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La répression s''abat sur Deraa et ailleurs en Syrie

25 avril 2011, 20:00

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La répression s''abat sur Deraa et ailleurs en Syrie

Coups de feu et tirs d''''artillerie continuaient mardi de retentir dans la ville syrienne de Deraa, berceau de la contestation contre le régime de Bachar al Assad, où les civils se cloîtrent dans les maisons pour échapper aux chars et aux snipers présents dans les rues.

L''armée s''est déployée lundi à Deraa, dans le Sud, et dans deux faubourgs contestataires de Damas et, selon un mouvement syrien de défense des droits de l''homme, 20 civils ont été tués.

L''organisation syrienne des droits de l''homme Saouassiah a déclaré mardi que les forces de sécurité avaient arrêté un demi-millier de sympathisants du mouvement pro-démocratie dans tout le pays après la reprise en main de Deraa par les forces de sécurité.

Elle a ajouté que 20 personnes avaient été tuées dans cette ville du Sud, deux autres à Douma, et une dans l''un des faubourgs de Damas où l''armée s''est déployée lundi. Amnesty International, citant des sources à Deraa, a fait état d''au moins 23 personnes tuées à Deraa par des tirs de chars.

Jeudi dernier, Assad a levé l''état d''urgence en vigueur depuis 48 ans. Mais le lendemain, une centaine de personnes ont été tuées lors de manifestations dans l''ensemble du pays.

Les critiques occidentales discrètes

La France et l''Italie ont appelé mardi les autorités syriennes à mettre un terme à la répression des manifestations. Les Etats-Unis ont aussi condamné le recours à la force, mais les pays occidentaux, qui ont lancé des raids aériens pour protéger les civils libyens des assauts des forces de Mouammar Kadhafi, n''ont pris aucune initiative en Syrie.

Les critiques occidentales sont restées discrètes, en partie de crainte qu''un effondrement de la minorité alaouite au pouvoir déclenche un conflit interconfessionnel dans ce pays à dominante sunnite, mais aussi parce que Washington espérait que la Syrie s''éloignerait de son allié iranien et s''acheminerait vers un accord de paix avec Israël.

Les pays arabes, prompts à critiquer la répression des insurgés libyens par Kadhafi, nourrissent des préoccupations similaires et ont gardé le silence alors que le bilan de plus de cinq semaines de troubles en Syrie dépasse les 400 morts, selon l''organisation syrienne des droits de l''homme Saouassiah. Certains pays arabes sont par ailleurs eux-mêmes confrontés à des mouvements de protestation inspirés des soulèvements tunisien et égyptien.

Le monde a changé

"Le régime a choisi le recours à une violence excessive. Cela a marché en 1982, mais rien ne garantit que cela marchera à nouveau à l''époque d''internet et des caméras intégrées aux téléphones portables", note un diplomate en évoquant la répression qui avait fait 30 000 morts à Hama sous la présidence de Hafez al Assad, père de Bachar.

"A l''époque, le monde n''avait pas vu une seule image de cadavre, mais hier toutes les photos ont été mises en ligne quelques heures seulement après l''entrée des chars dans Deraa. Ce régime ne comprend pas que le monde a changé, que la région arabe a changé et que le peuple syrien a changé", ajoute-t-il. 

 Des images diffusées ces derniers jours sur internet par des manifestants montrent des militaires tirant sur des foules non armées.

(Source: Reuters)

 

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