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La proposition d’aménager un poste de police à l’université de Maurice ne fait pas l’unanimité
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La proposition d’aménager un poste de police à l’université de Maurice ne fait pas l’unanimité
La décision du Vice-chancelier de l’niversité de Maurice d’abriter un poste de police sur le campus du Réduit suscite indignation et inquiétudes dans certains milieux.
La façon dont le professeur Conrad Morgan compte procéder pour répondre au sentiment d’insécurité sur le campus ne fait pas l’unanimité. Des chargés de cours disent leur opposition de principe à la présence d’un poste de police dans les locaux l’université.
Le Vice-chancelier de l’université de Maurice avait lors d’une conférence de presse le jeudi 4 mars annoncé que pour renforcer la sécurité sur le campus, il compter demander aux autorités d’y installer un poste de police. 
Le corps enseignant s’y oppose. « C’est une dérive sécuritaire » déclare un Senior Lecturer qui requiert l’anonymat pour des raisons évidentes. « Ailleurs, en France par exemple, une telle déclaration venant d’un président d’université aurait déjà donné lieu à des grèves, voire des manifestations ».
Un autre maître de conférence  qui assiste à la conversation est lui aussi indigné. « Pas seulement en France », rajoute-t-il, « ici même à Maurice, il y a 25 ans, en 1975, cette démarche aurait donné lieu à une très forte agitation sur le campus ».
Et l’occasion pour les deux professeurs d’université de regretter que les étudiants ne voient pas l’enjeu et l’atteinte à la liberté dans un endroit censé rester libre de toute surveillance  de la part de l’Etat.
« C’est cette entrée de Big Brother sur le campus qui est inacceptable », fait remarquer le Senior Lecturer. Selon lui, s’il y a un problème de sécurité, l’université devra trouver d’autres moyens pour y remédier. « On peut renforcer la présence des surveillants employés par l’université, ou faire installer des caméras, mais il n’est pas question d’abriter sur le campus un poste de police », proteste le membre du corps académique.
Les étudiants dans leur majorité approuvent la démarche du Professeur Conrad. Ils ne trouvent aucun inconvénient à la présence des policiers en permanence sur le campus. Certains préfèrent la présence policière à celle des caméras de surveillance.
En revanche une petite minorité refuse la présence des hommes en uniformes.  «C’est le début d’un climat de méfiance. A l’université on nous apprend à être des libres penseurs, à devenir autonomes. Mais, l’installation d’un poste de police est en contradiction avec cet enseignement. Le poste police instaurera un climat de méfiance, de tension, et surtout de répression » déclare un étudiant qui termine sa maîtrise en communication.
Un autre jeune fait remarquer que l’université est déjà dotée d’un système de gardiennage privé. Et il ajoute : « Jusqu’à maintenant, on n’a jamais eu à déplorer d’incidents graves à l’université. D’ailleurs je ne vois pas quel genre de crime nécessiterait une intervention rapide de la police ».
L’étudiant en communication réfute l’argument que l’agression de trois étudiantes à «Bassin canards», la semaine dernière, justifierait la présence d’un poste de police dans l’enceinte de l’université. « Si les autorités veulent mettre en avant cet incident pour justifier leur décision, dans ce cas un poste de police serait approprié à Réduit, en vue de prévenir ce type de larcins. Mais pas sur le campus universitaire. Idéologiquement, c’est inacceptable. » 
Suite à l’agression des étudiantes à Bassin canards  par des malfrats, il y a une semaine, le professeur Conrad Morgan, a demandé aux étudiants par voie de communiqué d’éviter les endroits isolés. Le Vice-chancelier a toutefois, déclaré que les vidéos caméras ne sont pas d’actualité. «Nous voulons prendre notre temps pour bien étudier la question. Nous voulons faire les choses dans la légalité car installer des caméras demande beaucoup de vigilance par rapport à la vie privée», a déclaré Conrad Morgan.
 
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