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La tempête Gula intimidée par La Nina

29 janvier 2008, 00:00

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Septième sur la liste des tempêtes prévues pour la saison 2007-2008, Gula, qui pourrait nous affecter directement d?ici mercredi, ne serait pas de la trempe des Carol et autres Gervaise. Hier encore, le directeur des services météorologiques, Suresh Boodhoo la rangeait dans la catégorie des «tempêtes modérées». Et, malgré sa légère intensification, a hésité avant de la classer comme forte tempête. En effet, influencée par le phénomène La Nina, Gula a tardé à s?affirmer.

Gula apporterait certes vents et orages, une dégradation ostensible du temps ? les sorties en haute mer sont déconseillées ? et des pluies qu?on ne refusera pas. De même, grâce à Gula, la fréquence moyenne des cyclones par saison (une dizaine de systèmes nommés) est en passe d?être atteinte. Mais, comme en témoigne la dernière venue, ces formations n?ont pas gagné en intensité de façon spectaculaire comme leurs comparses de l?hémisphère nord. C?est plutôt la tendance inverse qui s?est observée. Des Ariel, Bongwe, Celina, Dama, Elnus, qui ont précédé Gula, seules deux ont été classées comme fortes tempêtes.

L?explication serait toujours à chercher du côté du changement climatique. Mais une explication différente de ce qui se passe ailleurs, notamment parce qu?«on ne peut comparer notre bassin océanique avec celui de l?Atlantique». L?intrus - ou l?intruse - fait l?actualité depuis quelques mois. Il s?agit du phénomène La Nina. Manifestation la plus claire : des eaux plus froides qu?à la normale. «La mer n?est pas assez chaude», indique le météorologue.

En effet, sur le plan global, les conditions d?une phase froide (La Nina) se développent depuis deux mois sur l?océan Indien. Cela n?est pas sans conséquences. «On note une diminution de la convergence ? mouvements d?air à l?origine de la précipitation et des formations cycloniques. Ce qui participe notamment à l?appauvrissement de la pluviosité et à l?affaiblissement des systèmes de façon générale», dit un chercheur.

Il ne faut donc guère s?étonner de voir arriver un cyclone qui n?a pas tout à fait la grande forme?Cependant, il faut se garder d?être univoque. Aux services météorologiques déjà, on n?exclut pas que des formations intenses viennent nous affecter cette année : «Le phénomène La Nina est global. Et sa périodicité même n?est pas très définie : cela peut durer de deux à cinq ans, voire sept ans. Mais rien n?empêche que des conditions soient réunies localement.»

Autrement dit, au pays de la météo, La Nina vient jouer au trouble-fête, mais le changement climatique ne dicte pas imperturbablement la pluie et le beau temps.

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