Publicité
?La science, outil puissant pour combattre la misère?
Par
Partager cet article
?La science, outil puissant pour combattre la misère?
Conscientisation, communication, information? A ce niveau, le Rajiv Gandhi Science Centre peut jouer un rôle déterminant. Son chairperson, Ameenah Gurib-Fakim, l?entrevoit comme un outil pour populariser les sciences auprès des plus jeunes. ?Il faudrait montrer que les sciences, c?est vivant, c?est fun !? Elle conseille de suivre l?exemple de l?Inde où il existe plusieurs centaines de centres de ce type. Faudra-t-il aller vers les écoles ou alors faire celles-ci venir vers le centre ? La stratégie d?approche n?est pas encore bien établie, mais cela ne saurait tarder, à en croire la présidente du conseil d?administration.
Ameenah Gurib-Fakim a également gravi les échelons de l?université. Elle a été nommée à la tête de la faculté des sciences en septembre. Elle devient ainsi l?une des premières femmes à atteindre les sommets de la vie scientifique mauricienne. A ses yeux, cette nomination ne constitue pas forcément un défi à relever, mais représente plutôt un travail à accomplir. Un travail en profondeur.
?La science et la technologie sont des outils puissants pour améliorer le sort des populations et combattre la misère?, estime la doyenne de la faculté des sciences. Le dénominateur commun du développement des secteurs clés de l?économie est la recherche scientifique, ?surtout avec les défis qui attendent l?industrie sucrière et le secteur textile?. Suivent les technologies de l?information et de la communication, un domaine où la recherche scientifique a un grand rôle à jouer.
Docteur en chimie organique, Ameenah Gurib-Fakim a intégré l?université de Maurice en 1987, après des études en Grande-Bretagne. Elle entre d?abord à la faculté d?agriculture, puis à la faculté des sciences.
En 2001, elle est la première femme à être nommée professeur à l?université. Elle est assez critique en ce qui concerne la représentation féminine, dans le domaine universitaire. ?Nous sommes en retard sur des pays comme l?Afrique du Sud ou l?Inde, alors que beaucoup de femmes sont très dynamiques, chez nous.?
Elle est intimement convaincue que les institutions existantes sont très performantes, elle prône la valorisation de ce qui existe déjà. ?Il faut capitaliser sur ce que nous avons pour trouver des solutions à nos problèmes.?
Chez Ameenah Gurib-Fakim, les idées ne manquent pas. Comme celle de transformer peu à peu l?industrie sucrière en une industrie de la canne. Une telle transition pourrait permettre aux producteurs, notamment les petits planteurs, d?apporter de la valeur ajoutée à leur activité.
S?il y a un sujet qu?Ameenah Gurib-Fakim maîtrise plus particulièrement, c?est bien les plantes médicinales. Elle a commencé à explorer ce domaine en 1987-88. Depuis, elle essaie de le populariser, le rendant plus accessible au grand public et aux enfants. A travers son travail, elle tente de valoriser ?ces tisanes que nous avons tous pris étant enfant?. Elle a d?ailleurs publié de nombreux ouvrages sur les plantes médicinales mauriciennes.
Ameenah Gurib-Fakim ne peut s?empêcher de se montrer critique sur la protection de la biodiversité. ?Maurice est signataire de conventions internationales sur la biodiversité. Il faut les mettre en pratique.? La doyenne de la faculté de Sciences déplore que Maurice soit l?un des Etats insulaires dont la faune et la flore sont les plus dégradées au monde, après l?île de Sainte-Hélène. Heureusement que des travaux de préservation sont menés, avec succès. ?Mais l?effort doit continuer, surtout au niveau de la conscientisation?, insiste-t-elle.
Car, au-delà des idées, la planification semble surtout être le maître-mot chez Ameenah Gurib-Fakim. ?En Inde, les retombées prises par Nehru se font ressentir 50 ans plus tard?, note-t-elle. Il faut donc que Maurice élabore une sorte de business-plan pour son développement économique et social. Avec au centre, bien sûr, les sciences, ce fameux dénominateur commun qui détermine le progrès.
Publicité
Publicité
Les plus récents