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La tante de Ritesh Bheemul raconte son interrogatoire

20 janvier 2006, 20:00

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Huit jours après l?égorgement de Ritesh Bheemul, ses proches sont toujours dans le flou. En sus de s?interroger sur les circonstances de sa mort, ils se demandent encore pourquoi sa tante par alliance, Dirmantee Ramsurn, a été soupçonnée d?avoir entretenu une liaison avec lui. Revenant sur son interrogatoire, celle-ci explique qu?on a voulu lui faire avouer ce qui n?est qu?un mensonge. Les enquêteurs auraient usé, ce jour-là, d?insultes et de gifles.

Dirmantee, 35 ans, est la belle-s?ur de Lalita, la mère de Ritesh. Elle se dit profondément blessée de ce dont l?ont accusée les enquêteurs. Des larmes affluant sous ses paupières, elle raconte que «kan monn marie e ki mo?nn vinn res isi, Ritesh ti ena 15 an. Ena enn relasyon respe ant nou. Li ti kriye moi Mamie. Li ti pas so letan ar mo de garson, Suraj ek Akash».

Elle relate une fois de plus sa version des faits de la nuit du drame et précise que si elle a mis un peu d?eau, avec le tuyau d?arrosage, sur le sang laissé par Ritesh, c?était pour que l?hémoglobine n?attire pas de mouches. Et, précise-t-elle, ce n?est pas elle qui a trouvé le couteau ensanglanté mais un cousin qui marchait en sa compagnie dans la cour.

Croyant que Ritesh s?était blessé en tombant après boire, «li abitie tonbe», elle n?a pas fait le rapprochement entre la nature de ses blessures et l?objet tranchant. «Monn panse enn lisien inn amenn sa kouto la dan lakour. Monn trap li la, dan bout, ek monn pas li sou dilo robine avan poz li lor enn blok siman akote.»

Quelques heures après la découverte du cadavre de Ritesh, ce jour-là, elle a été interrogée. «Enn madam gard inn vinn dir moi vini pou pran enn detayman ar moi. Zot amenn moi Trou-aux-Biches. Avan mem ki mo desann de loto, enn misie zour moi bann zoure ki mo pa oze repet ou», dit-elle en rougissant.

Sur notre insistance, elle laisse entendre qu?il y est beaucoup question de sa mère. «Li dir moi : boukou fam p?. kouma ou nounn trouve ! Mo persiste dan mo version e enn polisie dir : donn li enn kalot ler la li pou dir. Enn madam polisie bat moi enn kalot. Kare, kare, zot dir moi monn gard mo neve. Mo dir zot ki sa fos e mo gaign enn lot kalot. Zot akiz mo misie kinn fer sa et zot ris mo seve par deryer. Mo plore. Mo dir zot kan mem zot bat moi, mo pou dir zot mem zafer parski se laverite.»

L?interrogatoire dure plus d?une heure, affirme Dirmantee. Elle est ensuite emmenée aux Casernes centrales pour être examinée par un médecin légiste, puis au Forensic Science Laboratory de Réduit pour divers prélèvements. Elle est ramenée chez elle vers 18 heures. Peu après, son mari devait l?emmener au poste de la localité où elle porte plainte pour brutalités policières.

«Se enn blesir ki dan moi»

Ces événements, dit-elle, l?ont bouleversée. «Zot finn zet blam lor moi. Mo ti kapav perdi mo plas travail (NdlR : elle est femme de ménage dans une école maternelle) me erezman mo patron la kone mo pa koumsa. Ler mo marse lor simin, mo santi moi enn lot. Mo dekouraze me mo pa onte parski mo pa finn fer narien. Se enn blesir ki andan moi. Mo rod pou blie me li inpe dir blie sa.»

Lalita Bheemul, mère de la victime, et s?ur d?Indraj, le mari de Dirmantee, se dit également horrifiée que les enquêteurs aient pensé que Dirmantee a eu une liaison avec son fils. «Li manti sa. Li get Ritesh kouma so garson.» Assise sous sa véranda, cette quinquagénaire fixe le vide d?un regard éteint. Depuis la disparition de son fils aîné, elle n?a plus la force de travailler, de s?alimenter et même de parler. D?ailleurs, nos questions mettent du temps à faire leur chemin dans sa tête. Ses réponses, à peine audibles, semblent venir de très loin.

Ayant dormi chez sa fille à Solitude le soir du drame, Lalita ignore quels étranges événements se sont produits dans sa cour. «Bondie tousel kone kinn arive», dit-elle, le c?ur lourd. Elle sait seulement que son fils était «enn bon garson», sérieux dans son travail.

Il était porté sur la bouteille

Son unique défaut, explique-t-elle, était d?être porté sur la bouteille depuis la mort de son père, voilà quatre ans. Lalita insistait pour l?emmener voir un médecin, surtout quand, sous influence de l?alcool, il répétait «mo pou mor sa lane la». Mais il s?y refusait toujours. Tout comme il refusait que sa mère lui trouve une épouse.

L?enquête sur la mort de Ritesh Bheemul avait été confiée à la Criminal Investigation Division du Nord et la Major Crime Investigation Team mais maintenant que cette dernière a été dessaisie de l?affaire, elle ne repose plus qu?entre les mains de la police criminelle du Nord. Elle devrait être bouclée d?ici mardi. En l?absence de piste menant vers un ou plusieurs agresseurs présumés, le surintendant Satyadev Bohyroo, qui dirige l?enquête, et ses hommes, privilégient la thèse du suicide.

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