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A la recherchede la bonne formule

13 août 2004, 20:00

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Il avait titillé la curiosité du public en évoquant une mystérieuse «winning formula». Paul Bérenger ne devait pas, par la suite, en dire plus long. Il a insisté sur le fait qu?il se «réserve le droit larg bout par bout si li serve my political purpose ou pou corrige bann zafer quand li nécessaire».

Et c?est bien d?intérêt politique qu?il est question ici. Autrement, il serait difficile d?imaginer ce que le leader du MMM aurait à gagner en dessinant dans ses grandes lignes les contours de l?alliance MSM-MMM qui briguera éventuellement les suffrages en 2005. En prenant cette initiative, Paul Bérenger est, selon l?un des anciens observateurs politiques et dirigeant de Lalit, Ram Seegobin, à la hauteur de sa réputation de man?uvrier politique.

«Après l?échec à la dernière élection partielle et en anticipation des difficultés économiques et sociales à venir», explique Ram Seegobin, «Bérenger tente, avec sa winning formula, de détourner l?attention en partie et de maintenir l?initiative en partie. Globalement, il tente de déterminer l?agenda politique. D?un point de vue, il est en train d?atteindre ses objectifs car il y a une certaine focalisation sur cette question de winning formula», estime Ram Seegobin.

Si de manière générale, Paul Bérenger s?évertue à définir l?agenda politique, les autres formations politiques ne demeurent pas inactives pour autant. C?est ainsi que le MSM, le Parti travailliste et le PMXD quadrillent de plus belle ces jours-ci l?espace électoral avec une série de congrès. Ils tentent de défendre leurs idées, mais prennent aussi le pouls de leurs partisans (voir hors-texte).

Le MSM, lui, parle essentiellement budget. Après l?échec électoral de décembre dernier, le budget de la présente année financière offre en effet un prétexte en or pour rebondir. S?il sert à mettre en exergue les qualités du leader du MSM, le budget 2004-2005 offre aussi à ce parti l?occasion de relancer la mécanique. C?est une période pré-électorale importante pour le MSM qui se doit de confirmer son rayonnement sur le terrain pour se présenter dans les meilleures conditions au moment des négociations finales avec son partenaire.

<B> MEME FONDS DE COMMERCE ELECTORAL </B>

«Le MMM et le MSM sont en train d?établir le rapport de force entre eux-mêmes», explique Ram Seegobin. «Ils se renforcent et se positionnent pour savoir comment ils vont partager les tickets et éventuellement les ministères entre eux. Pour le MSM, il s?agit de démontrer qu?il est un partenaire digne d?un partage équitable. C?est ce qui explique ses efforts sur le terrain.»

Pour le PTr, la stratégie demeure pratiquement la même depuis bientôt quatre ans. L?argumentaire du parti rouge repose sur deux postulats. «Nous faisons face à un état d?urgence économique» et «Le mythe Bérenger a explosé» constituent les deux axes majeurs de la critique de l?opposition travailliste. En opérant un amalgame entre l?épiderme du Premier ministre et la question de la concentration du pouvoir économique entre les mains de quelques privilégiés, le PTr et ses alliés ont clairement choisi la voie d?une critique du pouvoir reposant sur une lecture idéologique de classe. Certaines variables s?imposent toutefois. De plus en plus critiqué par Pravind Jugnauth, Navin Ramgoolam se doit également de prendre pour cible le leader du MSM. Ces deux partis ont aussi, dans une certaine mesure, un même fonds de commerce électoral.

Les choses sérieuses débuteront probablement après les meetings du 1er mai 2005. Entre-temps, les deux blocs affûtent leurs armes et se mettent dans les meilleures dispositions pour le moment où il faudra prendre sa place sur la ligne de départ. Il n?y aurait donc pas de flambée électorale avant cette période. Le choix des thèmes évoqués lors des réunions politiques indique néanmoins déjà la tonalité de la campagne 2005. Mais les événements risquent de se précipiter pour les deux blocs surtout lorsqu?on prend en compte le taux élevé d?indécis.

«Les thèmes de campagne peuvent encore changer. On sait aujourd?hui que les opinions sont un peu versatiles. Les jeux ne sont pas encore faits», soutient, en ce sens, Jean-François de Balbine, directeur de la société d?étude d?opinions Synthèses. Il constate également que ce ne sont pas tant les thèmes qui sont porteurs que les hommes qui ont un message qui transcende.

<B> BESOIN D?INNOVATION </B>

A ce chapitre, force est de constater que la défense de son bilan, tel que la pratique l?alliance MSM-MMM, mobilise et galvanise moins que la rhétorique dénonciatrice de l?opposition. «On ne gagne pas forcément une élection grâce à un bilan. Le sort de Jugnauth père en 1995 en est le témoignage. Ce n?est pas uniquement pour des raisons de bilan que SAJ a perdu ces élections mais à cause d?un grand déficit de communication. On ne gagne ni ne perd une élection grâce à un bilan, sauf s?il est vraiment catastrophique», précise Jean-François de Balbine.

Pour lui, c?est l?alliance qui trouvera un élément nouveau à présenter qui réunira plus de chance de réussite. «La prime à l?innovation est bien réelle? Il faut trouver un relookage? Ainsi la formule de partage de pouvoir ne tient qu?une fois. Il faudra trouver autre chose pour innover. En 2000, cette formule était l?alchimie qui allait faire gagner l?alliance MSM-MMM», assure le directeur de Synthèses.

Mobiliser ses troupes, renforcer son pouvoir de marchandage et surtout emporter l?adhésion d?un maximum de flottants, tels semblent être les enjeux pour les différentes formations en vue des prochaines législatives. Reste un impondérable avec lequel tous les partis devront composer : une situation socio-économique difficile. Cette situation peut aussi bien jouer en faveur de l?un comme de l?autre bloc politique.

Entre-temps, il s?agira de savoir lequel des deux est plus à même de vendre autre chose qu?un rêve ou un bilan? voire la formule magique.

<B>PMXD ? MMM : pourquoi pas ? M</B>

Chacun cherche sa winning formula. Les partisans du PMXD semblent se poser des questions. A une réunion, il y a quelques jours, le leader du PMXD a été invité par ses partisans à leur indiquer ce qu?ils doivent penser des rumeurs sur un éventuel rapprochement avec le MMM.

Alors qu?il se trouve en alliance avec le Parti travailliste, Xavier-Luc Duval a répondu : «Pourquoi pas ?» Le PMXD aurait en effet décidé de «garder toutes ses options ouvertes», bien qu?il n?y ait à ce stade aucune «négociation officielle», ajoute la direction du parti.

Le partenaire ne fait pas la winning formula. D?une réunion à l?autre, le PMXD dresse aussi les grandes lignes de son manifeste électoral. L?on sait déjà par exemple qu?il proposera l?abolition de la sewerage tax et des frais notariés pour tous ceux en retard dans le paiement de la location des appartements de la National Housing development Company.

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