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?La télévision par Internet chez vous avant fin 2004?
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?La télévision par Internet chez vous avant fin 2004?
<B>Comment Mauritius Telecom (MT) s?adapte-t-elle à la libéralisation effective des télécommunications ?</B>
Lorsque nous étions en situation de monopole, nous fournissions un service public de qualité dans cha-que recoin du pays, à Rodrigues et dans d?autres îles. Malgré l?arrivée des compétiteurs, nous devons toujours fournir ces services. Les nouveaux opérateurs n?ont pas ces responsabilités et peuvent offrir des tarifs différents.
<B>Vos responsabilités sont-elles des contraintes ? </B>
Non, c?est une responsabilité historique. L?Etat a toujours exigé que notre service soit abordable. Dans le passé, l?international était plus cher car il subventionnait l?appel local. La libéralisation nous oblige à pratiquer des tarifs aux coûts réels. Avec la concurrence, les tarifs de l?international ont fortement baissé alors que le national est toujours en deçà du vrai coût. L?Internet est subventionné à hauteur de Rs 60 millions par an. Nos concurrents n?ont pas ces obligations. Mahanagar Tele-phone Nigam Ltd (MTNL), qui vient d?obtenir ses licences, ne couvrira que 50 % de l?île d?ici sept ans. L?Information & Communication Technologies Authority (ICTA), devrait considérer les responsabilités sociales de MT.
<B>Que devrait faire l?ICTA selon vous ? </B>
On parle souvent de level-playing field alors que ce n?est pas le cas. Le jeu est biased en notre défaveur. Nous voulons une discrimination positive et pas asymétrique.
<B>Avez-vous le sentiment que le régulateur ne protège pas assez MT ? </B>
Nous ne disons pas qu?il doit nous protéger mais il doit tenir compte du fait que nous assumons des responsabilités que les autres opérateurs n?ont pas. L?équipe de l?ICTA est toute nouvelle. Comme tout nouveau venu, elle a des problèmes de dentition.
<B>D?accord mais la libéralisation ne pouvait se faire qu?au détriment de MT?</B>
Libéralisation veut dire concurrence. Concurrence veut dire nouveaux opérateurs qui grignoteront notre part de marché puisque nous avions le monopole. Ce fait est accepté par MT qui s?y prépare. C?est pour compenser cette perte de revenus que nous explorons d?autres marchés de la région.
<B>Le segment le plus profitable de votre business, la téléphonie internationale, est aujourd?hui envahi par de nouveaux opérateurs?</B>
Paradoxalement, notre trafic a augmenté ces deux derniers mois : l?arrivée de la concurrence stimule le marché. De par la qualité de notre service et de notre service clientèle, nous tentons de conserver la plus grande part de marché possible.
<B>Le Mauricien moyen est davantage soucieux de son portefeuille que de la qualité?</B>
Je ne nie pas qu?il n?y a pas de marché pour ceux qui veulent parler plus longtemps mais moins cher à qualité moindre. Selon moi, l?argument qualité est très fort. Nous devons offrir au client ce qu?il recherche.
<B>Vous évoquez la qualité mais vous avez soumis des tarifs pour un service de téléphonie par Internet à bas tarif auprès de l?ICTA. Où en sont les choses ? </B>
Nous attendons encore de recevoir l?accord de cette instance. Les tarifs proposés ne sont toutefois pas les moins chers à Maurice. Nous ne voyons pas où se situe le problème.
<B>La concurrence ne vous affecte donc pas pour l?instant ? </B>
Non, mais si ça nous fait du tort c?est toute l?île Maurice qui en pâtit. C?est pourquoi le régulateur et l?Etat doivent tenir compte des responsabilités et du service que fournit MT
<B>Est-ce le cas aujourd?hui ? </B>
Nous avons le sentiment que nous sommes un peu négligés en ce moment.
<B>Certains opérateurs réclament un encadrement des prix de MT pour entrer sur le marché. Est-ce acceptable ? </B>
C?est tout simplement anticonstitutionnel. Toute discrimination est illégale. Je ne suis pas opposé à ce que l?on donne un avantage à un nouveau venu. Mais ne nous demandez pas de bloquer nos tarifs en laissant faire les autres.
<B>La libéralisation a-t-elle d?autres conséquences pratiques?</B>
Elle nous amène à repenser certaines choses. Les gens devront prendre soin de leur téléphone à leurs frais. La responsabilité de sa réparation leur incombera. Nous ne pourrons payer la réparation d?un téléphone qui dessert un autre opérateur.
<B>L?ICTA avait avalisé cette demande de MT l?an dernier. </B>
Oui. Maintenant nous mettons tout cela en application. Ce sera chose faite dans quelques mois. Notre responsabilité s?arrêtera alors à la première prise. Cela a ses bons côtés. Des petits ateliers de réparation de téléphones pourront voir le jour grâce à cette mesure.
<B>Pour la première fois, une autre compagnie, MTNL, viendra concurrencer MT à tous niveaux : local, international, transmission de données et mobile. Votre réaction ? </B>
Ce sera certainement un concurrent sérieux. Si le gouvernement et MTNL pensent qu?il y a de la place pour eux, alors nous nous en réjouissons. Nous espérons pouvoir maintenir le service qui nous est réclamé et assumer notre responsabilité sociale qui est de fournir le téléphone dans les endroits les plus reculés.
<B>Prévoyez-vous de nouveaux services ? </B>
Nous continuerons à mettre en place de nouveaux services adaptés aux besoins du client. Nous constatons un intérêt accru pour la téléphonie par Internet. La télévision par ADSL (Internet rapide) et la vidéo à la demande, services qui consistent à offrir la télévision par le Net sont annoncés pour cette année. Ainsi l?utilisateur pourra suivre des matchs de football en direct. Il pourra effectuer une pause lorsqu?il en aura envie pour redémarrer son visionnage en léger différé. La vidéo à la demande consiste à offrir des films ou des émissions à la demande contre paiement. Pour ces services, les tests débuteront dans quelques semaines.
<B>Maurice sera une pionnière en la matière ? </B>
De par sa situation géographique et grâce à ses infrastructures et sa zone horaire favorable, Maurice pourrait devenir un hub des télécommunications entre l?Afrique et l?Europe. En raison de la fiabilité de notre câble, nous pourrions également abriter des serveurs sur notre sol. En ce qui concerne la vidéo à la demande et la télévision par ADSL, les pays africains pourraient se fournir chez nous. Nous ?uvrerons dans ce sens.
<B>Et dans l?immédiat qu?y a-t-il de prévu ? </B>
MT travaille sur un service SMS sur téléphone fixe. Il permettra l?affichage du nom de celui qui appelle sur l?écran de votre téléphone fixe. Sur le mobile seul le numéro est affiché. Ce nouveau service sera disponible cette année.
<B>MT évoque depuis longtemps déjà le développement régional. Concrètement, il n?y a pas grand-chose?</B>
Nous tenterons de récupérer les revenus que nous perdrons à Maurice en offrant nos services ailleurs. Nous sommes en négociations avec le Kenya, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, la Tanzanie et la Zambie.
<B>Le frein à cette expansion était votre partenaire France Telecom. A-t-elle changé d?avis ? </B>
Oui, différentes raisons expliquaient les réticences de France Telecom qui détient 40 % de l?actionnariat de MT. Sa situation financière ne se prêtait pas à cela. Maintenant, elle n?a plus les mêmes contraintes.
<B>Les problèmes entre les partenaires sont-ils résolus ? </B>
Il y aura toujours des différences, mais nous travaillons ensemble au bénéfice des Mauriciens. Nous pouvons nous prévaloir de l?expérience que France Telecom a acquise ailleurs et l?adapter à nos besoins.
Propos recueillis par Patrick HILBERT
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