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La quatrième éruption de l’année a commencé
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La quatrième éruption de l’année a commencé
C’est reparti. La RN2 habituellement si calme du côté de Bois-Blanc s’agite depuis mardi d’un incessant ballet de voitures venant aussi bien de Sainte-Rose que de Saint-Philippe. Les aficionados du volcan, tout comme les non-initiés, ont pris le chemin de l’Est pour découvrir les deux monstrueuses coulées qui dégoulinent à flanc de piton.
“C’est sensationnel. On est venu sans savoir ce qu’on allait voir, et le spectacle est au rendez-vous. Il faut voir ça au moins une fois dans sa vie !”, jubile Christelle, une Bordelaise en vacances avec son ami Ludovic, qui précise : “Nous avons fait la randonnée des cratères il y a trois jours, et maintenant on a l’éruption, c’est épatant.”
De toutes parts, les commentaires émerveillés fusent de même que les flashs d’appareil photos. Petits et grands s’unissent dans la contemplation d’un spectacle féerique. Il faut dire que la coulée est probablement l’une des plus spectaculaires de ces toutes dernières années, d’une largeur rarement égalée. Cela fait six mois que Marick, la vingtaine, attendait ce moment. “J’habite depuis peu à la Réunion, et j’attendais de voir ça depuis longtemps, je suis super content.” Prévoyants, le jeune homme et ses amis ont prévu tentes et sac de couchage pour passer la nuit sur place et suivre l’évolution de la coulée.
Comme l’auront remarqué les habitués, l’affluence est encore loin d’atteindre celle de l’éruption de février dernier, au cours de laquelle la lave avait atteint l’océan. Mais les gendarmes de Sainte-Rose et Saint-Benoît avaient déjà fort à faire mardi pour réguler la circulation, et surtout, le stationnement des véhicules.
Une bande fluorescente interdit désormais le stationnement côté montagne, et une fourrière est disponible en permanence pour sanctionner les contrevenants. Mais qu’importe s’il faut se garer un peu plus loin. Le spectacle, à l’arrivée, vaut largement une petite marche...
<B>Tsunami : le système d’alerte opérationnel en juin 2006</B>
Les États de l’océan Indien auront un réseau moderne de détection d’ici à juin 2006, comme prévu, a confirmé il y a une dizaine de jours Patricio Bernal, secrétaire exécutif (français) de la Commission océanographique intergouvernementale de l’Unesco, à l’issue de la dernière réunion du Groupe intergouvernemental de coordination (GIC) chargé d’administrer le système d’alerte aux tsunamis.
Même si ce type d’événement potentiellement dévastateur demeure exceptionnel dans cet océan, l’utilité d’un tel réseau, autant à des fins de sécurité civile que de recherche scientifique, s’est imposée au lendemain du 26 décembre 2004. Lorsque la vague du tsunami dévaste plusieurs pays riverains de l’océan Indien, les îles du sud ont alors le sentiment de l’avoir échappé belle. Elles découvrent en même temps effarées qu’il n’existe aucun réseau d’alerte permettant de prévenir les populations et ainsi permettre leur évacuation des zones côtières.
De tels systèmes existent pourtant depuis 1948 dans le Pacifique, mis en place à Hawaii et au Japon. “Les villages côtiers du Pacifique savent quelles sont les mesures à prendre si la mer se retire soudainement après un séisme, souligne la Stratégie internationale pour la prévention des catastrophes, et de nombreuses plages sont équipées de panneaux avertissant des risques de raz-de-marée. Par contraste, les pays riverains de l’océan Indien ont été pris de court par les énormes vagues et par la montée rapide du niveau de la mer.”
Ministre français de la Francophonie, Xavier Darcos, estime alors qu’il y a une opportunité à saisir. “Une sorte de consensus s’est dessiné autour de ce futur système global de prévention des catastrophes naturelles, déclare-t-il au lendemain de la tragédie. Près de dix milliards de dollars ont été délégués. Nous avons donc la volonté et les crédits. Cela demande surtout une organisation. Il s’agirait d’un grand pôle de prévention sur l’océan Indien. Les données fournies par les centres de détection doivent être analysées quelque part dans un pôle scientifique et technique de qualité. La Réunion l’a. Il suffirait donc de renforcer ce pôle réunionnais qui deviendrait le point de départ d’un maillage très important. C’est une perspective qui fait plus que se dessiner car je ne vois pas dans cette vaste région un pôle aussi compétent qu’ici.”
En avril dernier, lors de la deuxième réunion internationale de coordination à Maurice, le même Xavier Darcos baissait pavillon. “Plusieurs pays importants, notamment l’Inde, la Thaïlande et l’Indonésie sont candidats pour accueillir ce pôle central de prévention des tsunamis. D’une part, la Réunion est quand même assez éloignée de la zone la plus exposée par ces phénomènes. D’autre part, il y a un contexte politique complexe qui fait que nous avons préféré proposer les services de la France pour accueillir un sous-pôle régional d’alerte pour la zone sud-ouest de l’océan Indien. Nous avons réussi à placer la Réunion au cœur de ce système.”
Entre-temps se met en place un système intérimaire : les 29 pays riverains de l’océan Indien se dotent chacun d’un centre national d’alerte chargé de répercuter les avertissements émis par les centres spécialisés d’Hawaii et du Japon. Le Pacific Tsunami Warning System et la Japan Meteorological Agency émettent des alertes au tremblement de terre vers les pays de l’océan Indien quand ils affichent une intensité supérieure à 6 sur l’échelle de Richter. L’Etat français a désigné Météo-France pour assurer la diffusion de l’information à la Réunion et à Mayotte. À l’île Maurice, c’est également la station météorologique nationale, à Vacoas, qui assure ce rôle.
Pour augmenter la fiabilité de la chaîne de diffusion et faire face à toute défaillance éventuelle, les centres nationaux s’échangent immédiatement les messages reçus. Le véritable réseau d’alerte modernisé sera pour sa part opérationnel en juin 2006. L’annonce vient d’en être faite lors de la deuxième réunion en Inde du GIC : “Les systèmes actuels sont inutiles car ils n’enregistrent les données qu’une fois par mois ou tous les deux mois, explique Patricio Bernal. Il faut enregistrer les données toutes les 30 secondes. Le programme vise à permettre que les stations soient modernisées et capables de diffuser les informations en temps réel”. Une remise à niveau a déjà été entamée par plusieurs pays.
En attendant, l’Indonésie a achevé en novembre la première phase de mise en place d’un système d’alerte. La Thaïlande a suivi. L’Inde sera équipée en septembre 2007. Mais ce ne sera pas avant 2010 qu’un réseau de capteurs sous-marins efficace sera opérationnel dans l’océan Indien.
<B>François Martel-Asselin Alain Dupuis
Clicanoo.com</B>
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