Publicité

La résistance s’organise contre la nationalisation des théâtres municipaux

30 novembre 2011, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

La résistance s’organise contre la nationalisation des théâtres municipaux

La Fondation Plaza ne tiendrait pas le conseiller culturel du Premier ministre en odeur de sainteté. La décision de l’Etat de nationaliser les théâtres du Plaza et de Port-Louis serait une façon, selon elle, de permettre à Alain Gordon-Gentil à avoir la mainmise sur ces deux institutions.

Un bras de fer semble s’être engagé entre la Fondation Plaza et la cellule Culture & Avenir du Bureau du Premier ministre quant à la réfection du théâtre de Port-Louis et celui du Plaza. Une série de correspondances prenant pour cible le directeur de cette cellule, Alain Gordon-Gentil, et émanant des membres de la fondation - à qui la mairie avait confié les travaux - a mystérieusement atterri dans certaines salles de rédaction

Les lettres en date de novembre évoquent la nécessité de maintenir la pression afin que le Plaza demeure sous contrôle de la mairie des villes-sœurs. La crainte étant qu’avec l’intention de l’Etat d’être au chevet de ces deux théâtres, Alain Gordon-Gentil ne soit le seul à décider ce qui doit être fait pour la réhabilitation du Plaza fermé à cause de son toit qui laisse passer l’eau malgré les millions qui y ont été injectés dans le passé.

Le nom d’un conseiller proche du Parti mauricien social démocrate (PMSD) est ainsi cité comme étant un pion pour faire entendre la cause de la fondation au ministère des Finances. En fait pour « faire avancer » leur dossier auprès de Xavier Luc Duval afin de l’amener à faire débourser les Rs 75 millions promis par l’Etat pour le Plaza.

Un des animateurs de la fondation laisse ainsi entendre dans un courrier, après la parution d’un article, qu’Alain Gordon-Gentil aurait d’autres projets pour le Plaza et le théâtre de Port-Louis. Tout en estimant que le manque de professionnalisme des mairies va certainement jouer en la défaveur de la fondation, permettant à coup sûr au conseiller culturel du Premier ministre de faire « main basse » sur les théâtres.

La conclusion de cette lettre par un « adieu » aux  Rs 75 millions de l’Etat laisse certains pantois à l’Hôtel du gouvernement quant aux réelles motivations de cette fondation. Gérard Maujean, le président, déclare ainsi à lexpress.mu qu’il est en train de préparer une réplique à tout ce qui se dit sur sa démarche et ceux de ses amis, affirmant que leur seul intérêt est d’ordre culturel et intellectuel et non pas pécuniaire.

« Cette affaire est compliquée. J’ai fait tout ce que j’ai pu faire. Il semble qu’il y ait un conflit larvé de la part du conseiller culturel du Premier ministre. Il est en plein dans un ego trip », s’exclame-t-il. Gérard Maujean avance également que la teneur de ces missives censée demeurer confidentielle ait pu faire l’objet d’un acte de piratage.

« On a déjà dépensé énormément pour ce projet. Ce serait un crime de laisser tomber maintenant. Je fais confiance à l’Etat pour faire avancer les choses car nous, dans le secteur privé, on n’a pas les moyens », explique, pour sa part, Maryse d’Espaignet, présidente de la Fondation Spectacles et Culture.

A la cellule Culture & Avenir, Alain Gordon-Gentil dit « mal comprendre à qui cela gêne que nos théâtres deviennent des outils culturels nationaux ». Il se dit surpris que, d’un côté, les mairies aient bien accueilli la décision de l’Etat de nationaliser les théâtres et, de l’autre, « une organisation privée dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle ne brille pas par sa transparence, veuille à tout prix empêcher que l’Etat ne devienne propriétaire des deux théâtres ».

« J’ai lu que Gérard Maujean trouvait que je faisais preuve "d’arrogance" en annonçant la décision de l’État de prendre sous sa responsabilité nos théâtres. Je conclus que peut-être cette décision du Bureau du Premier ministre empêchera certaines dérives financières et, par conséquent, causera un manque à gagner pour certains », s’indigne le Senior Advisor de Navin Ramgoolam.

A l’Hôtel du gouvernement, il est estimé que la démarche de la fondation vise tout simplement à tenir les théâtres en otage jusqu’en 2017. Gérard Maujean dit préparer une réponse à tout ce qui se dit et la fera publier incessamment.

Publicité