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La victoire de Sandra O?Reilly

24 juillet 2004, 20:00

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Les mains jointes, Sandra O?Reilly ferme les yeux pendant un instant en entendant le jugement rendu par les magistrats, Benjamin Marie-Joseph et Renuka Dabee à la cour n° 10, vendredi. Ses quatre violeurs écopent de la peine maximale, soit huit ans de prison. Une peine additionnelle de cinq ans est infligée à Ravi Aubeeluck, reconnu coupable de sodomie.

Le magistrat Benjamin Marie Joseph qualifie le viol de Sandra O?Reilly de crime horrible. « Zot ine profit enn madam san defans. Lakour konsider lefe sa viol-là lor la viktim et li pense bisin ena sentans maximal pou servi ene warning et pou protez bann fam de Maurice », dit-il pour justifier la sentence. Ils ont bien de la chance que le Sexual Offence Act ait été voté le 12 août 2003. Cette loi prévoit une peine allant de huit à 20 ans de prison pour des viols commis en réunion. Mais dans le cas de Sandra O?Reilly, elle ne peut être appliquée car le crime est antérieur à ce texte de loi.

Pas un son ne s?échappe des bancs où s?alignent, serrés comme des sardines, les proches des agresseurs. À droite, les coupables se trouvent dans un box en verre. Les yeux baissés, Nicolas Potage croise et décroise les bras, mal à l?aise. Louis-France Joson est impassible. Ravi Aubeeluck, lui, lève les yeux de temps à autre pour regarder en direction des magistrats. Vikram Jagai, le plus jeune de la bande, a le dos voûté, comme écrasé par le poids de la sentence.

« Monn fer de zan remand », balbutie Nicolas Potage à l?un des magistrats. Ce dernier répond : « Nou finn fini rann zizman. Remand li pa prison sa. » Ravi Aubeeluck intervient à son tour. « Ou fin don mwa 13 zan prison. Mo remercie ou », lance-t-il d?un ton railleur. Les condamnés sortent un à un, menottés. Ravi Aubeeluck s?assoit un instant aux côtés de sa mère et de son épouse. Il leur esquisse un sourire avant d?être escorté hors de la salle.

C?est une Sandra O?Reilly aux traits tirés mais « soulagée » qui répond ensuite aux questions des journalistes. « Je crie victoire. C?est un jugement juste et honnête. Mais je regrette qu?un seul des violeurs ait été reconnu coupable de sodomie? L?affaire Sandra O?Reilly est classée. Mais je ne pourrai tourner la page, je vais devoir vivre avec cette histoire. » Elle souhaite qu?ils réalisent la gravité de leur acte. Son frère Alain se dit également satisfait. « Je pense qu?avec le temps et le soutien de la famille, Sandra pourra surmonter ce traumatisme. »

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