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La volonté récompensée
Le groupe BKS existe depuis neuf ans. Sans que personne ne se soit vraiment intéressé à eux. Ils n’ont jamais baissé les bras. Aujourd’hui leurs efforts sont récompensés puisqu’avec le soutien de Shailend et Rouhangeze, le groupe BKS, avec Ras Pouj et Ti Moto, alias Steve Merville et Augustin Johnathan, sort son premier album, fait maison.
«C’est une grande émotion de voir ce CD, depuis ans ans que l’on se bat. Je remercie tous ceux qui nous ont donnés du courage et c’est grâce à eux que cet album existe», dit Steve Merville, auteur et compositeur du groupe. Ce premier disque intitulé Entre Nou 2 est, en plus, très sympathique à écouter. Une musique souvent légère, festive, dansante, quelques jeux de mots. BKS, un style qui se cherche encore entre ragga et reggae, donc pas forcément constant dans la qualité, mais agréable tout de même.
Un premier album les rend fiers et sages. Ils sont conscients du chemin parcouru, des efforts fournis, comme du chemin qu’il reste à parcourir et des nouveaux efforts à venir. Depuis un an qu’ils se connaissent, ces jeunes chanteurs et musiciens n’ont pas chômé. La première rencontre consistait surtout à enregistre une maquette chez Shailend, musicien et qui possédait un ordinateur.
<B>Amoureux du jazz</B>
Rouhangeze, chanteuse, ne devait même pas faire partie du groupe. Elle a retrouvé Steve, un ami d’enfance, par hasard. Il lui a proposé de chanter d’abord comme choriste puis en leader. «Petit à petit, le groupe s’est agrandi», explique Steve. Leur simple rencontre a donné lieu à une collaboration bien plus fructueuse. Steve Merville et Augustin Jonathan, alias Nas Pous et Ti Moto ont trouvé chez Shailend et Rouhangeze une énergie et un dynamisme supplémentaires qui ont boosté leur moral et leur envie. Shailend et Rouhangeze, venant juste d’arriver dans le groupe, laissent tout le crédit de cette réussite aux chanteurs principaux. Et pourtant, ils ont été les magiciens de cette aventure de production. Rouhangeze et Shailend chantaient dans les hôtels. Plutôt du jazz, leur passion. Pour BKS, ils se sont mis au ragga muffin, une première, mais conserve un amour infini pour le jazz, Georges Benson, Sade, Mike Stern, Norah Jones.
Après avoir rencontré et décidé BKS, Shailend a transformé son appartement en véritable studio. «Il faut beaucoup de persévérance, ce n’est pas facile alors on avance petit à petit,» dit Shailend. Le groupe au complet a investit au fur et à mesure dans du matériel musical, table de mixage, instruments, amplificateurs, micros… pour aujourd’hui posséder un vrai studio où ils répètent et enregistrent. Ils ont aussi monté leur société de production Passion Records, par «passion pour la musique ».
«C’est un album qui a été fait avec beaucoup d’amour, notre amour pour la musique», précise Steve. Ils ont eu besoin d’un peu d’aide, d’amis, Nabil Capillaire, mixeur qui a apporté son soutien à l’enregistrement, ainsi que quelques professionnels. Rien de moins que Nitin Chinien, Natty Jah et Dharam Takah. Il y a quelques mois, des producteurs refusaient de les produire, de leur faire confiance. Aujourd’hui ils sont leurs propres producteurs et ne comptent pas s’arrêter là, mais aider d’autres jeunes artistes de leur région qui doivent traverser les mêmes difficultés.
«On aimerait faire un concert pour récolter des fonds pour le Pakistan et pour nous faire connaître. On cherche des sponsors. On compte faire une compilation avec de jeunes débutants. Pas parce que l’on veut faire de l’argent mais parce que l’on aime la musique. On aimerait aussi avoir une structure, qui soit studio, école de musique et librairie».
Maintenant que la machine est lancée, il serait dommage de l’arrêter. Ces jeunes artistes ont encore beaucoup à offrir. « Enn paquet sante», dit Steve. Mais ils ne veulent pas se précipiter.
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