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Label rouge pour le letchi réunionnais
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Label rouge pour le letchi réunionnais
Après l’ananas Victoria, qui est en cours de labellisation, c’est maintenant le letchi qui entre dans cette démarche qualité. En 2006, le letchi de la Réunion bénéficiera d’une reconnaissance de qualité supérieure grâce à l’obtention du label rouge. Pour se démarquer de la concurrence, les producteurs réunionnais cherchent à faire reconnaître les caractéristiques spécifiques de leur produit. Ils se sont ainsi regroupés et ont créé le Syndicat qualité fruits Réunion. Appuyé par la Chambre d’agriculture de la Réunion, ce syndicat s’est chargé de la rédaction et du suivi du référentiel label rouge. Celui-ci a été mis en consultation publique depuis le 27 août 2005, jusqu’à octobre prochain.
Guillaume Insa, responsable de la cellule mise en marché à la Chambre d’agriculture, explique que les grandes caractéristiques de ce label rouge concernent d’abord le niveau de maturité du fruit. “Le taux de sucre sera mesuré. Le fruit doit également respecter une taille minimum qui est de 3 cm de diamètre. Enfin, la fraîcheur du fruit est également prise en compte. Le délai maximum entre la récolte et l’utilisation par le consommateur ne doit pas excéder 8 jours.” Guy Derand, président de la Chambre d’agriculture, précise pour sa part que ce label permettra une meilleure vente sur le marché européen et métropolitain et une protection de l’origine officielle. Il souligne à cet effet qu’à plusieurs reprises, les letchis en provenance d’autres pays, notamment Madagascar, portaient l’étiquette de la Réunion. Ce label permettra ainsi une traçabilité totale du fruit, une pérennisation de l’exportation réunionnaise et apportera une image de qualité des produits en provenance de la Réunion. Autre atout selon Guillaume Insa : cette certification permettra “d’accéder à d’autres marchés, notamment l’Allemagne”. Les premiers letchis labellisés seront vendus en barquettes (de 250 et 500 g) en 2006, pendant la récolte.
Si ce label rouge garantit la qualité du letchi réunionnais, en revanche, la valeur rajoutée au produit échappera aux agriculteurs. Guy Derand ajoute sur ce sujet qu’il faudrait négocier ces écarts de prix.
Les besoins de fret en constante progression </B>
En ce qui concerne les besoins et les capacités en fret aérien à la Réunion pour fin 2005, Guillaume Insa indique que le comité de pilotage export, organisé par la Chambre d’agriculture a réuni le 8 septembre dernier, toutes les compagnies aériennes et les exportateurs de fruits, afin que les uns puissent donner leurs capacités, et les autres, leurs besoins en fret.
La demande est en constante progression, avec 700 tonnes de plus qu’en décembre 2004 et décembre 2005 (les besoins s’élèvent à 3 093 tonnes pour les mois de janvier, novembre et décembre 2005). L’offre des compagnies aériennes a également évolué. Air France a pris des engagements importants en termes de fret, et Air Mauritius et Corsair ont fait des propositions nouvelles.
“C’est une tendance positive par rapport aux années précédentes. La donne a évolué avec les nouveaux avions. Même s’ils sont pleins, leur apport en fret, soit 10 à 15 tonnes, est significatif”, indique Guillaume Insa. Selon les compagnies et compte tenu de la marge d’erreur habituelle des exportateurs, dans leurs prévisions (20 %), le solde négatif de 334 tonnes est acceptable.
À la Réunion, 1 000 hectares de terres sont sous la culture du letchi. 8 000 tonnes de letchis sont produites chaque année. Seules 200 tonnes sont exportées.
HUMEUR
<B>Réunion : Le dérapage d’Ibrahim Dindar</B>
Il y a des petites phrases pitoyables, comme cela, provocatrices, telles “Les détails de l’Histoire” de Jean-Marie Lepen à propos des camps de concentration. Mais quand le dérapage droitier est le fait d’un élu réunionnais, centriste, de surcroît vice-président du conseil général, on prend peur. Renchérissant aux propos du ministre des Dom-Tom, François Baroin, qui suggérait de remettre en cause le “droit du sol” pour les enfants d’immigrés guyanais et mahorais, Ibrahim Dindar proposait, ni plus ni moins, pour arrêter des pratiques supposées de paternité, d’effectuer des tests ADN sur des enfants nés de mères comoriennes et de pères mahorais ou réunionnais (donc français).
Chacun peut posséder une conception du problème migratoire mahorais où, estime-t-on, 40 % de la population d’origine comorienne vivrait dans l’illégalité. Mais c’est le procédé proposé qu’il convient de dénoncer : ce type de pratique concerne l’intimité d’un être humain, il touche au biologique, à l’essence même de l’ individu. Et même si la comparaison est excessive, cette suggestion évoque les tristes expériences médicales d’autres régimes totalitaires.
C’est cela qu’Ibrahim Dindar n’a sûrement pas mesuré en persistant dans son propos. Devant l’émotion et la colère des représentants de la communauté comorienne de la Réunion, l’élu a finalement retiré sa proposition et présenté ses excuses à ceux qu’il avait pu ”heurter”. Comme à chaque fois que des tensions raciales se produisent à la Réunion, “l’affaire Dindar” est retombée, juste avant la visite les 29 et 30 septembre dans l’île d’un autre chantre du contrôle migratoire, Nicolas Sarkozy.
Et c’est bien dommage : car un tel dérapage de langage ne devrait pas être banalisé. Il constitue une insulte aux femmes mahoraises, et une menace pour les valeurs républicaines dont Monsieur Dindar se réclame pourtant. Sans parler qu’avec cette vision de l’émigration , la totalité des Réunionnais – y compris Ibrahim Dindar lui-même – aurait pu elle aussi subir une telle humiliation.
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