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A la recherche du bouc émissaire

29 mars 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Que se serait-il passé si les pluies diluviennes de ce mercredi 26 mars étaient aussi accompagnées de vents forts ou d?une situation climatique inédite? Clairement, les autorités auraient été davantage dépassées par les événements. Une certaine incohérence et des contradictions étaient nettement perceptibles. Et lorsqu?il y a des victimes, on ne peut se permettre des approximations et des explications hasardeuses.

Des services météorologiques qui rappellent que la décision de fermer les écoles ne leur revient pas, des responsables du Cyclone and other Natural Disasters Scheme qui annoncent des initiatives alors que la situation commence à s?améliorer peu après la mi-journée de mercredi, on a pu constater que les autorités mauriciennes ne sont pas prêtes pour affronter les scénarii catastrophes.

Peur de prendre des decisions

C?est le propre d?un pays où on se renvoie la balle, où l?on a peur de prendre des décisions pour peu qu?elles puissent attirer des critiques et des ennuis et où la frilosité qui a gagné les services météorologiques est patente. C?est évidemment après coup qu?on annoncera la mise en place d?un Fact Finding Committee. Entre-temps, des questions subsistent.

On a pu ainsi faire ressortir l?irresponsabilité civique des citoyens. Des déchets qu?on balance dans des rivières et d?autres passages d?eaux. Une certaine insouciance aussi, avec le refus de prendre les mesures préventives nécessaires, ou encore de se plier aux mises en garde des services météorologiques. De l?inconscience enfin avec des sorties, sinon des promenades, malgré tous les appels. L?humain est ainsi fait.

Il demeure que le sentiment est très fort que la communication passe mal entre le Cyclone and other Natural Disasters Scheme, les services météorologiques et les autorités centrales, dont les différents ministères concernés. Les différents protagonistes ont eu l?occasion de se renvoyer la balle ces derniers jours.

Ceux qui semblent faire fonction de bouc émissaire dans toute cette affaire, ce sont les services météorologiques. C?est le sentiment qui se dégage au sein de cet organisme. Il est vrai qu?il s?est rendu vulnérable suite au passage du cyclone Gula, quand il s?est hasardé à un avis de classe 3 qu?il a dû rapidement enlever et ainsi occasionner une cacophonie et un désordre général. Est-ce cela qui explique que la décision d?émettre un avertissement de pluies torrentielles a tardé mercredi ? «Non», répond catégoriquement Prem Goolaub, divisional meteorologist à la station de Vacoas. «Tout le système d?avertissement de pluies torrentielles a été élaboré par le Cyclone and other Natural Disasters Scheme, avec le soutien des services météorologiques, dans la deuxième moitié des années 80. C?est un système qui repose purement sur des données statistiques», explique notre interlocuteur. Celui-ci ne le dit pas mais il le laisse transparaître : ce système est désuet.

Mieux faire face aux impondérables

Tout comme le seuil de 100 millimètres (mm) d?eau sur plus de douze heures qui doit être atteint avant que ne soit émis un avertissement de pluies torrentielles. «Les différentes situations que nous avons eues démontrent qu?avec 100 mm d?eau, on commence à avoir des accumulations», fait ressortir Prem Goolaub. Cependant, il concède qu?il existe des situations où le seuil devient relatif. «En effet, si on a eu de la pluie en abondance pendant plusieurs jours, il ne faut pas nécessairement attendre les 100 mm pour prendre les mesures nécessaires. Mais malheureusement, le critère établi ne fait pas mention de l?état du terrain», relève-t-il en ce sens.

Une chose est claire, il faut revisiter le système et se préparer à mieux faire face aux impondérables. C?est cette absence de flexibilité qui fait défaut. En même temps, il faut être très courageux ces jours-ci pour prendre une décision sur soi à Maurice.

Tout comme pour les services météorologiques, le Natural Disasters Committee est également appelé à revoir son fonctionnement et ses procédures. Suresh Seeballuck, président de ce comité, a déjà annoncé son intention de revoir le système d?application de la situation d?urgence. Pour le gouvernement central, la parade est toute trouvée : initier l?un de ces lourds processus administratifs qu?est un Fact Finding Committee...

LE COMITE DE COORDINATION

La structure d?urgence qui traite les catastrophes naturelles à Maurice est placée sous la supervision directe du Bureau du Premier ministre. Le «Cyclone and other Natural Disasters Scheme» est présidé par le secrétaire aux Affaires intérieures. Entre autres responsabilités, il finalise la liste des centres de refuge en cas de cyclone ; émet les instructions nécessaires relatives à tout ce qui a trait aux travaux de réhabilitation, d?aide et de reconstruction. Une «Task Force», composée de hauts officiels, se réunit après chaque cyclone et fait circuler les informations nécessaires permettant l?exécution des travaux urgents.

CONSEILS PRATIQUES

Sont plus vulnérables aux catastrophes naturelles les pays pauvres et en développement. D?où l?importance d?une organisation rigoureuse et efficace. Dans un monde soumis aux aléas des intempéries et des dysfonctionnements climatiques, il devient urgent d?être prêt afin d?affronter le moindre imprévu. Les petits États insulaires, comme Maurice, sont aussi particulièrement vulnérables en raison de la fragilité de leur système économique, de leur dépendance à l?égard de l?agriculture et du tourisme et de l?exiguïté de leur base de ressources. Des chercheurs estiment même que certains de ces Etats risquent la disparition. Sont les plus menacées dans les pays en développement, les populations qui vivent souvent dans des zones qui peuvent être touchées par des inondations et des glissements de terrain. Que faire donc dans de telles situations ? Il revient d?abord aux groupes qui vivent dans des conditions à risque de s?informer des conséquences des catastrophes qui risquent de se produire dans leur région. C?est ainsi qu?on apprend, par exemple, que dans une région où des inondations peuvent se produire, il ne faut pas entreposer des produits chimiques dans le sous-sol. Il faut aussi avoir une liste d?adresses et de numéros importants près du téléphone. Une bonne trousse de secours peut toujours être utile. Entre autres recommandations, il faut toujours tenir compte de la météo... En cas d?inondation, il faut couper l?électricité et, s?il y a de l?eau autour du panneau d?électricité ou de la boîte à fusibles, il faut se tenir sur une planche sèche et couper le courant à l?aide d?un bâton de bois sec. Comme on a pu en témoigner, il est conseillé de ne jamais traverser à pied une zone inondée. Le courant pourrait vous emporter. De la même manière, un véhicule peut être emporté par le courant. Il est donc sage de ne pas prendre le volant.

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