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La STC en porte-à-faux

21 novembre 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Par Raj MEETARBHAN</B>

Le consommateur aura tort de se réjouir trop tôt du passage annoncé d?une loi en faveur de la concurrence, le «Competition Bill». Il reste à voir si cette loi aura des effets concrets pour le consommateur ou si le gouvernement ne cherche qu?à s?attaquer vainement à des symboles comme aiment le faire les idéologues.

Ce n?est pas très rassurant de voir que les dirigeants disent vouloir défendre le principe d?une concurrence libre et non faussée alors même que la STC vient de prendre une scandaleuse décision concernant la farine. La démarche de ses dirigeants devrait effrayer les gardiens de la concurrence. Voilà un organisme qui a procédé à un appel d?offres en bonne et due forme mais qui décide, au final, d?annuler l?exercice et de négocier directement avec des fournisseurs. C?est ce qui vient de se passer concernant l?importation de la farine. La manière d?agir de la STC contredit totalement l?esprit de la loi que les parlementaires ont examinée hier.

Si la concurrence est reconnue comme un facteur essentiel pour assurer le fonctionnement du marché, pourquoi la STC devrait-elle s?arroger le monopole de l?importation d?un produit quelconque ? Le ministre Rajesh Jeetah doit s?expliquer sur cette discordance. Il ne peut pas, au Parlement, soutenir les vertus de la concurrence et permettre, par ailleurs, à un organisme dont il a la tutelle de rompre avec des règles existantes de concurrence.

Les Moulins de la Concorde attirent l?attention, dans un communiqué publié hier, sur un fait inouï. L?entreprise rappelle qu?avant 1989, l?achat de farine se faisait dans une situation de monopole. Des fonctionnaires du ministère du Commerce faisaient des tournées annuelles en France et en Australie pour négocier les contrats. Depuis cette date, les choses se passent dans la transparence et des appels d?offres internationaux sont lancés pour l?approvisionnement en farine. Or, cette semaine, la STC a décidé d?opérer un retour aux pratiques obscures des tournées à l?étranger. Il faut s?inquiéter des tentatives de la STC de faire marche arrière sur les acquis et principes de l?économie libérale et de la transparence.

Rien ne peut justifier le maintien d?un monopole d?Etat dans le commerce des produits de consommation. Ce sont les entreprises privées, assujetties à la concurrence du marché, qui devraient importer et distribuer ces produits, même si on peut faire une exception pour les carburants et le gaz ménager. Favoriser les monopoles d?Etat, c?est une politique à courte vue. Ils abusent de leur position dominante tout comme les monopoles privés. L?état d?arriération de notre service public audiovisuel en témoigne.

En dépit de ses ententes secrètes et autres connivences malsaines qui pénalisent les consommateurs et les usagers, le marché demeure le moyen qui permet de fournir le meilleur service possible au moindre coût. Quand le gouvernement s?y mêle, cela mène à des situations du type Amul ou Desbro.

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