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La vie parmi les fleurs
La végétation luxuriante au pied de la montagne Pieter Both, à Malinga, est enjolivée par le jardin de fleurs du couple Foolmaun non loin. Les immortelles, gueules-de-loup et glaïeuls rivalisent de beauté et de fraîcheur avec les coquelicots, hortensias et marguerites.
Depuis 30 ans, les fleurs bercent le quotidien de Gaya Foolmaun, 62 ans, et de son épouse, Vijawtee, 53 ans. Ils consacrent au moins huit heures par jour à leur jardin, d?une superficie d?un demi-arpent et en partie en pente.
?Les fleurs parfument notre vie et nous apportent le bonheur. Quand nous nous réveillons le matin, il fait bon de promener dans le jardin et admirer les pétales de différentes couleurs?, confie Gaya.
Le couple cultive les fleurs en deux saisons. Pour les plantes mises en terre au mois de juin, les fleurs sont cueillies au début de novembre, juste à temps pour la fête des morts. Celles cultivées en septembre donnent des fleurs en décembre. Durant les mois de cueillette de novembre et de décembre, la vente de fleurs accuse aussi une hausse considérable.
<B>Une famille d?horticulteurs</B>
Gaya et Vijawtee sont aux petits soins pour les fleurs, le matin et en fin d?après-midi. ?Bisin arrose fler tantôt. Li reste frais toute la nuit. Si arrose li grand matin, so racine pou brillé. Pas bizin met fertilisants dans tou fler. Ena bizin metté, ena pas bizin metté?, conseillent-ils.
Le couple vend lui-même les fleurs, surtout pendant la fête des morts et différentes autres célébrations au cours de l?année. Des marchands viennent aussi s?approvisionner. ?Des fois, nous faisons nous-mêmes des har (guirlandes) et des bouquets pour les mariages et les fêtes religieuses?, précise Gaya.
Le sexagénaire vient d?une famille d?horticulteurs. Avant lui, ses parents et ses grands-parents cultivaient des fleurs dans la région. ?Je n?ai jamais songé à faire un autre métier. A l?âge de 16 ans, j?ai commencé à planter des légumes. Depuis, je n?ai jamais cessé?. Le couple cultive aussi des légumes et de la canne à sucre. Même si leurs quatre enfants les aident de temps à autre à la plantation, ils ne seront pas cultivateurs.
Gaya et Vijawtee se sont mariés il y a 35 ans. ?C?était un mariage arrangé par nos parents?, indique Gaya. Originaire de Curepipe, Vijawtee ne s?adaptait pas facilement à sa nouvelle vie et n?avait jamais fait le travail de la terre. ?Après la naissance de mon premier fils, j?ai commencé à m?attacher davantage à la vie à Malinga et à aimer le paysage verdoyant. Aujourd?hui, je suis heureuse de vivre dans ce village et de m?occuper des fleurs?, raconte-t-elle.
Même s?il passe beaucoup de temps dans la plantation, le couple ne mène pas une vie casanière. De temps à autre, Gaya et Vijawtee font des sorties avec leurs enfants pour aller à la mer, rendre visite à des proches ou assister à des mariages. Le revers de la médaille : quand il y a des cyclones en décembre, le couple encourt de grosses pertes. ?Heureusement que les cyclones sont plus fréquents en début d?année?, dit Gaya.
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