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?La voix des morts?

3 juin 2005, 00:00

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Il y a quelques années, les films d?action asiatiques avaient fini par inspirer les réalisateurs hollywoodiens. Voilà maintenant que ce sont les films d?horreur asiatiques qui, après avoir été bêtement recopiés ces dernières années, ont fini par faire école. Ceux qui ont vu des films comme The Ring, The Eye, etc. constateront que La Voix des Morts, du réalisateur britannique Geoffrey Sax, repose sur la même formule. À savoir, laisser mariner le spectateur dans une atmosphère lugubre et l?amener au bord de l?infarctus en le faisant sursauter juste au bon moment. La formule est plus efficace que le ?gore? qui avait fini par devenir lassant. Il convient de choisir un sujet auquel le public adhérera, tels des histoires de fantômes, de malédiction ou de prémonition.

Celui de La Voix des Morts tourne autour d?un phénomène appelé Electronic Voice Phenomena (EVP) selon lequel il serait possible d?entendre la voix des morts par le biais de parasites que capte un poste de radio ou de télévision en l?absence de toute réception. Cela ressemble à un fantasme californien ; inutile de dire que ceux qui y croient sont en général ceux dont le bagage scientifique est plus que négligeable et on comprendra ceux qui en rient. Toutefois, on peut avancer qu?il n?existe pas de sujet idiot quand il s?agit de fiction.

On pourra trouver de nombreux défauts à La Voix des Morts, aucun n?étant imputable à son réalisateur. Geoffrey Sax signe ici son premier long métrage et le moins qu?on puisse dire, c?est qu?il sait faire avancer une histoire. Le film débute avec un tableau de famille assez niais où l?on voit Michael Keaton (Jonathan Rivers), architecte prenant le petit-déjeuner avec Chandra West épouse qui est un écrivain à succès et leur gamin. Mais, le réalisateur ne s?y attarde pas : quelques séquences plus tard, le sujet est déjà introduit. On voit Michael Keaton attendre en vain le retour de sa femme de manière très réaliste. Le plus intéressant étant cette façon dont la caméra l?accompagne dans les différentes pièces de sa maison pour mieux souligner cette absence.

L?élément surnaturel introduit, Geoffrey Sax démontre qu?il a retenu la manière de faire de cinéastes tels que les frères Pang ou Hideo Nakata. Il nous fait sursauter avec des bruits de notre quotidien placés au bon moment. Il sait faire défiler des spectres transparents aux contours mal définis pendant un temps juste assez long pour retenir notre attention et juste assez court pour que l?on reste dans l?expectative. Il sait créer l?angoisse en utilisant la nuit et, aussi, ces contrastes entre l?obscurité et les reflets dansants des écrans de télévisions.

Il y a donc une histoire de deuil et de solitude qui s?annonçait prometteuse, une histoire de surnaturel qui s?annonçait acceptable? et une histoire policière. En entrant en communication avec sa femme qui est décédée, Jonathan Rivers reçoit de celle-ci des messages prémonitoires annonçant des morts naturelles, des morts accidentelles, etc. De ces trois voies, La Voix des Morts s?essaye à la première avec bonheur (il y a de vrais moments d?émotion autour du moment de la visite chez Raymond Price (Ian McNeice), ?l?expert? en EVP), à la deuxième avec plus ou moins de succès pour finalement choisir la troisième durant la dernière demi-heure. Et, le résultat est des plus décevants : les événements se succèdent sans logique ni vraisemblance dans cette dernière partie et la fin est grand-guignolesque.

Dommage pour un début si prometteur, dommage aussi pour une mise en scène si efficace. Dommage pour Michael Keaton ; cet acteur de talent absent sur les écrans depuis les années 1990 méritait mieux pour son retour.

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