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La technologie au service des langues africaines
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La technologie au service des langues africaines
Le sommet de la Southern African Development Community (SADC) ne sera pas seulement l?opportunité pour les chefs d?Etat de la région de peaufiner leurs politiques. Les académiques, et notamment les membres de la l?Association linguistique des universités de la SADC (ALUS), profiteront de l?occasion pour organiser un séminaire international qui s?intitulera ?Langues et technologies : Perspectives pour les langues de l?Afrique du sud et de l?est?. Cette manifestation, organisée conjointement par l?université de Maurice (UM) et le Consortium du Mississippi pour le Développement international, se tiendra à partir de demain.
Le président de l?ALUS n?est autre que le pro vice-chancelier responsable de la recherche à l?UM, le Professeur Vinesh Hookoomsing. ?Le séminaire fera le point sur la situation des langues africaines dans le contexte mondial actuel des nouvelles technologies de l?information. J?espère aussi qu?il en résultera la création de ressources documentaires sur les langues africaines par nos instituts de recherches?, souhaite le Professeur Hookoomsing. Il présidera la séance spéciale intitulée, ?La Technologie d?Information pour la maintenance et la promotion des langues africaines : Les propositions pour un plan de recherche et d?action qui sera soumis à la SADC?, et veillera également au bon déroulement de l?événement.
Le séminaire sera réservé à la communauté universitaire, aux centres culturels et aux chercheurs. Toutefois, le Professeur Hookoomsing espère que les retombées toucheront le grand public. ?Nous discuterons du rôle de la technologie tant dans la description et l?étude des langues que dans l?enseignement.?
?C?est la première fois qu?une conférence sur les langues africaines est organisée à Maurice. Nous sommes familiers avec les langues européennes et asiatiques mais nous ne connaissons pas grand-chose des langues du continent dont nous faisons partie. Ce sera une manière de sensibiliser la société mauricienne à la réalité des langues africaines?, explique-t-il.
La pléiade de conférenciers inclura non seulement des universitaires de la région de la SADC mais aussi ceux d?institutions européennes et nord-américaines, à l?instar de Karsten Legere de l?Université de Göteborg en Suède, et Robert Cummings d?Howard University aux Etats-Unis. Le premier nommé est, selon le Professeur Hookoomsing, ?très actif sur le continent?, alors que Robert Cummings est le directeur des Etudes africaines dans la plus ancienne université afro-américaine des Etats-Unis. La présence de chercheurs internationaux prouve, d?après le président de l?ALUS ?qu?il n?y a pas que l?Afrique qui s?intéresse aux langues africaines?.
La participation du Professeur J. Kiango, directeur de l?Institut pour la recherche du Kiswahili à Dar es-Salaam, est aussi soulignée. Cet érudit partagera ses connaissances sur ?La contribution historique de la Tanzanie dans la récognition et la promotion du swahili?.
Le séminaire se penchera particulièrement sur le swahili, seule langue africaine des quatre langues officielles de l?Union africaine, les trois autres étant l?anglais, le français et l?arabe. Le swahili est la langue la plus répandue en Afrique.
Intervention d?une Mauricienne
Autre participation à signaler, celle de la Mauricienne Fabiola Henri. Après une licence à l?UM, cette jeune femme étudie actuellement en France en vue d?obtenir une maîtrise des langues. Elle représentera l?Université de Paris-III à propos du traitement automatique des langues, notamment le créole mauricien. Sa causerie s?intitulera ?Développer et implémenter une grammaire formelle du créole mauricien?.
En organisant ce séminaire ?dans le voisinage du sommet de la SADC?, l?ALUS espère sensibiliser la région à l?importance de l?aspect langues et cultures dans le développement. ?Les priorités de la SADC sont le commerce et le développement économique, mais un développement durable n?est possible que si les diversités culturelles et linguistiques sont respectées?, met en garde le Professeur Hookoomsing.
Il est très optimiste quant au positionnement de l?UM, et cela malgré les difficultés financières de beaucoup d?institutions africaines. ?Nous sommes actifs sur plusieurs fronts, telle l?Association des universités africaines. Nous avons une bonne réputation et, dans plusieurs domaines, avons des choses à apprendre au continent?, conclut-t-il.
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