. C?est vraiment compliqué et dur. Je l?ait fait pendant 20 ans et je ne suis plus prêt à le faire.

Comment réagit un corps habitué pendant 20 ans à une telle discipline dans l?effort quand tout s?arrête ?</B>

Il y a un choc. Je suis actuellement en plein dans cette crise. Mon expérience personnelle me dit qu?actuellement je suis en rejet total. Rejet total pour tout effort. Je suis ici au Saint-Géran, il y a des salles de sport et je n?arrive pas à y aller. Pendant 20 ans, j?avais une raison d?y aller. Je n?en ai plus, alors je n?y vais pas. Il faudra que je me retrouve une raison de garder la forme. Mais aujourd?hui je suis vraiment en rejet total. J?ai même essayé de faire du footing, je n?y arrive pas. Je cours et au bout de dix minutes je me dis : tu fais quoi là ?

● <B>En cure de désintoxication sportive en quelque sorte ?</B>

C?est un peu ça. Je me dis qu?est ce que tu t?embêtes à courir ? Va boire un pot tranquille, va t?occuper de tes enfants, fais autre chose que courir, ça ne te rapporte rien. Vous savez, je suis arrivé dans un centre de formation à 13 ans. C?était à Nantes. Je voulais absolument devenir professionnel et vivre de grands moments dans ce métier.

● <B>C?est un choix qui vous est venu naturellement ?</B>

Oui. Mon père était diplomate et il m?a pris pour un fou de faire ce choix. «Ça va t?apporter quoi de faire du foot». Il ne comprenait pas le choix de son fils adoptif. Il voulait que je fasse des études.

● <B>Que répondre dans ces cas ? Comment explique-t-on une passion ?</B>

Cela s?est fait naturellement. C?est personnel. J?ai juste dit que je voulais faire ça, aller jusqu?au bout et que c?était mon challenge. J?ai choisi ma voie et je ne me suis soucié de personne. Mes parents se sont rendus compte que c?était mon choix et que rien n?allait m?y détourner. J?ai quand même fait attention à continuer mes études par correspondance. Et à l?âge de 17 ans quand je me suis rendu compte que j?allais devenir professionnel, j?ai arrêté tout de suite les cours par correspondance. Un grand moment. Le premier match pro, c?est un moment incroyable. Mais tout de suite, l?autre question classique, mais néanmoins difficile. Maintenant que vous y êtes, il va falloir rester à niveau? Et cela c?est vraiment le plus dur.

● <B>Les sportifs, on le constate souvent, sont devenus dans nos sociétés, des modèles pour les jeunes. Ce n?est pas trop de responsabilités pour un individu qui a simplement décidé de pratiquer un sport ?</B>

Ce sont les médias qui font tout ça. Mais vous avez raison? Vous faites votre métier et vous n?êtes pas préparé à jouer ce rôle, à être exposé du jour au lendemain. C?est la folie totale. Je me rappelle de ma saison au Milan A.C. Je suis entré dans un star system en Italie. Puis est arrivée cette incroyable Coupe du Monde de 1998. A nouveau le star system. Les gens s?identifient à vous, les politiciens trouvent des messages à travers vous. Messages sur la diversité ethnique de l?équipe de France et vous vous retrouvez entraîné sur ce terrain qui n?est pas le vôtre. Vous jouez le jeu, vous faites partie de la France, de son équipe multiraciale? Mais au fond, tout cela ne pouvait être quantifié. C?était bien de voir une équipe multiethnique sous un drapeau français. Cette victoire a permis à certains joueurs de se sentir Français. Mais je crois que cela n?a généré aucun effet durable. C?est retombé comme c?est arrivé.

● <B>Tout cela n?était pas très profond, à l?instar du football paillettes? ?</B>

Le football, c?est comme ça. Aujourd?hui vous gagnez, vous êtes le meilleur, trois jours après vous perdez un match et vous n?êtes plus rien. C?est cela aussi l?effet du football sur la société. Mais c?est vrai aussi qu?à travers notre image, nous avons pu générer des dons, des aides pour des causes valables, des ?uvres caritatives, éducatives notamment. Cela est bien.

● <B>Vous en parliez entre vous au sein de cette équipe de France 98, de cette euphorie, de cette mousse qui allait retomber ?</B>

On ne vit pas les choses de la même manière de l?intérieur. Nous on était resté une bande de 22 gars qui jouaient au football. On se rendait compte que tout cela prenait de l?importance à l?extérieur. Mais pour nous pas tellement. Nous vivions comme dans une sorte de bulle. Difficilement accessible, dans un cocon, nous vivions avec nos amis, notre famille? Sans vraiment prêter attention à cette euphorie. Nous on sait que seule une chose compte : la performance sur le terrain. On prend les choses avec du recul. Les gens pensent que l?on est toujours en haut de l?affiche. Mais moi qui suis dans ma bulle, je suis comme le poisson rouge qui est le seul à savoir comment il est dans son bocal. Nous, on est tout le temps en train de se remettre en question. Préparer la performance de demain. Car sans performance, nous ne serions rien. On vit les choses avec distance contrairement à ce que peuvent croire les gens qui nous regardent.

● <B>C?est plus dur de rester au sommet que d?y arriver, le combat ne finit jamais ?</B>

Si vous regardez notre génération, Djorkaeff, Zidane, Desailly, Deschamps, Thuram, vous vous apercevez que nous avons été une génération assez exceptionnelle. Nous avons su évacuer beaucoup de choses pour nous concentrer sur les performances et pour durer. Nous ne nous sommes pas laissés emmener par cette spirale de folie médiatique notamment. Nous avons duré parce que nous n?accordions que très peu d?importance à ces choses. On a tous fait des carrières de dix ou 15 ans. J?ai joué en haut de l?affiche de 1992 à 2004. Ce n?est pas mal quand même. Nous sommes cinq ou six à l?avoir fait.

● <B>Quels sont vos rapports avec cette presse sportive toujours avide de mythes non pas fondateurs mais surtout qui rapportent ?</B>

C?est une réalité ce que vous dîtes là. C?est ce qui fait qu?un rhume de Zidane est plus important que l?équipe de France de volley-ball qui arrive en finale de coupe du monde. Ou même d?un fait politique. Les médias s?accrochent à ce qui est le plus vendeur.

● <B>Les sportifs jouent le jeu avec une certaine bienveillance aussi non ?</B>

Non, il n?y en a pas beaucoup qui le font. Moi je vivais très détaché par rapport aux médias. Mais pour être tout à fait honnête quelquefois, on a joué avec eux un peu. Par exemple, on a gagné des fortunes après la coupe du monde à travers l?image. C?est vrai que ce sont les médias qui génèrent l?image. Mais tout le temps que l?on peut donner aux médias ne dépasse jamais 20 % de son temps. 80 %, c?est la performance. On sait que les médias seront là quand on aura atteint un certain seuil de performance. Les médias nous dérangent souvent dans la mesure où ils nous posent des questions que nous ne nous posons pas nous-mêmes. Quand on est en activité, il faut faire attention à ce que l?on dit. Quand un journaliste sportif vous demande : comment abordez-vous le match de demain ? Que voulez répondre à une question pareille ? Alors que c?est peut-être le millième match que je joue ! C?est pour cela que je me dis que c?est dans mon après-carrière que je me rends mieux compte de ce qu?on a pu réaliser. Parce que pendant mon métier sur le terrain, en finale de coupe du monde ou match de championnat, le sérieux, la concentration sont toujours les mêmes. C?est un match. C?est préparé de la même manière.

● <B>Tout le « tam tam » médiatique autour n?est que du vent ?</B>

Que du vent. Nous, c?est tout le temps la même chose, la même situation, on vit les choses de la même manière. Ce sont les journalistes qui posent des questions un peu saugrenues qui moi, personnellement, m?épuisent. Nous faisons les choses de manière instinctive, c?est peut-être ça le talent, après tout?

● <B>C?est une race à part les journalistes sportifs ?</B>

C?est un peu comme les paparazzis. Il faut qu?il remplissent les pages. Ils font leur travail. Le football est tellement populaire. Je suis toujours impressionné par la popularité du football. Je vais à Hong Kong, au Rwanda, en Amérique du Sud ou n?importe où dans le monde, on vous reconnaît, c?est incroyable !

● <B>Pouvez-vous expliquer au néophyte que je suis ce principe qui consiste à licencier un entraîneur aussitôt que son équipe perd un match ? C?est ce qu?on appelle l?esprit sportif et la beauté du sport ?</B>

Les entraîneurs ne peuvent pas durer. Il n?y a que deux exceptions : Wenger et Fergusson. Un entraîneur a une durée de vie de trois ou quatre ans. Quand un entraîneur perd un match, on considère que le message qu?il veut transmettre à ses joueurs ne passe plus. La venue d?un autre entraîneur est supposé faire l?effet d?un électrochoc. Les joueurs se prennent à rêver de nouveau.

● <B>Perdre ne fait donc plus partie du sport si je vous comprends bien?</B>

Perdre ne fait plus partie du sport. Je dois le concéder. Il y a une telle pression de résultats, avec de nombreux clubs cotés en Bourse, on se doit d?être performant.

● <B>Le naïf, le romantique, pense qu?en sport, l?important, c?est de participer?</B>

Il n?y a qu?en Angleterre qu?on retrouve cet esprit. Vous perdez un match mais les supporters vous applaudissent s?ils estiment que vous avez quand même bien joué. C?est le règne du fair-play. Cela m?a changé quand j?ai joué en Angleterre par rapport à l?Italie par exemple. Là- bas c?est la victoire sinon rien. Comme dans les arènes.

● <B>Finalement le football de chaque pays porte les caractéristiques des peuples?</B>

Tout à fait. Leur manière de jouer leur ressemble. Les Italiens, c?est la malice, la triche, les Anglais un peu agressifs, un peu violents, castagnes mais en même temps très gentlemen. Et les Français toujours un peu entre les deux. Jamais satisfaits de rien, privilégiés? Un peu comme les avantages sociaux que nous avons en France?

● <B>Etes-vous impliqué dans tout ce vaste mouvement de changement qui traverse la France actuellement ?</B>

Je reste en dehors du terrain politique. Résolument.

● <B>Comment recevez-vous l?engagement de Lilian Thuram, comme une étrangeté ?</B>

Lilian le ressent comme cela. Il a eu une sorte de révélation. Il a commencé à se retrouver en tant que Guadeloupéen. Il a fait sa propre réflexion. Puis en mûrissant il a commencé à s?engager avec l?UNESCO, par exemple, qui a des tendances assez politiques. J?ai refusé de travailler avec l?UNESCO pour cette raison. C?est trop politisé.

«Il n?y a qu?en Angleterre qu?on retrouve cet esprit. Vous perdez un match mais les supporters vous applaudissent s?ils estiment que vous avez quand même bien joué. C?est le règne du fair-play.

● <B>Vous êtes vous-même ambassadeur de l?UNICEF pour l?Afrique de l?Ouest. Ce n?est pas de la politique ça ?</B>

Non. On travaille avec des enfants, avec des gens locaux, sur les sites. Ce n?est pas comparable. Que l?UNICEF alerte les gouvernements de l?urgence des problèmes ne peut pas être considéré comme un geste politique. Pour en revenir à Lilian on sent que c?est son combat. Il a eu quelques maladresses, mais ce n?est pas grave. Il faut voir quand sa carrière footballistique sera terminée s?il va entrer complètement dans son action. S?il le fait c?est qu?il le ressent. Et je respecte cela. Cela ne m?intéresse pas de prendre position politiquement.

● <B>Et sur les tests ADN qui sont actuellement demandés aux immigrés qui désirent un regroupement familial ?</B>

J?ai mon opinion mais je ne vous la donnerai pas. De toutes les manières, ce que j?ai à dire ne va rien changer du tout. Je travaille sur le terrain. Je me sens souvent comme un citoyen anonyme qui n?a pas besoin d?influencer quoi que ce soit ou qui que ce soit. Je fais valoir mes opinions en allant voter. Cela s?arrête là. Je ne me sens pas autorisé à donner des consignes de vote pas exemple. Je pourrais me mettre sur une liste pour des municipales par exemple.

● <B>Ce sera le cas pour les municipales à venir en France ?</B>

Une municipale, c?est local, c?est la gestion. Peut-être dans l?avenir? J?y réfléchis quand même. Mais je ne me sens rien de commun avec tous les partis qui existent. Je me sens éloigné?

● <B>Le tempérament Ashanti de toujours rester au-dessus de la mêlée vous habite plus que jamais? </B>

Peut-être un peu.

● <B>Votre engagement avec l?UNICEF vous-a-t-il permis de poser un nouveau regard sur cette Afrique qui vous a vu naître ?</B>

L?avenir de l?Afrique est compromise parce que ceux qui sont à la tête sont trop occupés à leurs propres affaires. Ils ne travaillent pas. Il y a des exceptions. John Kufuor, le président du Ghana par exemple. Lui travaille et gère son pays comme une entreprise. Il faut moins de politique et plus de gestion. Je suis pessimiste pour l?Afrique. Pessimiste parce que cela fait 20 ans que l?on dit et répète la même chose. Les choses évoluent un peu, mais ce sont des gens comme moi qui profitent de ce développement, pas des gens qui en auraient besoin. Et puis il y a cette corruption incroyable. Les mentalités sont gâchées. Il y a un gros travail à faire.

● <B>Vous vous sentez impliqué ?</B>

Non. Je ne suis qu?un sportif. Je n?ai pas cette conviction de devenir politique et de m?engager.

● <B>Quels sont aujourd?hui vos rapports avec les membres de cette équipe de France avec laquelle vous avez vécu l?extraordinaire aventure du Mondial 98 ?</B>

Nous ne nous voyons plus tellement. D?abord nous sommes dans des pays différents. Zidane est à Madrid, Deschamps à Monaco, Dugarry à Bordeaux, nous avons des emplois du temps serrés ; nos routes se sont séparées.

● <B>Il ne reste aucune empreinte en vous de l?expérience vécue ?</B>

Oh que si ! Lorsqu?on est emmené à s?appeler, on est vraiment attentif l?un envers l?autre. Mais il y a nos pudeurs individuelles qui font que nous ne nous dérangeons pas. On ne s?appelle pas souvent, mais quand on le fait, c?est que c?est vraiment important. Alors, on est tout de suite disponible. L?émotion et l?amitié vécues ensemble font que nous nous aidons spontanément.

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