Publicité
La ?tant vakoa? pour préserver l?environnement
Par
Partager cet article
La ?tant vakoa? pour préserver l?environnement
C?est une plaie pour l?environnement. Chaque semaine, presque trois millions de sacs en plastique sont distribués gratuitement aux caisses des supermarchés et chez divers marchands à Maurice. Une bonne partie se retrouve dans la nature, indestructible pour des siècles. Il est opportun de tenir compte des facultés limitées de la terre à absorber les déchets. Un sac en plastique met entre 100 et 400 ans pour disparaître complètement. Ce qui représente une source considérable de pollution de l?eau et de la terre. Un bien triste constat quand on sillonne le littoral mauricien.
Et, si nous adoptions à nouveau notre traditionnelle tant vakoa, complètement biodégradable comme panier à provision dans un ultime geste pour l?environnement ? Le Pandanus Utilis, nom scientifique du vacoas, est en marge de devenir une espèce végétale en voie de disparition. Cette plante, laissée à l?abandon depuis 20 ans, est déjà menacée par une mauvaise gestion de sa culture et de sa production. Les feuilles sont affectées par la maladie.
Eric Mangar, responsable du Mouvement pour l?autosuffisance alimentaire (MAA), une organisation agricole de l?île Maurice qui existe depuis 1981, tire la sonnette d?alarme. ?Le concept de tant bazar a disparu et la plante va subir le même sort. Les artisans n?ont pas beaucoup de poids dans l?île Maurice d?aujourd?hui. Ils sont eux aussi une véritable espèce en voie d?extinction. Le petit nombre qui résiste encore et qui fabrique quelques tant est dans une situation très marginalisée n?ayant aucun soutien des autorités concernées. Les produits de tissage, de vannerie et de l?artisanat en général sur nos marchés sont majoritairement importés.?
Les traditions et le patrimoine ne doivent pas pâtir de l?industrialisation. Il est un fait historique qu?au tout début du 19e siècle déjà, les feuilles de Pandanus étaient utilisées pour ensacher le sucre au Vieux-Grand-Port. Pendant très longtemps, un bon nombre de produits ont été fabriqués à l?aide de cette matière première. Le tissage de ces paniers en Pandanus était effectué dans de nombreuses maisons des régions rurales où la plante était cultivée.
Une étude faite avec le soutien de l?United Nation Development Program (UNDP) conjointement avec le MAA et l?Association des Consommateurs de l?île Maurice a donné naissance à un projet comportant trois volets. Outre la conscientisation du consommateur mauricien à délaisser le sac en plastique au profit de ceux en vakoa, un projet de recherche pour une meilleure production de feuilles de Pandanus de qualité et une amélioration des aspects socioéconomiques des tisseurs de la région du Sud-Est se révèlent indispensables.
L?Association des artisans et planteurs de Pandanus du Sud-Est, avec à la présidence Jean-Pierre Marius, ?uvre en ce sens. Son projet actuel vise à sensibiliser les femmes à s?engager et à protéger l?environnement en adoptant un mode de vie et des pratiques de consommation favorables au développement durable.
Publicité
Publicité
Les plus récents