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La revanche de Periatambee
La vengence, dit-on, est un plat qui se mange froid. Désiré Periatambee a attendu plus de dix ans pour rappeler à l?AJ Auxerre, son club formateur, qu?ils avaient peut-être été mal-inspirés de ne pas miser sur lui.
À l?époque, l?éternel Guy Roux, saint patron de l?Abbé Deschamps, avait poussé le Mauricien vers la porte de sortie, sous prétexte, disait-il, ?qu?il n?avait pas le niveau pour jouer parmi l?élite?.
Roux n?est peut-être plus aux commandes d?Auxerre, mais l?observateur avisé qu?il est n?a évidemment pas manqué de se repasser en boucle le but d?anthologie inscrit par Periatambee sous le maillot niortais ce week-end, but qui a fait le tour de toutes les télévisions françaises, et qui a été fatal à Auxerre.
Dans un stade de l?Abbé Deschamps réduit au silence, les Chamois niortais ont finalement obtenu leur billet pour les seizièmes de finale de la Coupe de France au terme d?une insoutenable séance de tirs au but, 5-4. Après 120 minutes, le score était de deux buts partout.
?Oui, c?est vrai, j?ai vraiment savouré ce moment?, nous a confié hier au téléphone Periatambee entre deux séances d?entraînement. ?Je n?irai pas jusqu?à parler de revanche, puisque ça fait quand même longtemps que j?ai tourné la page. Auxerre, Guy Roux, c?est une vieille histoire. Mais ça fait quand même drôle d?éliminer son ancienne équipe. C?est un moment qu?on n?oublie pas.?
Son but, ?sans doute un des plus beaux que j?ai inscrit dans ma carrière?, Periatambee l?a revu plusieurs fois à la télévision dimanche. ?Pour le plaisir?, dit-il.
?On me donne le ballon, j?accélère, je lève la tête et je ne vois personne. Alors je tente ma chance?, raconte notre compatriote. ?Le ballon prend une trajectoire assez bizzare. C?est un Adidas, donc il est plus léger. Il donne l?impression d?aller vers la droite, et puis il prend la gauche. Le gardien auxerrois n?a pas senti le coup.?
À Auxerre, Periatambee a retrouvé des garçons avec qui il avait effectué ses premiers pas dans le football professionnel, les Jaurès, Thomas et autres Akalay. ?Ce sont des amis. Après le match, je les ai chambrés, c?est normal. J?ai même passé la nuit à Auxerre ce soir-là?, raconte le Mauricien.
Niort est le cinquième club de Periatambee, qui a successivement porté les couleurs d?Auxerre, de Troyes, de Grenoble et du Mans. ?Mais ici, c?est différent. Je me sens vraiment bien. Les dirigeants savent ce qu?ils veulent, les supporters sont accueillants, le club a un projet?, dit Periatambee.
Sur le site officiel de Niort, on ne se lassait pas, hier, de faire les éloges du Mauricien, ?ce récupérateur infatigable, joueur solide et expérimenté qui donne une autre dimension au jeu des Chamois, l?homme qu?il faut pour maintenir le club en Ligue 2??
Si Periatambee se plaît à Niort, un ultime défi hors de France ne serait pourtant pas pour lui déplaire. ?À 31 ans, c?est le moment ou jamais. Après, il sera sans doute trop tard?, reconnaît d?ailleurs l?ancien pensionnaire du CNFF, le centre de formation du Réduit. ?J?ai les moyens de m?imposer dans n?importe quel championnat européen. Je crois avoir atteint une certaine maturité dans mon jeu. On verra à la fin de la saison. Il faudra discuter avec les dirigeants, voir les opportunités, flairer les bons coups??
Mais, pour l?instant, Periatambee ne veut penser qu?à une chose, la Coupe de France, la plus belle des aventures. Après s?être offert l?Auxerre de Pedretti, il espère maintenant se faire la peau, en seizième, du Bordeaux de Micoud.
?Sur leur vraie valeur, les Girondins paraissent intouchables. Mais c?est le football, la Coupe de France et sa magie.On ira à Lescure en pensant au miracle. Et les miracles ça existe.? On le croit sur parole.
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