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?La relance de l?économie, un vaste chantier?

11 août 2005, 00:00

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Comment faire repartir l?économie ? Vaste programme. On peut certes entreprendre des actions immédiates pour doper rapidement l?expansion économique. Le tourisme s?impose comme une évidence. Mais il y a aussi une restructuration et une réforme en profondeur pour positionner Maurice comme une économie des services diversifiée, la seule solution pour une croissance soutenue et durable.

C?est ce qui ressort du débat organisé par la Jeune chambre économique dans le cadre de son Business Forum mensuel. Outre le thème qui est d?actualité, le plateau relevé des intervenants a attiré une assistance non moins relevée à l?Alliance française, hier soir.

A la table des intervenants figuraient trois ?business leaders? de premier choix, notamment Philippe Espitalier Noël, futur chief executive officer du groupe Rogers, Harold Mayer, chief of operations du groupe Ciel Textile élu récemment entrepreneur de l?année et Gérard Garrioch, président de la Mauritius Employers Federation (MEF), dont le franc-parler a tranché avec le discours trop souvent institutionnel.

Le constat est connu : les piliers traditionnels de l?économie ? sucre et textile ? sont en difficulté. Gérard Garrioch est d?avis qu?il ne faut pas malgré tout les enterrer mais au contraire tout faire pour assurer leur survie et leur transformation dans la période de transition. Il insiste sur l?importance stratégique de la production d?électricité à partir de la bagasse. ?La canne sera encore là longtemps après le pétrole et le charbon.?

Dépoussiérer d?anciens rapports

De l?assistance, Rajiv Servansing, secrétaire général adjoint de la Chambre du commerce et d?industrie, insiste qu?il faut intégrer l?idée que le textile et le sucre peuvent survivre mais pas dans leur forme actuelle. L?industrie sucrière sera remplacée par une industrie de la canne à sucre tandis que le textile ne sera plus une industrie mue par la force des bras des ouvriers à bas salaires.

Mais il faudra impérativement revoir la structure des coûts des intrants locaux, tels que l?eau et électricité, soutient Gérard Garrioch. Pour cela, il faut dépoussiérer les anciens rapports sur le textile-habillement. Il estime qu'il faut aussi compter avec l?industrie à vocation domestique mais en misant sur les entreprises qui ont un potentiel d?exportation, qui est le seul gage de survie. Harold Mayer abonde dans le même sens. ?Il faut augmenter les revenus d?exportation pour tirer le pays en avant.?

Outre la réforme des secteurs existants et, en attendant que d?autres secteurs émergent, c?est le tourisme seul qui peut prendre le relais. Les intervenants sont effectivement d?accord sur une chose que résume bien Gérard Garrioch : ?Le tourisme est le rayon de soleil.? Harold Mayer surenchérit : ?C?est le secteur porteur de tous les espoirs. Il faut mettre le paquet pour atteindre des taux de croissance de 10 % dans le tourisme.? Pour Philippe Espitalier Noël, ?le tourisme peut avoir un impact important sur la croissance économique.? Il faut, selon lui, réfléchir à un positionnement pour de futurs produits touristiques et laisser jouer les forces du marché, mais pas seulement dans le tourisme.

Harold Mayer insiste sur la nécessité d?aller rapidement de l?avant avec le concept de l?Integrated Resort Scheme (IRS). Pour lui, l?ouverture du pays à non seulement de riches rentiers mais aussi à des professionnels de haut calibre est une condition sine qua non pour aérer l?économie et l?espace des idées dans la sphère des affaires. Il fait ressortir que de ?petites? économies comme Singapour ou Dubaï comptent un pourcentage important ? jusqu?à 20 % - d?expatriés. ?Beaucoup de pays accueillent des étrangers de manière normale ici la situation est anormale. Mais je suis entièrement d?accord qu?il faut bien cibler qui on veut bien accueillir. Aujourd'hui on est au pied du mur, il nous faut trouver des solutions qui sortent des sentiers battus. La question est dans le terrain politique.?

Apport des ressources étrangères

Gérard Garrioch devait apporter un bémol au débat en soutenant que la peur de l?étranger est le propre de tous les îliens. Même l?Angleterre est entrée dans l?Union européenne à reculons, a-t-il fait ressortir. ?Il y a la peur que des postes soient pris par des étrangers. Ce qu?il faut bien analyser, c?est l?apport de ces ressources étrangères pour l?ensemble de ses équipes?, déclare Philippe Espitalier Noël.

Mais, parallèlement au maintien des secteurs traditionnels, l?avenir de Maurice réside en une économie diversifiée qui s?appuierait sur une multitude de piliers à développer. A ce chapitre, toutes les idées sont bonnes : knowledge hub, technologies de l?information et de la communication, seafood hub, externalisation des services et centres d'appels.

Il faut toutefois déployer le tapis rouge pour les investisseurs étrangers, fait ressortir Harold Mayer. Gérard Garrioch est très critique de la lenteur administrative et des blocages au niveau des lois du travail qu?il faut réformer. Il trouve anormal, par exemple, que les femmes de chambre sont légalement tenues à faire dix chambres seulement par jour dans les hôtels, même si elles peuvent en faire davantage, surtout si l?établissement n?est pas plein.

Il est également d?avis que les permis pour des développements devraient être délivrés rapidement quitte à sanctionner ceux qui feraient autre chose que ce qu?ils déclarent dans leur dossier. Philippe Espitalier Noël considère qu?une réforme du secteur éducatif est indispensable pour qu?elle soit au service de l?entreprise.

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