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La réforme occultée

16 août 2008, 00:00

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La réforme occultée

<B>Par Nazim ESOOF</B>

Pour bien des Mauriciens, l?intérêt de ce 16 août réside dans le début du championnat anglais de football. Au plan de l?actualité, c?est une autre compétition qui semble avoir débuté. En effet, la politique commande, directement et indirectement, l?actualité de manière intense ces jours-ci. A bien des égards, les affaires qui éclaboussent la société donnent à voir, en filigrane, le bouillonnement de la marmite. Les man?uvres ont commencé. L?opposition les veulent grandes. La majorité joue, pour sa part, la partition de la relativisation. Dans le fond, cela augure deux années de fin de mandat mouvementées pour l?Alliance sociale. Pour en tirer profit, l?opposition se doit de recouvrer une crédibilité qu?elle a perdue à cause de ses enfantillages. La tâche se complique avec des écarts de langage et des erreurs de calcul. En termes de langage, cela a été une semaine de surenchère verbale. Entre les bisbilles parlementaires, les rodomontades de Rama Valayden, la démission programmée de Bert Cunningham ou encore l?affaire Chady, il y a une constante. Le scepticisme est, en effet, grand que la vérité puisse éclater autour de ces différentes histoires. Sans oublier l?énigme Sada Curpen qui surplombe tous les débats. Au centre de ces multiples affaires demeurent le rôle et la responsabilité du politique. L?île Maurice s?est engagée depuis quelques années dans un processus de réforme continu. Il est question, entre autres, de moderniser l?économie, les institutions et les structures sociales. Responsable de ces réformes, le personnel politique, lui, fait l?économie de toute mue.

C?est donc une réforme de la société politique qui s?impose. Une réforme qui devrait emprunter plusieurs voies. Celle d?abord du système électoral. Il est étonnant comment, au nom du consensus, on est, un gouvernement après l?autre, en train de saborder cette réforme. Les prétextes n?ont jamais manqué. Récemment, les dirigeants des principaux partis annonçaient une série de consultations. Il y en a même eu quelques-unes. Mais il faudrait se demander pourquoi l?impression est si forte que de telles rencontres servent plutôt à discuter de politicaille? Il demeure qu?on a déjà rangé au placard l?introduction d?une dose de proportionnelle à côté du scrutin uninominal à un tour, l?abolition du principe de meilleur perdant, le financement par l?Etat des partis? Bref tout ce qui pourrait contribuer à amener les politiques à faire leur métier autrement.

Ce qui forcément pousse à la conclusion que la société politique ne veut pas, en fin de compte, d?un changement. Pourquoi donc s?accrocher à des pratiques anciennes? Est-ce pour pouvoir perpétuer la pratique du copinage? Ou à bénéficier des donations indécentes provenant du secteur privé? Simplement continuer à agir en toute impunité... Quoi qu?il en soit, le fait demeure que si on ne change pas les règles, le match se jouera de la même manière. Déjà ce qu?ils nous donnent à voir ces derniers jours pousse au désespoir ultime. Devrait-on subir cela pendant les prochaines années? Cela pourrait changer si le Premier ministre prend sur lui d?ouvrir le chantier de la réforme électorale. Autrement, il sera coupable, comme ses prédécesseurs, d?absence de volonté politique. Mais c?est un mal dont s?accommodent bien nos politiques. Il en existe d?autres dont il semblerait qu?ils ne peuvent pas se passer. Comme cette fâcheuse habitude à considérer que les Mauriciens ne sont pas prêts à des changements radicaux. Alors, ils nous servent des ministres incompétents, des ministres clercs des rites sacrés, des députés aphones et d?autres qui sont maîtres dans l?art du retournement de la veste.Un sursaut est-il possible? Non. Du moins pas aussi longtemps que les politiques prendront les citoyens pour des couards immatures. Ce sont pourtant ces mêmes citoyens qu?on encense pour leur maturité à soutenir la réforme économique.

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