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La réunion de l’OMC ajournée

27 juillet 2004, 20:00

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Les choses se gâtent au quartier général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), où s’est ouvert hier la réunion du conseil général. Les discussions pour relancer les négociations sur le round de Doha ont rapidement tourné en eau de boudin.

La réunion du conseil général a en fait été ajournée et pourrait reprendre jeudi, le temps que les pays membres tentent de résoudre leurs différends à travers des consultations informelles.

C’est ce qu’a annoncé à l’Express hier le ministre des Affaires étrangères et du commerce international, Jayen Cuttaree, qui est actuellement à Genève pour participer à cette réunion cruciale du conseil général.

“La situation est difficile. Les positions se durcissent. Le dossier de l’agriculture ne se décante pas. Cette fois, ce n’est pas à cause des pays pauvres et en développement. Les Etats-Unis, l’Union européenne et le G20 n’arrivent pas à s’entendre”, déclare Jayen Cuttaree.

L’Union européenne a fait une proposition d’élimination des subventions à l’exportation et des soutiens domestiques. Cependant, elle s’attend à ce que les Etats-Unis et les autres grands producteurs agricoles en fassent de même.

Les Etats-Unis, qui sont en pleine campagne électorale pour les présidentielles de novembre, ne peuvent vraisemblablement pas s’engager à réduire ou à éliminer les subventions agricoles dont bénéficient leurs fermiers qui sont des électeurs. L’United States Trade Representative, Robert Zoellick, aura fort à faire pour défendre la position américaine par rapport à l’offensive de l’UE.

De plus, les pays pauvres et en développement trouvent que le proposition européenne n’est pas très honnête. Elle cache le fait que 50 % des productions agricoles européennes dites sensibles continueront à bénéficier de subventions.

Le ministre indien du Commerce et de l’industrie est monté au créneau pour dire que de toute façon, les subventions agricoles de l’UE sont illégales par rapport aux règles de l’OMC.

Le G20, qui regroupe les pays en développement les plus avancés, devait se réunir hier. Le G5, qui comprend les plus grands producteurs agricoles (Etats-Unis, Union européenne, Brésil, Australie, Inde), devait aussi se concerter.

“Sur la question des préférences commerciales, qui est importante pour Maurice et les pays en développement, le G90 est confronté à une forte opposition des pays d’Amérique latine”, indique Jayen Cuttaree.

“Il y a un fléchissement des pays du G20 sur les préférences mais ce sont les autres pays en développement qui mettent des bâtons dans les roues des pays d’Afrique et du groupe ACP”, déplore le ministre.

Par ailleurs, le dossier de l’accès aux marchés des produits non agricoles pose également des difficultés.

Maurice et le G90 souhaitent que les provisions favorables du texte de Derbez soient sauvegardées. Toutefois, le fait de remettre ce texte sur le tapis risque de déclencher des négociations interminables, chacun voulant avancer son amendement.

Malgré la complication des négociations à Genève, Jayen Cuttaree garde bon espoir que les 147 membres de l’OMC arriveront quand même à extirper un accord pour relancer les négociations de Doha.

“Tous sont préoccupés par les conséquences d’un nouvel échec pour l’OMC et pour le système multilatéral. Un compromis est encore possible mais difficile”, commente Jayen Cuttaree.

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