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La revanche de Leverkusen
Mercredi, le Real Madrid entame sa phase de groupes d'UEFA Champions League en se déplaçant sur le terrain du Bayer 04 Leverkusen. La rencontre devrait réveiller de nombreux souvenirs pour les deux équipes. Il y a deux ans seulement, certains joueurs se sont affrontés lors de la mémorable finale de la Champions League.
Le fabuleux but de Zinedine Zidane en cette soirée du 15 mai 2002 avait permis à Madrid de s'imposer 2-1 à Hampden Park, à Glasgow, après que le défenseur de Leverkusen Lucio a égalisé suite au premier but de Raul Gonzalez à la 8e minute. Mais ce neuvième succès de Madrid en Coupe des clubs champions européens n'a pas été le plus facile.
« Nous avons joué de façon impeccable et nous méritions de gagner le titre », se souvient l'entraîneur de Madrid Vicente del Bosque, qui n'en a pas moins été remercié peu après avoir remporté ce trophée. « Leverkusen nous a causé d'énormes problèmes et a contrôlé certaines périodes du match. Bien sûr, il a failli égaliser dans les dernières minutes. »
« Je suis très fier de la façon dont nous avons joué », a déclaré Klaus Toppmöller, l'homologue de Del Bosque. « Nous avons toujours été prêts à nous battre et nous l'avons fait jusqu'au bout. Au début de la saison, si vous nous aviez proposé une deuxième place, je vous aurais pris pour un fou. »
Beaucoup ont suggéré que si le capitaine et défenseur Jens Nowotny n'avait pas subi cette blessure qui l'a obligé à quitter le terrain, le trophée, de même que le titre en Bundesliga et la Coupe d'Allemagne, auraient pu revenir à Leverkusen.
En effet, tandis que Zidane et compagnie se qualifiaient pour la finale en triomphant du FC Bayern Munich en quart de finale et du FC Barcelone en demi-finale, l'équipe de Toppmöller remportait les suffrages des neutres et jouait les trouble-fêtes parmi les géants européens.
<B>Milieu magique</B>
Formation incroyablement mobile, Leverkusen était fière de posséder une des meilleures lignes de milieu des temps modernes, mais pourtant méconnue : Zé Roberto, Michael Ballack, Yildiray Bastürk et Bernd Schneider. Tandis que Zé Roberto et Schneider couvraient les ailes et envoyaient de superbes centres vers la surface de réparation, Bastürk et Ballack constituaient la véritable menace. L'international allemand notamment se montrait aussi redoutable devant les buts que n'importe quel attaquant de l'équipe.
Leverkusen avait peut-être perdu quatre matches pendant les deux phases de groupes, mais le club avait réussi à faire son chemin pendant les matches à élimination directe, s'imposant 4-3 face au Liverpool FC sur l'ensemble des deux matches de quarts de finale avant de se qualifier pour la finale grâce aux buts à l'extérieur après un nul 3-3 sur les deux rencontres face au Manchester United FC.
Mais lorsque le solide Nowotny a été emmené sur une civière lors de la demi-finale retour, perdant au passage sa place en Coupe du monde de la FIFA 2002, il a emporté avec lui une bonne partie des espoirs de Leverkusen de faire de l'ombre à Madrid. En l'espace de deux semaines, son équipe a manqué le titre en Bundesliga, le BV Borussia Dortmund raflant la couronne avec un point d'avance, et a perdu la finale de la Coupe d'Allemagne et celle de la Champions League. Pas étonnant que la presse allemande ait surnommé le club « Neverkusen »...
Beaucoup des stars de ce « Neverkusen » ont quitté le club depuis, mais le nouvel entraîneur Klaus Augenthaler espère qu'elles pourront retrouver un peu de leur ancienne énergie pour prendre leur revanche sur Madrid, qui a gâché la fin de ce qui aurait pu être un des grands contes de fée du football.
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