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La Russie compte lancer des frappes préventives

11 septembre 2004, 20:00

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Le chef de l’état-major russe, le général Iouri Balouïevski, a déclaré que la Russie était prête à lancer « des frappes préventives » afin de « liquider les bases terroristes dans toute région du monde ».

L’Union européenne a réagi prudemment à ces déclarations. Une porte-parole de la Commission a dit ne pas savoir si les commentaires russes émanaient du président Poutine.

La question des frappes préventives « doit être débattue dans le cadre européen, au G8 et bien entendu aux Nations unies », a jugé pour sa part le ministère des Affaires étrangères français. Mais le ministre des Affaires étrangères britannique, Jack Straw, n’a pas attendu pour donner son avis et a déclaré que la menace de la Russie d’attaquer préventivement les terroristes dans toutes les régions du monde est « compréhensible » et conforme aux lois internationales.

« Je pense que la réaction est compréhensible de la part du président Poutine », a dit le secrétaire au Foreign Office, à l’issue d’un entretien à Londres avec le vice-premier ministre israélien, Ehud Olmert. « La charte des Nations unies donne droit à l’autodéfense et l’ONU elle-même a accepté qu’une menace imminente ou probable de terrorisme autorise certainement tout pays à prendre les actions appropriées », a-t-il ajouté. Il a toutefois précisé : « Je ne pense pas que le président Poutine parlait d’une attaque immédiate ».

Quelques heures après les Britanniques, ce sont les Américains qui se déclarent ne pas s’opposer au souhait de la Russie de frapper de manière préventive des bases terroristes dans n’importe quelle région du monde, selon un responsable de l’administration américaine. « Chaque pays a le droit de se défendre », a dit ce responsable sous le couvert de l’anonymat. Washington n’a pas encore réagi officiellement aux déclarations du chef d’état-major de l’armée russe, le général Iouri Balouïevsk, selon lesquelles Moscou est prête à frapper des bases terroristes « dans n’importe quelle région » du monde.

Le pape Jean Paul II a lancé un appel en faveur de tous les enfants du monde et a fermement condamné le « fanatisme cruel » qui a provoqué des centaines de morts lors de la prise d’otages de l’école de Beslan, dans le sud de la Russie. S’exprimant le jour où les catholiques fêtent la naissance de la Vierge, le pape a déclaré qu’il était atroce que des enfants aient été confrontés à la haine et à la mort dans l’enceinte d’une école.

<B>Un des ravisseurs parle</B>

Le procureur général russe Vladimir Oustinov a présenté au président Vladimir Poutine son rapport sur la prise d’otages de Beslan, ne donnant cependant aucune explication sur l’identité des ravisseurs et ne faisant aucun lien explicite avec la Tchétchénie. « Juste avant l’attaque, la bande s’est réunie dans les bois près d’une localité », a déclaré le procureur, sans donner d’indication sur ce lieu, selon les images de la télévision russe.Citant la déposition du seul membre du commando à avoir été pris vivant, il a indiqué que les preneurs d’otages étaient « environ trente, dont deux femmes », sous le commandement d’un homme surnommé le « colonel », assisté notamment d’un autre, nommé « Abdoul Malik ». « Ils sont partis en direction de Beslan à bord de trois véhicules (dont un camion), et y sont arrivés à l’aube », a ajouté le procureur, ne signalant sur leur route qu’un accrochage avec un policier de quartier, sans autre précision. « Ils sont entrés en voiture dans la cour de l’école (...), ils avaient une énorme quantité d’armes et d’explosifs », a poursuivi M. Oustinov.

Il a affirmé que des protestations avaient alors été émises parmi des membres du commando qui refusaient de s’en prendre à des écoliers. Citant toujours la déposition du preneur d’otages arrêté, il a dit que « le colonel » avait alors abattu un de ses hommes pour avertir les autres. « Le même jour, pour mettre en garde à la fois les rebelles et les otages, ce bandit a fait sauter deux femmes kamikazes en appuyant sur une télécommande », a-t-il rapporté à un Vladimir Poutine impassible, l’air grave.

Les preneurs d’otages ont ensuite miné le bâtiment « avec une connaissance des questions techniques » qui témoignait de leur « bonne préparation à cet acte terroriste », selon le procureur général. Mais en définitive, au bout de deux jours, quand ils ont voulu changer leur système d’explosifs, il y a eu une explosion, après quoi cela a été la panique à l’intérieur de l’école.

« Beaucoup d’otages ont tenté de s’enfuir, et les rebelles ont ouvert le feu », a-t-il ajouté.

<B> @ 2 004 Le Monde –

Avec AFP et Reuters

Distribué par The New York

Times Syndicate</B>

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