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La vie parisienne de Curpen

10 août 2008, 00:00

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À Paris, où vit Sada Curpen, son arrestation ne surprend qu?à moitié. Il faut dire que celui décrit comme le cerveau présumé d?un trafic de Subutex, n?en est pas à ses premiers démêlés avec la justice. En 2006 déjà, il avait été arrêté dans une affaire similaire.

Contrairement à Maurice, où Curpen mène la grande vie, le jeune homme a, à Paris, une vie rangée. Du moins en apparence. Car s?il est aux petits soins avec sa mère, qui vit seule, Curpen n?en fréquente pas moins assidûment les boîtes de nuit avec ses amis et a un penchant prononcé pour les vêtements de luxe. Ses amis et lui ont aussi leurs habitudes dans le 10e arrondissement, non loin de la Gare de l?Est, où ils se réunissent dès qu?ils le peuvent.

« Personne ne sait vraiment ce qu?ils y font. Ils évitent de trop attirer l?attention », souligne Pierrot, qui habite en banlieue parisienne. Il sait seulement que ceux qui gravitent autour du jeune homme trempent dans des « affaires pas claires ». Certains d?entre eux ont été arrêtés par le passé pour de menus larcins, mais également pour trafic de stupéfiants. Sada Curpen, laisse-t-il entendre, prendrait part à des activités répréhensibles.

« Pour quelqu?un qui ne travaille pas, il voyage beaucoup ! », constate Tony, agent de l?Union pour un mouvement populaire dans le 9e arrondissement de Paris. Si Sada Curpen fait souvent le déplacement à Maurice, ce serait pour gérer ses affaires. Car le jeune homme, sans emploi en France, possède un salon de coiffure dans le centre de Port-Louis. Ses affaires marcheraient si bien qu?elles lui permettent de subvenir à ses besoins dans la capitale française, se plaît-il à expliquer. Ce qui laisse sceptiques tous ceux qui le côtoient.

Fêtard, le jeune homme est également une figure incontournable des soirées mauriciennes organisées dans la capitale française. C?est justement dans l?une d?elles qu?il croise l?Attorney General, Rama Valayden, avec qui il échange quelques mots. « Rama se fait toujours un devoir de rencontrer la communauté mauricienne quand il est de passage à Paris. Ils ont pu se croiser, rien de plus », fait ressortir Roby, un Mauricien installé dans le 9e arrondissement.

« Tout ce qu?on raconte est totalement faux »</B>

Et d?ajouter : « Sada est un petit frimeur. Ce qu?il aime par-dessus tout, c?est être pris en photo avec des personnalités. » Une allusion à une photo que le jeune homme se plaît à montrer, où il est en compagnie du chanteur Johnny Hallyday.

Pour Ramen, le grand frère de Sada Curpen, tout ce qui se raconte sur son frangin est « totalement faux ». Sada, il en est convaincu, est victime d?un « coup monté ». Son frère, concède-t-il, a certes fait des erreurs dans le passé, mais il ne serait pas mêlé à ce trafic. « Il a déjà eu des ennuis avec la police. Ce serait idiot de sa part de prendre ce risque à nouveau », explique Ramen. Persuadé de l?innocence de son frère, il a fait le voyage à Maurice pour lui apporter son soutien.

<B>Cindy Legallant enfonce le clou</B>

Sada Curpen serait bien le commanditaire des comprimés de Subutex en provenance de France. C?est en tout cas ce qu?a réaffirmé Cindy Legallant jeudi lors d?une confrontation aux Casernes centrales. Arrêtée peu après sa descente d?avion le 23 juillet dernier, cette Mauricienne établie en France, a expliqué avoir été approchée par Sada Curpen à Paris pour faire la mule. Celui-ci lui aurait proposé la somme de Rs 1,5 million pour ce « travail ».

Des accusations qu?a rejetées, une fois de plus, le cerveau présumé qui estime avoir été injustement mis en cause dans cette affaire. L?enquête, menée par le Central Criminal Investigation Department (CCID), s?oriente désormais sur les contacts téléphoniques qu?auraient eus les deux suspects. Ces relevés, expliquent les enquêteurs, leur permettront de corroborer les dires des uns et des autres.

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