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La production d?éthanol intéresse des investisseurs
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La production d?éthanol intéresse des investisseurs
C?est l?industrie du futur, et le futur devient présent. Il s?agit de l?éthanol. La capacité de production et les potentiels de son utilisation ont été évalués par le Board of Investment (BOI). Cet organisme et la Mauritius Freeport Authority (MFA) sont déjà en présence de deux projets soumis par deux sociétés indiennes de production d?éthanol. Leur coût total est de Rs 800 millions. Ils permettront de créer environ 150 emplois.
Maurice, dit le rapport du BOI, a toutes les ressources nécessaires pour s?embarquer dans la production d?éthanol. La mélasse est disponible en quantité suffisante pour satisfaire les besoins de ce produit comme carburant pour voiture, mélangé à de l?essence. Cela aidera à réduire sa dépendance vis-à-vis des importations de produits pétroliers.
Le pays fait face à un besoin urgent de revoir la filière éthanol. Deux raisons motivent cet intérêt renouvelé pour ce produit et conditionnent la viabilité commerciale de l?éthanol produit à partir de la canne : les difficultés du secteur sucrier et la hausse des produits pétroliers. Tout d?abord, notre accès préférentiel aux marchés d?exportation traditionnels pour le sucre s?érode. La libéralisation commerciale impose de nouveaux défis imposés. L?Union européenne envisage de réduire le prix garanti du sucre qu?elle achète. Ces menaces ont poussé le gouvernement à considérer les moyens susceptibles d?assurer la viabilité à long terme de l?industrie sucrière.
L?augmentation du prix des produits pétroliers sur le marché international a, quant à elle, encouragé des gouvernements à chercher des sources alternatives. L?éthanol a été identifié comme étant la plus prometteuse en raison du prix élevé des produits pétroliers en 2004.
Maurice a l?expertise technique appropriée. Par exemple, Alcodis Ltd, joint-venture entre le groupe Roland Maurel et le groupe espagnol Tradhol, produit et exporte de l?éthanol vers l?Union européenne.
Le ministère des Services publics estime que l?éthanol pourrait être utilisé comme bio-fuel pour voitures en 2005. D?autant plus que sa demande comme carburant n?a cessé de croître dans le monde.
Actuellement estimée à 33 milliards de litres par an, la production mondiale devrait atteindre 41 milliards en 2006. Les gros pays producteurs sont le Brésil et les Etats-Unis. L?Inde, la Chine, la Thaïlande, l?Australie, la France et l?Espagne planifient leur programme d?utilisation d?éthanol comme carburant mélangé à de l?essence.
Mais une des faiblesses à surmonter est l?élimination des déchets. Une production annuelle de 18 000 tonnes d?éthanol, par exemple, comme substitut à l?essence entraînera la production d?environ 300 000 tonnes de vinasse. S?il est vrai qu?une partie de ce résidu peut être utilisée comme fertilisant dans les champs agricoles, des alternatives doivent être trouvées pour le recyclage du reste. Il a été proposé que la vinasse soit séchée et brûlée avec de la bagasse pour la production énergétique.
Protection de l?environnement
Les aspects financiers et environnementaux devront donc être réglés avant qu?une décision finale ne soit prise.
Les protocoles ayant trait à la protection de l?environnement (le protocole de Kyoto, par exemple) amèneraient des gouvernements à adopter des politiques pour encourager le passage des produits pétroliers au bio-fuel dans le secteur du transport. Maurice devrait en même temps saisir l?occasion pour exporter l?éthanol vers des pays qui ne pourront pas le produire de manière efficiente.
Les deux sociétés indiennes intéressées à investir dans le secteur sont Chandni Oil Company (Mauritius) Ltd, suivie d?Euro Ethanol Ltd (EEL).
La MFA et les autorités portuaires envisagent de regrouper à Riche-Terre les futures infrastructures de production d?éthanol. Il n?est pas exclu qu?à long terme, des pipe-lines soient installés pour relier ce cluster avec le centre de stockage du produit dans le port. Cela évitera son transport par des camions jusqu?au port.
Le coût du projet de EEL est estimé à Rs 300 millions. Le nombre d?emplois créés sera de 50. L?entreprise compte fabriquer de l?éthanol à partir de la mélasse, qui sera importée du Mozambique et de Madagascar. Les marchés visés sont l?Afrique et l?Inde.
Chandni Oil Company (Mauritius) Ltd a soumis au mois d?août un projet de création et de mise en place d?une unité de production d?éthanol sous le régime du port franc.
Le conseil d?administration de la MFA a déjà donné son accord de principe pour la mise en place d?un tel projet. Un investissement d?environ Rs 500 millions de roupies sera réalisé. Il donnera du travail à une centaine de personnes. Le projet se fera en joint-venture avec des partenaires mauriciens.
La société compte utiliser la mélasse produite localement et dans la région pour ses opérations. Le produit fini sera réexporté principalement vers l?Inde et l?Arabie Saoudite.
Les promoteurs ont déjà entamé les procédures pour la location d?un terrain a bail a Riche-Terre qui abritera la nouvelle unité de production d?Ethanol. Il s?étend sur une superficie d?environ 6 hectares.
La sucrerie Fuel a aussi l?intention de construire une distillerie pour la production d?éthanol.
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