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La visite d?Ariel Sharon ouvre une ère de ?confiance?
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La visite d?Ariel Sharon ouvre une ère de ?confiance?
Le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, entame une visite officielle de trois jours en France destinée à ouvrir un nouveau chapitre de ?confiance? entre les deux pays après des années de tension. Ariel Sharon a été accueilli à l?aéroport d?Orly par Renaud Dutreil, ministre des Petites et Moyennes entreprises.
Les temps forts de cette visite étaient hier, à 12h30, un entretien et un déjeuner avec le président français à l?Elysée, puis un entretien et un dîner avec Dominique de Villepin à Matignon à partir de 20h15. ?En accueillant à Paris le Premier ministre, c?est un message de confiance que la France adresse à son amie: la conviction que la paix est possible, la volonté d?y contribuer, l?ambition d?être, pour Israël, un partenaire politique, économique, culturel d?exception?, soulignait Jacques Chirac dans une interview publiée vendredi dernier dans le quotidien israélien Haaretz.
Le ton est également conciliant côté israélien où l?on estime que ?les deux pays veulent tourner la page?. ?La situation ayant changé au Moyen-Orient, une nouvelle atmosphère s?est fait jour entre les deux parties, avec la volonté de renforcer et d?améliorer leurs relations?, a déclaré à Reuters un proche d?Ariel Sharon. Le décès de Yasser Arafat en novembre 2004 et l?élection consécutive de Mahmoud Abbas ont ?facilité la reprise d?une relation confiante avec Israël?, concède-t-on de source diplomatique française, ainsi que la décision ?historique? du Premier ministre israélien d?un désengagement de Gaza.
Les Israéliens évoquent pour leur part l?implication résolue de la France dans la mise en oeuvre de la résolution 1559 prônant le retrait complet des forces syriennes du Liban, ses efforts aux côtés de l?Allemagne et du Royaume-Uni pour écarter la menace nucléaire iranienne, son action ?exemplaire? contre l?antisémitisme, pour reprendre les propos d?Ariel Sharon dans Le Monde de mardi. Les relations entre Jacques Chirac et Ariel Sharon s?étaient brusquement tendues en juillet 2004 après que le Premier ministre israélien eut exhorté les juifs de France à émigrer sans attendre en Israël pour fuir un antisémitisme ?sauvage?.
Paris insistera sur ?l?après Gaza?
Le ministre de l?Intérieur, Nicolas Sarkozy, a fait état d?une diminution de 48 % des actes antisémites au premier semestre 2005 en France, qui abrite la troisième plus grande communauté juive au monde après Israël et les Etats-Unis. ?Par-delà les malentendus, la réalité est celle d?une relation forte?, affirme Jacques Chirac dans Haaretz. C?est la ?force?, la ?sérénité? nouvelle de cette relation qui conduisent Paris à appuyer le désengagement israélien de Gaza, une initiative jugée ?courageuse?.
Ariel Sharon a fixé au 17 août le début de l?évacuation de 21 colonies juives de la bande de Gaza et de quatre des 120 implantations de Cisjordanie, malgré la résistance farouche des ultranationalistes juifs. Pour Jacques Chirac, le désengagement de Gaza ?crée une dynamique positive? en vue de l?application de la ?feuille de route?. ?Nous ne devons pas laisser se refermer la ?fenêtre d?opportunité??, juge-t-il. La France se dit ainsi disposée à contribuer à la sécurité et à la reconstruction de la bande de Gaza, avec l?envoi éventuel de policiers sur place, mais elle attend du gouvernement israélien des perspectives sur ?l?après-Gaza?. Il est essentiel que les Palestiniens aient un horizon avec une lumière au bout. ?L?après?, pour nous, c?est une conférence internationale sur la base de la ?feuille de route?, indique-t-on de source diplomatique française. ?Nous ne voudrions pas qu?après Gaza, on entre dans une période de pause indéfinie?. Lors de sa première conférence de presse depuis son arrivée au Quai d?Orsay, Philippe Douste-Blazy a également jugé mardi que le retrait israélien de Gaza ne devait pas détourner l?attention des difficultés en Cisjordanie où l?effort israélien, a-t-il souligné, devra être poursuivi.
Défendant une approche ?équilibrée? du processus de paix israélo-palestinien, Paris devrait se faire le porte-parole des Palestiniens sur ce point, notamment sur la nécessité d??avoir les moyens de leur sécurité? après le retrait israélien.
De même, la France, qui reconnaît à l?Etat hébreu son droit ?légitime? à la sécurité, conteste le tracé de la ?clôture? de sécurité en cours d?édification, estimant qu?il devrait suivre la ?ligne verte? - la frontière d?avant la guerre de 1967. ?Nous avons toujours considéré que les écarts par rapport à la ?ligne verte? ne vont pas dans le sens de ceux qui veulent la paix. Qu?Israël se protège est légitime, mais il y a plusieurs manières de le faire?, souligne un haut diplomate français.
LUTTE
Un projet de loi antiterroriste devrait être prêt fin août
■ La France va renforcer son arsenal antiterroriste à la suite des attentats de Londres et de Charm el Cheikh, avec un projet de loi spécifique qui devrait être prêt fin août, apprend-on au ministère de l?Intérieur. ?Le texte devrait être prêt fin août?, a-t-on déclaré à Reuters. Ce projet de loi inclurait notamment des dispositions sur le développement de la vidéosurveillance et la conservation des données téléphoniques, a-t-on indiqué.Le Conseil de sécurité intérieure, qui s?est réuni mardi matin sous la présidence de Jacques Chirac, a décidé de nouvelles mesures antiterroristes, notamment dans le domaine de la surveillance des individus et des réseaux à risque.On a déclaré dans l?entourage du chef de l?Etat que les décisions prises visaient à renforcer la lutte contre le terrorisme, notamment dans le domaine de la surveillance des individus et des réseaux à risque, de la vidéosurveillance et de la conservation des données téléphoniques. L?Elysée n?a pas donné plus de précisions sur les mesures envisagées.Le niveau ?rouge? du plan Vigipirate a été confirmé ainsi que la mobilisation totale des services et des forces de sécurité. Jacques Chirac a chargé le Premier ministre, Dominique de Villepin, et les ministres concernés de mettre en oeuvre ces décisions dans les délais les plus brefs, a-t-on indiqué. Nicolas Sarkozy, ministre de l?Intérieur, et Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, notamment, ont participé au CSI. Dominique de Villepin avait fait le point de la lutte antiterroriste en France lundi soir lors d?une réunion ministérielle à Matignon. Au nombre des dispositions évoquées en France figure la mise en oeuvre de visas et de cartes d?identité biométriques renfermant des données telles que les empreintes digitales et une photo numérisée. Dans une interview publiée vendredi dernier dans le quotidien israélien Haaretz, Jacques Chirac affirmait que la France était disposée à ?aller plus loin? dans la lutte contre le terrorisme ?conformément au droit et à nos valeurs?. ?Aucun pays n?est à l?abri?, soulignent les autorités françaises.
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