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La roupie forte inquiète le textile

10 janvier 2008, 00:00

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L?appréciation de la roupie vis-à-vis des principales monnaies étrangères suscite de vives appréhensions chez les exportateurs de produits textiles. Pour cette raison, la Mauritius Export Association (MEXA) compte rencontrer demain le gouverneur de la Banque de Maurice, Rundheersing Bheenick, pour exprimer ses inquiétudes et essayer de trouver une solution à ce problème.

La MEXA est en faveur d?une «roupie compétitive». «Une roupie compétitive se construit au niveau national. Il y a un excès de liquidités sur le marché. Pour avoir une roupie compétitive, nous avons besoin de projets de développement en mesure de l?accompagner. Si on a une roupie forte, il faut pouvoir la soutenir», estime Danielle Wong, directrice de l?organisme.

«En janvier 2007, ajoute-t-elle, le dollar s?échangeait à Rs 33,62, l?euro à Rs 43,95 et la livre sterling à Rs 66. Or, en décembre 2007, le dollar s?échangeait à Rs 29,10, l?euro à Rs 42,82 et la livre sterling à Rs 58,40. C?est une baisse de 13 % pour le dollar et la livre sterling et 3 % pour l?euro.»

Point de vue partagé par Maurice Vigier de La Tour, chief executive officer de Denim de l?île (DDI) : «L?appréciation de la roupie pose de très gros problèmes de compétitivité aux exportateurs. La roupie s?est appréciée de façon incontrôlée et de manière extrêmement importante au cours des deux derniers mois.»

En moyenne, cette appréciation par rapport au dollar et à l?euro a été de 7 % à 8 % depuis fin octobre. Avec, selon Maurice Vigier de La Tour, des répercussions négatives sur les résultats financiers d?un certain nombre de compagnies de textile. Les profits ont diminué dans plusieurs cas. D?autres anticipent des pertes.

«Les produits textiles mauriciens commencent à perdre leur compétitivité par rapport aux principaux concurrents que sont le Maroc, la Turquie et le Bangladesh, entre autres. La monnaie de ces pays est restée stable par rapport au dollar et s?est même légèrement dépréciée par rapport à l?euro. Les produits mauriciens commencent à devenir plus chers. Nous éprouvons déjà des difficultés à obtenir des commandes auprès de nos clients. Nous recevons moins de roupies pour nos exportations», estime Maurice Vigier de La Tour.

Ce problème d?appréciation de la roupie «risque de mettre un frein au développement de la machine textile qui avait pourtant commencé à connaître une reprise depuis quelques mois ».

Pour 2008, la production textile est estimée à Rs 50 milliards, contre Rs 43 milliards pour l?ensemble de l?industrie manufacturière en 2007. Les tendances pour les neuf premiers mois de 2007 indiquaient une augmentation de 22 % des exportations vers la Grande-Bretagne, de 3,6 % vers les Etats-Unis et 1,8 % vers la France, comparativement à la période correspondante en 2006.

Ce secteur connaît une croissance en termes d?emplois pour la première fois depuis plusieurs années. Les effectifs sont passés de 64 609 en 2006 à 67 147, en septembre.

Le secteur textile a connu une croissance estimée à environ 10 % en 2007. Et avec les extensions à Star Knitwear, World Knits, Richfield Tang Knits, la Compagnie mauricienne de textile, Soniawear, Denim de l?île et au R.S. Group of Companies, les opérateurs s?attendaient à ce que cette croissance se maintienne.

La forte roupie s?expliquerait par le fait que les indicateurs de l?économie s?améliorent. Il y a beaucoup d?entrées de devises dans le pays grâce, notamment, au tourisme et à l?investissement étranger.

«Mais l?appréciation de la roupie est un coup de massue à ce nouvel élan. La situation est grave. Le secteur risque de rentrer dans le rouge et il existe des craintes pour l?avenir si la présente situation se maintient. De mauvais signaux sont envoyés», souligne Maurice Vigier de La Tour. «Ajouté à ce problème d?appréciation de la roupie : le prix de l?huile lourde, beaucoup utilisée par les entreprises manufacturières, qui a connu une hausse de 20 % ces derniers jours, et une augmentation du coût de la main d??uvre d?environ 8 %.»

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