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La victoire du porteur d?eau
Ça sent déjà Paris et, franchement, on ne va pas se plaindre tellement ce Tour de France 2005 aura été lassant.
Deux semaines après s?être élancé de Fromentine, le peloton abordera en effet aujourd?hui, ses deux ultimes difficultés, le col de Marie-Blanque et surtout celui de l?Aubisque, un hors-catégorie où se sont écrites quelques-unes des plus belles pages de l?histoire du cyclisme contemporain.
Mais, autant le dire tout de suite, il ne devrait pas s?y passer grand-chose cette fois. D?abord, et c?est une évidence, parce que l?homme à battre, Lance Armstrong, n?est pas du genre à se laisser piéger si près du but.
Ensuite, et c?est bien là le principal désarroi de ceux qui aiment le cyclisme, parce que ses adversaires n?ont ni le talent, ni la force, et encore moins le courage et le panache nécessaires pour placer une banderille à même de secouer l?orgueil et la dignité du maître.
Il faut être réaliste. Le Tour 2005 est déjà couru. Les seuls qui, avant l?entame des étapes pyrénéennes, paraissaient encore capables d?offrir un semblant de résitastance à Armstrong, ont déjà concédé la défaite.
L?Italien Ivan Basso, qu?on présente volontiers comme l?héritier de l?Américain, se satisfait d?en être cette fois le dauphin. Le Danois Cristian Rasmussen, maillot à pois et troisième malgré lui, n?espérait certainement pas être sur le podium. De là à lui demander d?attaquer Armstrong, il y a un pas qu?on n?oserait franchir. Quant à l?Allemand Jan Ullrich, trait d?union entre Miguel Indurain et Lance Armstrong pour avoir remporté le Tour 1997, c?est un éléphant blanc de la Grande Boucle, un produit surévalué, un éternel suiveur qui devient rouge comme une tomate et concède de précieuses secondes au grand chef dès que la route s?élève. Quatrième à six minutes du grand Lance, Ullrich est à sa place.
Si le Tour 2005 se résume à un one-man show bien ennuyeux, heureusement encore que certaines étapes nous offrent quelques rares moments d?émotion. C?est ainsi que les plus fidèles suiveurs du Tour se sont réjouis, dimanche, de voir triompher, par-delà les six cols qui séparaient Lézat du Soulan, un certain George Hincapie, fidèle porteur d?eau et grégario de Lance Armstrong.
D?abord, de mémoire, c?est la première fois qu?un sprinter ? devenu il est vrai rouleur par la force des choses ? s?impose en haute montagne. Ensuite, ce n?est pas tous les jours que le cyclisme récompense un travailleur de l?ombre. Alors, savourons.
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