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La tendre demoiselle au goût de jazz?
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La tendre demoiselle au goût de jazz?
Sa voix parcourt la salle. Roulant sur les hauts et les bas des notes, frôlant les parois des c?urs et des pulsions jazzy. Marie-Luce Faron a séduit lors de ce concert de mercredi au théâtre François Mitterrand. Comme une demoiselle fragmentant les particules du blues et du jazz. Comme une artiste complète, soutenue par le tempo déchaîné de l?Ernest Wiéhé Ten Pieces Jazz Ensemble. Nous y étions. Pris par la gorge dans ce tourbillon magique. Comprimés dans nos coquilles face à ce spectacle désarmant, déroutant, entraînant.
Le discret ?bonsoir? qu?elle prononce à son entrée en dit déjà long. Ce soir, Marie-Luce Faron semble quelque peu ?ailleurs?. Serait-ce la pression ? L?on se pose la question. De son regard, elle balaie longuement le public qui la domine au premier balcon. Même si c?est la hauteur qui les sépare, ce sont les tréfonds de son timbre de voix grave, lent et mélancolique qui réunissent les esprits.
Et derrière cette corde vocale, se cache un enchevêtrement de sons de piano, de guitare, de trompette et de saxophone. Quand c?est la basse qui parle pour Kersley Pytambar, les instruments alentours se taisent. Un silence presque tangible s?agrippe à nos sens de mélomane.
Le moment dure quelques instants, et soudainement, c?est tout l?orchestre qui pénètre dans le jeu de la basse. Se contorsionnant sur les notes de la trompette nostalgique de Philippe Thomas qui se perd dans l?univers de Marie-Luce Faron.
Alors, le souffle court, le visage ravagé par les émotions, Ernest Wiéhé au saxophone, interrompt la tumultueuse mélodie pour se délecter un court instant de monologue instrumental. Les regards se croisent sur scène. Marie-Luce Faron et Ernest Wiéhé plongent dans une solitude soutenue.
C?est en saccade qu?ils égrènent les chansons. Our love is here to stay de George Gershwin, entre autres. Un répertoire de chansons bouleversant. L?amour, toujours, titillant les passionnés de jazz et sonnant si bien dans la voix de Marie-Luce.
L?émotion virevolte. Celle qui semblait quelque peu perdue dans ses réflexions au début revient à la réalité. Aussi surprenant que cela puisse paraître, celle qui a découvert le jazz il n?y a que dix ans, semble avoir atteint un niveau vocal surprenant.
L?adolescente Marie-Luce Faron qui a débuté sur les planches de l?hôtel PLM Azur, à l?âge de 17 ans, possède dorénavant plus de poigne. Lorsqu?elle est sur scène, elle semble prendre en otage son public.
D?où sort-elle tant de passion ? D?où vient cette candeur féminine qu?elle transmet en parlant de l?amour ? Le c?ur et la voix se tiennent par la main. Cette jeune chanteuse se berce généralement de grands, tels Diane Reeves, Diane Krall ou encore George Benson.
Cette soirée d?une heure et demi a rassemblé plusieurs amateurs de musique. Certains, comme Mireille Martin, venus pour se détendre, d?autres pour l?amour du jazz?n?blues tout simplement. Nous étions venus pour entrevoir ce moment particulier de cette chanteuse qui gravit les échelons, nous sommes repartis le c?ur trop lourd de souvenirs. Avec en tête, l?image de Marie-Luce Faron, la tendre damoiselle au goût de jazz?
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