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La qualité du matériel de dialyse remise en question
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La qualité du matériel de dialyse remise en question
Y a-t-il un rapport de cause à effet entre le nombre inquiétant de morts parmi les dialysés mauriciens et le fait que les normes n?ont pas été respectées à l?achat de nos équipements de dialyse ? C?est une question inquiétante que l?on peut légitimement se poser.
Alors que la mortalité moyenne des dialysés dans le monde tourne autour de 15 %, à Maurice elle serait de plus de 30 %, selon des sources officieuses. Toutefois, il n?existe pas de statistiques officielles, au ministère de la Santé, en ce qui concerne le taux de mortalité parmi nos dialysés, car il n?y a pas, jusqu?à l?heure, de système de collecte de données. Selon un récent document du bureau de l?Audit, 480 à 500 personnes souffrent d?insuffisance rénale à Maurice, pour une population de 1,3 million. Par manque de donneurs pour des transplantations rénales, tous ces patients vont avoir recours à la dialyse pour le reste de leur vie. Une dialyse est un traitement pour purifier le sang d?un patient dont les reins ne fonctionnent plus. « On s?attend que le nombre de patients augmente de 80 personnes par an pour se stabiliser autour de 1 000 », lit-on encore dans ce document.
De son côté, l?administrateur de la Dialysis Unit du ministère de la Santé, S. Jugroo, conteste ce chiffre. « Malheureusement, quand ceux qui souffrent d?insuffisance rénale arrivent dans nos services, ils sont trop souvent déjà gravement atteints. »
Pureté de l?eau
Par ailleurs, les documents d?appel d?offres datés du 2 avril 2001 pour des appareils de dialyse et des systèmes de traitement de l?eau font état, entre autres, de « one reverse osmosis unit for 20 posts or above, with programmable auto disinfection and rinsing ».
Il faut comprendre que le matériel nécessaire à une dialyse se compose du générateur, du dialyseur ou rein artificiel, du dialysat ou bain de dialyse et du circuit extra-corporel. Le générateur est un appareil qui sert à préparer le dialysat et à assurer la circulation du sang en dehors du corps.
Le dialyseur se présente sous la forme d?une cartouche qui contient deux compartiments. Dans le premier le sang circule et dans l?autre c?est le dialysat qui transite. Entre les deux, il y a une membrane synthétique semi-perméable constituée de nombreuses fibres capillaires, percées de pores, qui va permettre les échanges entre les deux compartiments. Ce système permet de débarrasser le sang du patient des déchets toxiques, de corriger les anomalies électrolytiques et l?excédent d?eau accumulés dans l?organisme.
Cependant il faut une eau très pure pour préparer le dialysat. Ce dialysat est préparé, tout au long de la séance (voir encadré), par le générateur à partir de cette eau très pure qui est mélangée en proportion très précise à une solution concentrée en sodium, chlore, calcium, et bicarbonate entre autres. Cette eau pure est obtenue grâce à un système de traitement de l?eau à osmose inversée.
C?est ainsi que, à la suite de cet appel d?offres lancés en avril de l?année dernière, le ministère de la Santé a acquis trois centrales d?eau munies de système à osmose inversée de la marque OSMONICS E4 5 400 DLX. Ces systèmes de traitement d?eau ont été entre-temps installés dans les unités de dialyse de nos hôpitaux.
Or, selon une correspondance qui se trouve au ministère de la Santé, aucun de ces systèmes ne répond aux spécifications des documents d?appel d?offres, ni aux normes internationales des systèmes de traitement d?eau en matière d?hémodialyse, notamment celles de la Communauté européenne et celles de la Food & Drugs Administration américaine.
Les centrales d?eau OSMONICS E4 5 400 DLX, sont principalement destinées pour la petite industrie, notamment l?alimentation, le lavage de voiture ou l?eau potable, mais pas pour l?hémodialyse. En outre, ces machines ne sont pas équipées de système d?auto-désinfection et de rinçage, comme spécifié dans les documents d?appel d?offres.
La firme OSMONICS, qui fabrique ces centrales d?eau, confirme elle-même que ces systèmes ne sont pas indiqués pour la dialyse. « Les machines d?osmose inverse type E4 sont des machines dédiées à la production d?eau pure dans les petites installations industrielles, et leur instrumentation répond au strict minimum nécessaire dans ce cas, qui ne correspond pas du tout aux besoins de la production d?eau pour l?hémodialyse. »
On s?accorde à reconnaître dans le milieu des spécialistes de la dialyse que la pureté de l?eau utilisée pour fabriquer le dialysat affecte les résultats des séances de dialyse. Il est vital de pouvoir faire un suivi des paramètres de l?eau pour éviter des complications aux patients. Ainsi, ils peuvent avoir des crampes, des vomissements et des baisses de la tension artérielle.
Cependant, l?administrateur de la Dialysis Unit affirme, dans une déclaration à l?express-dimanche, que les normes de l?Association for the Advancement of Medical Instrumentation (AAIM) sont appliquées à Maurice en matière de bonne pratique des dialyses. « Nous faisons tous les tests nécessaires et les médecins prescrivent les analyses appropriées. »
L?ergothérapie en dialyse
L?ergothérapie est la rééducation des infirmes, des invalides et des malades en général par le travail manuel. Passer quatre heures, trois fois par semaine, en dialyse, allongé dans un lit, n?est pas évident. Il a été démontré que l?ergothérapie a des effets bénéfiques sur les patients. Ceux-ci ont une meilleure estime d?eux-mêmes, ils diminuent la prise de tranquillisants, ils s?occupent intelligemment durant la séance de dialyse. De plus, leurs contacts sociaux sont renforcés et ils ont la satisfaction du travail accompli. Le rôle de l?ergothérapeute est aussi de permettre aux patients en hémodialyse de passer agréablement son temps en lui proposant des activités manuelles comme la peinture sur soie, le point de croix, la fabrication de cartes de v?ux, le travail sur bois ou sur cuir ou encore la gravure. Par ailleurs, le rôle social joué par l?ergothérapeute est aussi important. Sa relation avec les patients est souvent bien meilleure que celle établie entre le patient et le personnel soignant.
Il est donc primordial qu?une unité d?ergothérapie soit disponible en hémodialyse. Malheureusement, il n?y a pas encore, à Maurice, d?ergothérapeutes dans les équipes soignantes des unités de dialyse.
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