Publicité
La pêche aux crevettes traverse une mauvaise passe
Par
Partager cet article
La pêche aux crevettes traverse une mauvaise passe
Plutôt mal. La situation dans laquelle évolue actuellement la filière crevette est loin d?être l?idéale. Un contexte mondial défavorable et une mauvaise gestion au niveau local placent la pêche aux crevettes dans une situation plutôt précaire. ?Nous sommes à un stade préoccupant de l?exploitation des ressources crevettières?, a avancé Claude Brunot, président du Groupement des aquaculteurs et des pêcheurs de crevettes de Madagascar (Gapcm), hier au Panorama à l?ouverture de l?atelier sur l?aménagement de la pêcherie crevettière.
La filière traverse aujourd?hui une crise due essentiellement à une surexploitation des ressources. ?Les efforts de pêche sont trop importants?, tenait à faire remarquer Claude Brunot. Les conséquences immédiates en sont la diminution de la taille et de la quantité des crevettes capturées. ?Les prévisions pour cette année sont de 6 000 tonnes, contre près de 8 500 tonnes l?année passée?, a souligné Georges Ramorasata, secrétaire général du Gapcm. ?Des chalutiers vont même jusqu?à pêcher au niveau des embouchures, là où les crevettes sont encore trop petites pour la pêche?, déplore le représentant de Somapêche, qui fait pourtant près de 3 000 tonnes d?exportation par an. La note de conjoncture du premier semestre de cette année confirme les prévisions des opérateurs. Une baisse de 37 % de la production totale est à prévoir pour cette année.
<B>L?offre dépasse la demande</B>
D?un autre côté, le cours mondial de la crevette subit les affres de la loi de l?offre et de la demande. ?Avec une augmentation des produits de l?aquaculture, l?offre est en train d?exploser et dépasse la demande sur le marché mondial?, a expliqué Mamy Andriantsoa, directeur de la pêche et des ressources halieutiques du ministère de l?Agriculture, de l?élevage et de la pêche. Actuellement, la production de crevettes en aquaculture atteint les deux millions de tonnes par an.
?La Chine à elle seule produit près de 700 000 tonnes, l?équivalent de la production mondiale en 1999?, a expliqué Georges Ramorasata. À cette situation s?ajoutent la faiblesse du dollar américain, principale monnaie d?échange, et l?envol du prix des carburants depuis quelques mois. La précarité de la situation n?est pas récente. Un même constat alarmiste a déjà été avancé lors de l?atelier de juin 2003. Des mesures ont été adoptées à l?époque pour assurer la pérennité et améliorer la compétitivité de la filière crevettière malgache.
<B>Principale source de devises</B>
?La filière est trop importante aussi bien pour le pays que pour les intervenants directs?, a révélé Harison Edmond Randriarimanana, ministre de l?Agriculture, de l?élevage et de la pêche. ?Cependant, la rationalisation de l?exploitation des ressources crevettières malgaches ne consiste pas seulement à la limitation des licences de pêche?, a expliqué le directeur de la pêche. ?Elle exige aussi une organisation efficiente et performante afin de garantir la durabilité de la gestion responsable des ressources crevettières?, a-t-il continué.
Durant cet atelier, les acteurs de la filière auront à débattre sur les moyens à mettre en ?uvre en vue d?obtenir de l?éco-certification et le label pour le produit malgache. ?Le but est d?avoir des éléments de négociation durant les discussions sur le prix?, a relevé Mamy Andriantsoa. ?Pour cela, il nous faut adopter un profil respectueux de l?environnement et des ressources naturelles?, a-t-il poursuivi. L?exportation de crevettes figure parmi les principales sources de devises pour Madagascar. Durant l?année 2004, l?exportation de crevettes a rapporté environ 32 millions DTS au pays.
Publicité
Publicité
Les plus récents