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La saga électorale

14 mai 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Faute de table ronde, nous assisterons à un cercle vicieux. En effet, une déclaration faite hier par le Premier ministre au Parlement laisse comprendre que les consultations en vue d?une réforme électorale seront encore reportées. A deux ans de l?échéance électorale, on peut se demander si ce report ne signifie pas en vérité un renvoi aux calendes grecques de la réforme.

A la suite d?une interpellation parlementaire, le Premier ministre a d?abord répété ce qu?il avait dit à l?Assemblée nationale le 25 mars dernier : «The Government will soon start a process of consultation on the reform of our electoral system.» Ensuite, il a ajouté que les consultations sur la réforme se tiendront après «les débats importants sur des projets de loi au Parlement». La table ronde sur le système électoral attendra donc l?adoption de projets de loi que le gouvernement considère comme prioritaires. Or, plus on s?approche de la date des législatives, moins il sera possible de discuter de ce sujet passionnel et polémique.

Elle est interminable, cette saga. Cela fait maintenant dix ans que Navin Ramgoolam a exprimé, pour la première fois, le souhait d?en finir avec le système inique qui a cours. Pendant son précédent mandat, il avait promis d?organiser une table ronde pour obtenir un consensus entre les partis. Ces consultations n?ont jamais eu lieu.

Revenu au pouvoir en 2005, il devait annoncer, au mois de novembre de la même année, la mise sur pied d?un «High-Powered Committee» sous sa présidence pour étudier les moyens d?appliquer le rapport Sachs. Puis, rien ne se passe jusqu'au 8 mai 2007, quand il annonce au Parlement que «the best way to proceed would be to reach as broad a consensus as possible among all stakeholders?» Le lendemain à The Vale, il précise sa pensée en déclarant que tous les partis doivent se mettre autour d?une table pour discuter de la réforme. La question est ensuite mise en veilleuse jusqu?au discours prononcé par le Premier ministre en mars de cette année. Il déclare alors que «nou système électoral qui fine servi nou pays bien, fine aussi montré certaines faiblesses. C?est qui faire mo pou prend l?initiative convoque tous les partis politiques ? petits et grands ? pou assise ensemble pou décide 1 meilleure formule ça l?année là même». Ce sera fait après le 1er mai, promet-il. Désormais, on sait qu?il va falloir attendre que quelques projets de loi «importants» soient votés pour que le débat sur la réforme électorale puisse démarrer.

Oui, notre système électoral, vieux de plus de 40 ans, comporte plusieurs faiblesses majeures. Il porte atteinte à l?unité de la nation en imposant aux candidats une obligation d?étiquetage communal. Le mode de scrutin majoritaire ne garantit pas l?équité entre les partis. Tous en sont convaincus. Cependant, les recherches, les consultations et les commissions se succèdent sans qu?il y ait de réelle avancée.

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