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La voix intérieure de Cyril Michel

16 octobre 2005, 20:00

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Cyril Michel est un passionné de saxophone. Accompagnant les meilleures formations de Maurice, ce saxophoniste de talent n?est pas un musicien professionnel. Qui l?aurait cru, en le voyant régulièrement sur les scènes locales. C?est probablement sa ?voix intérieure? qui l?inspire tant?

Né en France, Cyril Michel a grandi dans l?océan Indien. Il a baigné dans la musique depuis son plus jeune âge. Un professeur de piano pour mère et un environnement familial où le jazz a toujours été omniprésent, ont développé son oreille musicale. à dix ans, il écoutait déjà Duke Ellington, se délectait de la soul de James Brown et du rock latino de Carlos Santana.

Cyril Michel a également toujours entretenu une fascination pour les instruments, surtout pour ceux rangés dans de vieilles malles, au fond du grenier. Il s?est essayé à tout : piano, guitare, harmonica. Mais à l?âge de 13 ans, il opte finalement pour la batterie. à ce moment-là, il vit à la Réunion. ?C?était les débuts du maloya jazz, avec le mythique Carousel et ces rythmes m?ont influencé?, raconte Cyril Michel.

Avec son groupe de lycéens, il décroche des contrats dans des bars de Saint-Denis. ?Mais on jouait trop fort pour la clientèle?, raconte-t-il avec un sourire. Plus tard, il part en France pour poursuivre des études universitaires et débarque à Toulouse où il continue à jouer dans les bars. Mais c?est lorsqu?il retourne à la Réunion, au milieu des années 1980 qu?il a une révélation.

?Rendre à la musique ce qu?elle m?a apporté?

?C?était au Festival de Château-Morange? Ernest Wiéhé se produisait avec Jocelyn Pitchen et quelques autres. J?ai pris une claque et depuis ce moment-là, j?ai eu envie de jouer du saxo?, raconte le musicien. Ernest Wiéhé, le saxophoniste mauricien, mentor de toute une génération de musiciens, devait alors devenir le sien. ?Nous sommes tous des enfants d?Ernest?, avoue-t-il.

Dans la foulée, il fait une tournée du côté de Mayotte, puis à Madagascar où il joue avec ?les premiers vrais bons musiciens de ma carrière. Ils écoutent une seule fois du Stevie Wonder, par exemple, et ils sont capables de le reproduire instantanément. Ce sont de bien meilleurs copieurs que les Mauriciens?, dit-il sans ambiguïté.

Entre-temps, il s?est mis au saxo alto. Et au début des 90, il s?installe à Maurice où il ?fait le b?uf? dans les hôtels avec Ernest Wiéhé, bien sûr, mais aussi avec des gens comme Linley Marthe, bassiste, puis le trompettiste, Philippe Thomas. Mais il est également fortement impliqué dans l?hôtellerie où il fait une carrière (il est directeur du Tamarin Hôtel).

Quinze ans plus tard, Cyril Michel est toujours fermement accroché à son saxo et il a des envies? Il joue désormais aux côtés de gens comme le chanteur Damien Elisa, le bluesman Eric Triton (lorsqu?il passe par Maurice) ou encore avec le guitariste Neshen Teeroovengadum et son trio. ?C?est en jouant avec des gens comme eux que je m?enrichis?, insiste-t-il. Aujourd?hui, il y a un échange permanent entre lui et Philippe Thomas. ?Je bosse et j?aimerai bosser encore plus, dans un proche avenir.?

En ce moment, Cyril Michel écoute beaucoup John Coltrane dont il est un fan inconditionnel. ?Je ne suis pas très calé en harmonie, et tout ce que je fais au saxo, je le sors de ce que j?écoute chez les autres?, explique-t-il. Cyril Michel trouve aussi le temps pour donner des conseils à un groupe d?enfants du village de Tamarin. ?Je veux rendre à la musique ce qu?elle m?a apporté?, résume-t-il. Et en partageant ce bonheur avec des jeunes d?un quartier pauvre, il fait mieux que payer une dette?

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