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La vie bien rempliede Cosilah Boolell
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La vie bien rempliede Cosilah Boolell
Le clan Boolell pleure, en ce début de décembre 1980, le décès de Cosilah Boolell, la mère de Sir Satcam et la grand-mère de plusieurs futurs députés. Elle s?éteint, à l?âge de 85 ans, dans la soirée du jeudi 4 décembre, dans la maison de la rue Bancilhon, Port-Louis, où elle passe sa dernière décennie parmi nous.
On la savait gravement souffrante depuis longtemps. Jusqu?au bout, toutefois, elle lutte avec opiniâtreté pour résister à la camarde. Elle n?a jamais reculé devant aucune lutte et sa vie est un militantisme incessant au sein de la branche féminine de l?Arya Samaj. Elle n?a pas son pareil pour promouvoir les valeurs de l?hindouisme et les mettre à la portée de tous. Son dévouement aux oeuvres sociales ne connaît aucune limite. Le Gayasing Ashram doit beaucoup à ses généreuses initiatives, à sa bonté d?âme, à son dévouement inlassable pour les pauvres. La Cité de Port-Louis lui remet sa médaille d?honneur en témoignage de gratitude.
Cosilah Choony voit le jour à New Grove, le 23 novembre 1895. La vie n?est pas facile, dans ce village du Sud. Cela ne l?empêche pas de profiter pleinement de l?atmosphère à la fois laborieuse et priante d?une famille qui lutte pour joindre les deux bouts tout en demeurant fidèle aux préceptes moraux et religieux. Elle participe aux tout premiers pèlerinages à Grand-Bassin, à une époque où les dévots doivent se frayer un passage à travers les interminables forêts cernant le lac sacré, en empruntant des sentiers non entretenus, tortueux, glissants, encombrés d?arbres et de branches abattus, une époque où il ne leur faut attendre aucun secours du gouvernement colonial ni des locataires des terrains de chasse. Pas de temple ni de tente pour accueillir les pèlerins, leur permettre de faire leurs dévotions, de se reposer à l?abri des intempéries et de retrouver la force avant d?entreprendre le chemin du retour.
Après son mariage avec M. Sahadeewoo Boolell, elle vient habiter au Port-Louis. Son époux est décédé en 1940, la laissant seule pour élever ses six enfants. Ses trois fils se prénomment Satcam, Boomitra et Devrishi. Ses filles épouseront respectivement M. Somdath Bhuckory, le père de Sanjay, avocat et président du conseil d?administration d?Air Mauritius, M. Gayan (le père d?Anil) et M. Matabadal. Ils lui donneront 36 petits-enfants. Elle aura aussi la joie de connaître 11 arrière-petits-enfants.
A travers le témoignage de sa vie et de ses innombrables activités socio-religieuses mais aussi par ses exhortations pertinentes et opportunes, elle sait inculquer à ses descendants les valeurs devant leur permettre de devenir des citoyens exemplaires, tout en restant inébranlablement attachés à leurs valeurs ancestrales.
A la rue Bancilhon, les personnalités se succèdent dès que se répand la nouvelle de son décès. Tous, en commençant par Sir Seewoosagur Ramgoolam, des ministres, des députés, des diplomates, des hauts fonctionnaires, des avocats, des religieux, des travailleurs sociaux, tiennent à lui rendre un ultime hommage.
L?incinération à lieu à la Vallée des Prêtres, selon les rites védiques. Tous ceux qui sont venus la saluer une dernière fois à la rue Bancilhon l?accompagnent dans son dernier voyage sur cette terre. La présence de Sir Harold Walter, de Paul Bérenger et d?Harish Boodhoo ne passe pas inaperçue.
Mme Cosilah a été de tous les combats du XXe siècle contre la misère, sous ses pires formes dont l?illettrisme, l?exclusion, la marginalisation. Elle disparaît au moment où apparaît un nouveau fléau social, à savoir la clochardisation. Son ampleur est suffisamment importante pour que José Allet, l?animateur connu et apprécié du Service volontaire international (SVI) et de la Caravane de l?amitié, lui consacre une étude sociologique. Le clochard, par définition, n?a plus de domicile fixe. Il couche çà et là, où il peut, où il est plus au moins toléré. José Allet entreprend des études sociales à l?université de Maurice. Il leur consacre une bonne partie de son temps libre. De septembre 1979 à avril 1980, il mène son enquête parmi ces Mauriciens errants. Elle coïncide avec le passage des cyclones Claudette et Hyacinthe qui accroissent encore la précarité des clochards. Des jeunes acceptent de participer à l?enquête. Quelque 121 contacts sont établis, dont 64 au Port Louis, 39 aux Plaines Wilhems, 5 dans le Nord, 7 à l?Est et 6 dans le Sud.
Les clochards butent principalement sur le problème de communication. Ils ne se confient guère à des inconnus. La confiance établie, ils peuvent devenir trop bavards. Précédemment, le club Jeunesse indépendante et l?IDP, notamment en août 1977, se sont intéressés au sort des clochards. Henri Souchon, curé de l?Immaculée Conception, met une salle de l?école de la Montagne à la disposition de ceux qui veulent aider les clochards. Elle devient le Centre Pas zis pou nous, le 23 mai 1978. Elle est prévue pour six clochards et quatre volontaires. Il y a des soirs où elle doit accueillir jusqu?à une vingtaine d?entre eux.
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